Strangers Things

Séries à voir ou à revoir

Ce ne sont pas les possibilités qui manquent en termes de contenu en ligne. Les équipes des arts de votre coopérative nationale d’information ont sélectionné pour vous des séries à voir et à revoir afin de se changer les idées dans ces moments troubles. Bon visionnement.

1. Stranger Things

Stranger Things a été un tel phénomène sur Netflix qu’il serait étonnant que vous l’ayez manqué. Sauf que… lors de sa sortie, en 2016, vos enfants étaient peut-être trop jeunes pour visionner la série avec vous. S’ils sont maintenant ados, et qu’ils n’ont pas encore craqué pour Eleven et compagnie, l’occasion est belle de plonger à nouveau dans l’univers inquiétant imaginé par les frères Duffer. Ancrée aux années 1980, remplie de référents qui plaisent aux nostalgiques, la série à mi-chemin entre l’horreur et la science-fiction commence avec l’étrange disparition du jeune Will Byers. D’autres mystérieux événements secoueront l’attachante communauté d’Hawkins au fil des épisodes portés par une distribution A1 (Millie Bobby Brown, Finn Wolfhard, Gaten Matarazzo, Winona Ryder, David Harbour). Une précision : la première saison est meilleure que la deuxième, mais la troisième tire son épingle du jeu. La quatrième était annoncée pour 2020. Effet velcro à prévoir auprès de votre jeune, qui ne voudra plus quitter le sofa familial... heureux problème en ces jours de confinement. Karine Tremblay, La Tribune

2. Intimi­dation (THE STRANGER)

Une mystérieuse femme (Hannah John-Kamen) surgit dans la vie d’un homme pour lui révéler des secrets troublants sur son épouse et sur sa paternité. Dès lors, Adam Price (Richard Armitage), père de famille d’une banlieue cossue et tranquille, fait ses propres recherches pour vérifier l’exactitude de ces révélations; ses découvertes dépassent l’entendement. En parallèle, la détective Johanna Griffin (Siobhan Finneran) enquête sur la découverte d’un alpaga décapité, et sur l’implication possible d’adolescents du coin. Les deux histoires, vous vous en doutez, finiront par se croiser. Adaptation britannique d’un roman de l’Américain Harlan Coben, ce thriller en 10 épisodes risque de vous rendre accro; difficile d’arriver au générique sans regarder l’épisode suivant. Puis un autre, et un autre. D’autant que «l’étrangère» viendra livrer d’autres secrets et chambouler la vie de plusieurs personnes. Accrochez-vous! À voir sur Netflix. Richard Therrien, Le Soleil

3. La faille

À Fermont, le cadavre d’une femme est trouvé dans le système de ventilation, à l’intérieur du fameux mur. La sergente-détective Céline Trudeau (Isabel Richer) est chargée d’enquêter sur l’affaire, sans savoir qu’elle y reverra sa fille (Maripier Morin), dont elle est sans nouvelles depuis quatre ans. Trudeau s’allie un policier local, Alex Théberge (Alexandre Landry), avec qui elle tisse une relation trouble, dans cette ville minière où à peu près tout le monde se connaît. Signée Frédéric Ouellet et réalisée par Patrice Sauvé, La faille est certainement l’une des meilleures séries de 2019. Pour son histoire captivante, mais aussi pour ses images spectaculaires de l’hiver et du Grand Nord québécois. Les acteurs sont tous excellents, à commencer par Isabel Richer, magistrale dans le rôle de cette enquêteuse au flair qui trompe rarement. Tout au long de ces huit épisodes, vous suspecterez plus d’un personnage d’être responsable du meurtre... et peut-être des suivants! Profitez de cette première saison, parce que le tournage de la suite a été interrompu cette semaine à Québec, pour cause de coronavirus. À voir sur Club illico. Richard Therrien, Le Soleil

<em>Sex education</em>

4. Sex Education

Série britannique, Sex Education se révèle une comédie pleine de fraîcheur avec des idées, du style et la sexualité des adolescents comme trame narrative. On l’explore à travers Otis, adolescent brillant et réservé dont l’épanouissement sexuel est laborieux : il est incapable de se masturber, lui, le fils d’une thérapeute sexuelle. À travers les rites typiques de cette période de l’existence, on suit son épanouissement dans des détours franchement réjouissants. Les personnages sont savoureux, campés par d’excellents interprètes; le propos intelligent; la mise en scène amusante et inspirée. On y récupère très habilement tous les clichés des histoires de rites de passage. Ce n’est pas à écouter en famille avec les petits : le propos est souvent cru. C’est pourtant frais, léger et ça trouve le moyen d’être émouvant. Contre la morosité ambiante, c’est mieux que les antidépresseurs. Enfin, que certains d’entre eux. À voir sur Netflix. François Houde, Le Nouvelliste

5. Appelle-moi si tu meurs

Voilà une série québécoise qui met en scène l’impossible relation entre deux amis d’enfance, l’un mafieux et l’autre policier. Appelle-moi si tu meurs repose sur Claude Legault et Denis Bernard. Comme toujours, Legault est impeccable. Quant à Bernard, j’ai (re)découvert un acteur qui est très à l’aise dans tous les genres. Dans cette série, il incarne Mario Vetti, le propriétaire d’un studio de danse devenu lieutenant de la mafia montréalaise. Legault, lui, joue le rôle de Jean-François Lelièvre, un policier d’élite qui doit éliminer la mafia dirigée par Mario. Vous voyez le genre? Coup de cœur pour Louis Champagne qui interprète Fabio, le «petit» frère de Mario. Champagne est simplement parfait et la scène du vol de fromage est particulièrement succulente. Malheureusement, il ne semble pas y avoir de suite à prévoir pour cette série écrite par Claude Legault et Pierre-Yves Bernard, présentée à Addik TV le 23  mars et intégralement sur Illico. Mario Bouliane, Le Droit

<em>Line of Duty</em>

6. Line of Duty

Une série policière britannique qui s’étale sur six saisons avec cinq épisodes pour la saison initiale, sortie en 2012, et six pour les suivantes. On se retrouve à la division AC-12 de la force constabulaire d’une grande ville anglaise jamais identifiée qui a pour mission de traquer les policiers corrompus. Or, ils pullulent, et aux plus hauts échelons. L’escouade se spécialise dans les opérations d’infiltration, excellent filon pour un suspense. C’est réaliste, violent à l’occasion, très bien écrit, dans une réalisation vachement efficace et pourtant élégante. On accroche sévèrement dès le premier épisode par la qualité de la mise en scène. Il y a bien un petit quelque chose de District 31, mais en plus sophistiqué, avec plus d’ambition et pas mal plus de moyens à tous les niveaux. Bonne chance aux puristes qui veulent se la taper en version originale : on utilise en abondance un jargon de police véhiculé sur des accents pas toujours évidents. C’est sur Netflix, mais aussi diffusé en français sur ARTV depuis 2015. Du solide. François Houde, Le Nouvelliste

<em>The Last Man on Earth</em>

7. The Last Man on Earth

En lançant cette série, en 2015 sur la chaîne Fox, les créateurs ne se doutaient pas de la pertinence du thème : en 2020, sur une planète décimée par une pandémie, le (très) coloré Phil Miller parcourt les États-Unis à la recherche d’autres survivants. Se croyant le dernier homme sur Terre, il finira pourtant par trouver de la compagnie. L’interprète de Miller, Will Forte (qui a aussi écrit la série) y livre une formidable performance, dans le rôle du mec aussi imbuvable qu’attachant. Mais celle qui deviendra — par unique souci de reproduction — sa nouvelle «épouse», Carol (Kristen Schaal), n’a rien à lui envier en matière de drôlerie. Bref, on rit beaucoup dans cette série abracadabrante, remplie de malaises, où tout peut arriver. Et où tout arrive. The Last Man on Earth a été interrompue abruptement en 2018, à l’issue de la quatrième saison. Mais cela vous laisse quand même une soixantaine d’épisodes à savourer sur plusieurs plateformes numériques... Isabel Authier, la Voix de l’Est

8. Victor Lessard

Adaptée de ses propres romans, Martin Michaud livre avec Victor Lessard une série télé qui n’a vraiment rien à envier à tout ce qui se fait dans le genre à travers le monde. Se déclinant en trois saisons, la série met en vedette Patrice Robitaille et Julie Le Breton dans le rôle d’un duo de policiers atypiques. Lui vivant avec ses démons et elle tentant de régler les siens, Lessard et Taillon s’engagent dans des enquêtes qui les feront plonger dans les coins les plus glauques de Montréal. Il est vrai que l’univers de Michaud est plutôt lugubre et noir. Mais il est vrai aussi que ce thriller est habilement ficelé et très souvent déstabilisant. Chaque saison est présentée comme une seule enquête. Les trois saisons sont disponibles sur Illico. Mario Bouliane, Le Droit

9. C’est comme ça que je t’aime

Vous aviez dégusté Série noire? Vous ne serez pas surpris d’apprendre que C’est comme ça que je t’aime vous est destinée. Même univers décalé, même humour noir, mêmes personnages attachants malgré leurs côtés sombres et retors. Bien que plusieurs situations paraissent souvent tirées par les cheveux, on a juste envie de ne pas se casser la tête et d’embarquer totalement dans cette improbable histoire de deux couples de banlieue glissant de manière inattendue dans la criminalité. Une sorte d’American Beauty transposé à Sainte-Foy en 1974. Ajoutez le plaisir de la reconstitution temporelle, précise jusqu’aux anciens formats de petits poudings Laura Secord, la jouissive anormalité banale des dialogues et situations imaginés par François Létourneau, la réalisation multiforme de Jean-François Rivard, l’interprétation remarquable de Marilyn Castonguay, l’irruption surprise de personnages de l’époque (Robert Bourassa, Dino Bravo, René Simard...). Une série unique... et de chez nous en plus. À voir sur l’Extra d’Ici Tou.tv. Steve Bergeron, La Tribune

10. The Killing

Bon, encore des histoires de meurtres, direz-vous... Si votre moral rase déjà la moquette, cette série n’est peut-être pas pour vous. Mais si vous avez envie d’une œuvre puissante, sombre et émouvante, The Killing pourrait bien vous river à votre canapé. Diffusée sur quatre saisons, de 2011 à 2014, cette production américaine (inspirée d’une série danoise) nous plonge rapidement dans le vif du sujet : la disparition de la jeune Rosie, 17 ans, retrouvée dans le coffre d’une voiture reposant au fond d’un lac. Il n’en faut pas plus pour lancer une enquête touffue où se mêlent intrigues familiales et politiques. Et malgré la pluie et la grisaille omniprésentes, les deux acteurs principaux — Mireille Enos et Joel Kinnaman — y sont carrément éblouissants. Une fois l’enquête bouclée en deux saisons, l’inséparable duo reprend du service pour deux autres. Disponible sur Netflix. Isabel Authier, La Voix de l’Est