Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
Francisco Randez anime <em>Libertad</em> à Évasion.
Francisco Randez anime <em>Libertad</em> à Évasion.

Libertad : le rêve fou de Francisco Randez

CHRONIQUE / Dès les premières images de Libertad, la nouvelle série docu-réalité de Francisco Randez à Évasion, vous n’aurez qu’une seule envie : partir pour cette contrée du Salvador, la Libertad, bordée par le Pacifique. Ça, c’est avant de vous rappeler que c’est pour l’instant impossible. Le pays d’Amérique centrale a d’ailleurs été l’un des premiers à fermer ses frontières au début de la pandémie, sans compter un seul cas de COVID-19.

Francisco Randez, qu’on connaît entre autres comme comédien dans Cheval-serpent et chroniqueur à Sucré salé, a toujours le rêve fou d’y construire un mini-complexe de villégiature nouveau genre dédié à des retraites sportives, notamment pour le surf et les arts martiaux. 

Diffusée à partir de mercredi à 20h en 10 épisodes d’une heure, Libertad (liberté en français, vous vous en doutez) suit chacune des étapes du projet, avec tous ses défis et ses embûches. Évidemment, la pandémie a coupé court au projet, même que l’équipe a bien pensé rester coincée au Salvador, à la toute fin du tournage. «Les spectateurs vont le vivre avec nous», confie Francisco Randez, toujours copropriétaire des restaurants Hà à Montréal.

<em>Libertad</em>

Ce projet, il en avait envie depuis sa première émission sur Évasion, Aventuras Panama, tournée en 2009, qui lui avait fait découvrir l’Amérique centrale. Sa conjointe Ariane a aussi fait des affaires au Salvador, ce qui lui a donné le coup de cœur pour ce pays encore peu développé. 

«L’accès à la propriété est beaucoup plus facile au Salvador qu’au Costa Rica par exemple. Beaucoup de Québécois ont le rêve d’avoir leur petit hôtel ou leur petit café au bord de la mer. Moi, je me suis dit que j’allais le réaliser et partager l’expérience avec le plus de gens possible.»

La série suit toutes les étapes du projet de Francisco Randez, qui a toujours le rêve fou de construire à la Libertad un mini-complexe de villégiature nouveau genre.

Libertad n’illustre pas que la quête de liberté et l’élaboration d’un projet, mais aussi l’intégration d’un Québécois dans un pays, où on prend beaucoup plus le temps de vivre. 

«Francisco voulait le faire de façon à ne pas être considéré comme un investisseur envahisseur. Souvent, on entend des histoires de gens qui arrivent d’ailleurs, construisent des hôtels et démarrent des projets d’entreprises qui ne sont pas respectueux de la culture locale. L’objectif premier de Francisco était de découvrir l’autre et de le respecter à travers tout le processus de son projet», affirme le producteur au contenu chez Déferlantes, Mathew McKinnon.

Superbement réalisée par Jean-Philippe Parizeau, Libertad offre une vue splendide sur ce pays de canicule, de volcans et de plantations de café. Mais ce n’est pas une carte postale ni une promotion touristique. On y suit Francisco dans sa quête, en espérant que ça débloque pour lui, bien que ça paraisse souvent très ambitieux. 

Au premier épisode, il a un coup de cœur pour une magnifique propriété au coût de 375 000 $ américains, ce qui dépasse largement le budget initial. «Pourquoi je suis pas millionnaire?» demande l’entrepreneur. Faut avouer que ces chiffres contrastent avec la dimension de découverte de soi-même et de «vivre avec moins», que véhicule la série.

Libertad, ce sont aussi ces gens qu’il rencontre, des Québécois qui ont choisi de vivre là-bas, mais aussi beaucoup de locaux, qui l’accompagnent dans ses recherches. «Quand on est parti, il n’y avait pas de terrain d’acheté», rappelle Jean-Philippe Parizeau, qui a vécu une période d’adaptation. «Au début, on arrivait avec notre attitude nord-américaine. Si tu vas à contre-courant du rythme de vie là-bas, t’es malheureux».

 Le docu-réalité prend une dimension encore plus humaine quand il est question du cancer d’Ariane, qui vient de compléter des traitements de chimiothérapie, avant de s’engager pour deux ans dans de nouveaux traitements.

Francisco Randez

Évasion a fait le plein d’adeptes de voyages cet été, voyant son auditoire augmenter de 28 %. Van aventure, l’émission de Dominic Arpin qui sillonne les routes du Québec, apparaît au sommet du palmarès et sera de retour pour une deuxième saison au printemps.