Myriam Sutton est comédienne et musicienne. Anne-Fay Audet, elle, est issue du monde du cirque et est spécialisée en trapèze ballant. Ensemble, elles ont entamé une résidence à D’Arts et de rêves pour jeter les bases de leur nouveau duo de clowns.

Sutton accueille quatre clowns féminins

Les résidences d’artistes ont l’habitude d’accueillir des professionnels en art visuel, des écrivains ou encore des musiciens. Mais des clowns ? Des clowns femmes de surcroît ? C’est pourtant elles qui sont à l’honneur ce printemps à D’Arts et de rêves, situé à Sutton, alors qu’un premier duo a entamé son séjour de deux semaines lundi.

« On n’a pas de nez rouge, de perruques multicolores et de souliers démesurés, se défendent bien Anne-Fay Audet et Myriam Sutton. En fait, l’art clownesque, c’est très large. Certains performent avec des objets, d’autres avec humour, nous, on est beaucoup dans l’émotion. On exploite la vulnérabilité, la naïveté du clown. »

« Un clown, il y en a un dans chacun de nous. C’est ce qu’on appelle notre coeur d’enfant. Notre travail à nous, c’est d’y retourner, sans contraintes ni demi-mesure. Il y a vraiment quelque chose de thérapeutique là-dedans », ajoutent-elles.

Les deux filles originaires de Québec admettent être en totale redéfinition de leur concept depuis le mois de février, moment où la troisième membre de leur trio de départ, Les Polpettes, a décidé de les quitter. Elles en sont donc à une phase de recherche, de connexion et d’exploration pour « tenter de se trouver un vocabulaire commun dans nos forces artistiques respectives », disent-elles.

Anne-Fay Audet est issue du monde du cirque et est spécialisée en trapèze ballant. Myriam Sutton, elle, est plutôt comédienne et musicienne. Ensemble, elles souhaitent explorer le thème des contraintes, qu’elles soient physiques, temporelles, relationnelles ou encore sociétales. « C’est quoi exactement une contrainte, quand est-ce que quelque chose devient une contrainte, comment ça nous affecte, quelles contraintes on se donne pour atteindre nos objectifs, etc. »

Les deux filles en sont tellement aux premières esquisses de leur projet qu’elles ne peuvent, pour l’heure, même pas dire ce à quoi ressemblera ce qu’elles présenteront devant public, le 27 avril prochain, lors de leur rencontre prévue avec le public.

« Mais à la base, la finalité à long terme de tout ça, c’est de présenter un spectacle abouti, dont la forme reste à définir. La porte est ouverte à tout », indiquent-elles seulement.

Du 1er au 15 mai, la Suttonaise d’origine Annab Aubin-Thuot et la Française Julie Chazal peaufineront leur spectacle Où es-tu matière?, d’une durée de 75 minutes, qui sera présenté dès cet été à Montréal.

Babiole et berlingot

Du 1er au 15 mai, ce sera ensuite au tour des deux filles de La Compagnie Brimbalante d’occuper les lieux, alors que la Suttonaise d’origine Annab Aubin-Thuot et la Française Julie Chazal peaufineront pour leur part leur spectacle Où es-tu matière ?, d’une durée de 75 minutes, qui sera présenté dès cet été à Montréal.

« Notre résidence servira à l’achever, à mieux habiter chaque partie du spectacle, qui raconte une histoire en trois actes », fait savoir Annab.

Son duo scénique est composé de deux personnages, Babiole et Berlingot, inspirés de l’oeuvre de Réjean Ducharme et de la dualité clown blanc/clown rouge. « On fait davantage dans la tradition scénique et poétique plutôt que dans celle du cirque », souligne la Suttonaise, qui préfère décrire son spectacle comme de « l’art vivant ».

« Les gens ne riront pas nécessairement, avertit-elle, ils seront davantage attendris. »

« Le clown n’est pas réduit qu’au domaine du comique, enchaîne-t-elle, même si au Québec notre culture populaire est très restreinte à ce type de clowns. Un clown, c’est un personnage hypersensible aux traits grossis, presque une caricature, qui baigne dans l’absurdité. »

Ceux et celles qui voudraient avoir un aperçu du spectacle qu’elles présenteront notamment les 6 et 7 juin à la salle Paul-Buissonneau, à Montréal, pourront profiter de la rencontre avec le public organisée le samedi 11 mai en après-midi à la résidence D’Arts et de rêves pour voir un extrait et discuter avec les artistes.