Le tournage de Vinland, qui bénéficie d’un budget d’un peu plus de 4 M$, se poursuit à Saint-Césaire jusqu’au 17 avril. On aperçoit notamment ici François Papineau (à gauche) dans le rôle du Frère Cyprien, et le réalisateur Benoît Pilon (à droite).

Sur le plateau de Vinland

Non, Sébastien Ricard, Rémy Girard, François Papineau et Fabien Cloutier n’ont pas intégré les rangs de la Fraternité Saint-Pie X. Si vous les voyez sortir du Collège Saint-Joseph en soutane ces jours-ci, c’est qu’ils sont en plein tournage de Vinland, un film de Benoît Pilon (Ce qu’il faut pour vivre, Iqaluit).

Mercredi midi, lors de l’ouverture du plateau aux médias, toute l’équipe ainsi qu’une cinquantaine de figurants étaient réunis dans la salle Saint-Ignace, où ils répétaient une scène de portes ouvertes durant lesquelles les élèves présentaient différents artefacts vikings.

Pour la mise en contexte, sachez que le synopsis est campé dans le Charlevoix de 1949 et qu’il raconte l’histoire de Frère Jean, un enseignant progressiste qui dérange ses supérieurs en entraînant ses élèves dans des fouilles archéologiques visant à prouver l’établissement de Vikings sur la côte du Saint-Laurent (le Vinland) et, par le fait même, empêcher le décrochage d’Émile, un étudiant en difficultés.

«L’avant-Révolution tranquille a très peu été traitée au cinéma, fait remarquer Benoît Pilon. Pourtant, déjà, on sentait que quelque chose se préparait. Au sein même de l’église, il y avait des personnes qui prônaient des changements.»

C’est le cas de son protagoniste. «Le Frère Jean est un homme très croyant, mais il appelle le changement», est d’avis celui qui campe le rôle, Sébastien Ricard.

«Il est convaincu que le plus important est de transmettre quelque chose à ses élèves, qui proviennent en majorité de milieux modestes et peu éduqués, et c’est pourquoi il essaie d’éveiller en eux par des moyens peu conventionnels le désir d’apprendre, la curiosité, ce qui le fait tomber en conflit avec ses supérieurs.»

Pourtant, le directeur du collège n’est pas complètement fermé d’esprit, défend l’interprète du Frère Léon, Rémi Girard. «C’est un gars assez avenant et généreux, qui comprend que ça bouge dans la société, qui sent venir des choses, et qui se demande comment garder la religion présente. Il se retrouve en quelque sorte coincé entre son désir de renouveau et son respect des principes religieux.»

Le jeune Émile, lui, est interprété par Arnaud Vachon, un comédien de 14 ans qui en est à sa toute première expérience devant la caméra. «C’est ma mère qui a vu passer un appel à tous sur Facebook, et comme j’avais envie d’essayer ça, je me suis dit que c’était ma chance», raconte-t-il.

Il ne décrit pas son personnage comme un «bum», mais plutôt un écorché qui a vécu «un drame familial qui le pousse à vouloir rester avec sa mère pour l’aider financièrement en travaillant plutôt que d’aller à l’école».

Un endroit parfait... ou presque

Le tournage de Vinland, qui bénéficie d’un budget d’un peu plus de 4 M$, se poursuit à Saint-Césaire jusqu’au 17 avril. Si le choix du réalisateur s’est arrêté sur l’ancien couvent des Soeurs de la Présentation de Marie pour filmer ses scènes intérieures (et quelques extérieures), c’est qu’il est tombé sous le charme de l’architecture du bâtiment.

«C’est l’une des rares places du genre à être bien conservée autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et elle était juste de la bonne taille pour camper un collège de Charlevoix. En plus, comme ce n’est pas une école, on peut occuper toute la place à notre guise», fait remarquer Benoît Pilon, qui a également participé à l’écriture du scénario en compagnie de Normand Bergeron et Marc Robitaille.

Quelques petits travaux ont néanmoins été nécessaires, notamment la restauration de deux salles de classe, l’aménagement d’une patinoire extérieure ainsi que le réaménagement du bureau du supérieur du district en bureau du directeur du collège, rapporte l’abbé Groche, le prieur de la maison du district.

Produit par Avenida, Vinland devrait prendre l’affiche au printemps 2020.

Le tournage de Vinland, qui bénéficie d’un budget d’un peu plus de 4 M$, se poursuit à Saint-Césaire jusqu’au 17 avril. Le film du réalisateur Benoît Pilon met en vedette  Sébastien Ricard, Rémy Girard, François Papineau et Fabien Cloutier.