Depuis que Steve Hill a choisi d'exploiter son talent sous forme d'homme-orchestre, sa carrière a pris un nouveau virage.

Steve Hill, au sommet de son art

Steve Hill est l'antithèse de la vedette instantanée. Son succès, il le doit à sa patience, à son indéniable talent et à son travail acharné des 20 dernières années. Et même si sa carrière de bluesman a parfois eu des allures de montagnes russes, l'idée de faire autre chose ne lui effleure même pas l'esprit.
« Je suis complètement passionné par la musique. Ce serait impossible pour moi de faire autre chose. J'ai bien trop de plaisir », lance-t-il, en avouant être « dans une bonne phase » depuis quatre ans, trop heureux d'être capable de vivre de sa musique à temps plein. « Tu sais, il y a 99 % des musiciens qui ne le sont pas toute leur vie. »
Cette « renaissance », Steve Hill la doit notamment au virage qu'il a pris il y a cinq ans par hasard - et un peu par nécessité. Pour mettre la main sur une ancienne guitare Gibson­ dont il rêvait et qu'il ne pouvait pas s'offrir, le chanteur/guitariste est devenu chanteur/homme-orchestre pour quelques shows. C'est du moins ce qu'il croyait. Le concept a séduit le public à un tel point qu'il en a fait sa marque de commerce. « Je n'aurais jamais pensé faire ça ! Il y a un côté unique là-dedans, plus cru, plus dépouillé, qui plaît beaucoup aux gens », dit-il. 
Ce qu'il propose est franchement impressionnant. Debout, son inséparable guitare en bandoulière, Steve Hill chante en s'accompagnant simultanément à la batterie - avec son pied et même avec une baguette fixée au bout de son manche de guitare. Sans oublier son harmonica, si l'envie lui en prend...
À Sutton
C'est ce Steve Hill multi-instrumentiste qui prendra d'assaut la salle Alec et Gérard Pelletier de Sutton le samedi 10 décembre. Seul sur scène, le vieux routier sonne comme un groupe en lui-même.
Avec son blues teinté de folk et de rock'n'roll, l'artiste ne s'embarrasse pas des lieux convenus. La teneur de son spectacle dépend beaucoup de ceux qui y assistent et de l'énergie de la salle. « Je décide le soir même en fonction du public que j'ai. Je pige dans mes trois derniers albums. »
Ce dont il parle, c'est sa trilogie - et demie - Solo Recordings #1, #11/2, #2 et #3, qu'il a lancée depuis 2012, dans la foulée de son changement de direction musicale.
« Le volume 1 s'est fait tout seul. C'était un retour au blues pour moi. Puis, je me suis mis à ressortir du Québec. Et le volume 2 a ''breaké'' au Canada. »
La suite est à l'avenant. Multiple lauréat aux Maple Blues Awards en 2014 et 2015, gagnant d'un Juno en 2015, Steve Hill est partout. 
Grandes salles, petites salles, bars... Il ne s'arrête pas à ces détails. En fait, dit-il, tout cela lui importe peu. Ce qui compte, c'est la qualité du public. « Mon plaisir ne dépend pas du nombre de spectateurs dans la salle... », glisse-t-il.
On a l'impression que Steve Hill passe souvent dans le coin, car son nom revient régulièrement à l'affiche des salles de la région. Peut-être, mais il en est de même partout, fait remarquer le musicien. Il présente quand même entre 100 et 125 spectacles par année au Québec et ailleurs­ au Canada !
« J'en ai fait un peu moins cette année, car j'ai pris un break de quelques semaines en Californie­... », dit-il. Cette pause lui a permis d'écrire et même d'enregistrer quatre chansons en studio. Ce qu'il en fera n'est pas encore clair. « C'est guitare acoustique et voix. Mais il est encore trop tôt pour dire ce que ça deviendra. »
Il sait toutefois qu'un album live verra le jour éventuellement, tout comme son projet de former un groupe. 
Mais d'ici là, Steve Hill continuera d'élargir son terrain de jeu. Durant cinq semaines, dès janvier 2017, l'homme et sa musique partiront à la conquête de l'Allemagne, des Pays-Bas, de l'Autriche, de la Pologne et de la Suisse.
Envie d'y aller ?
Quand : Samedi 10 décembre à 20 h
Où : Salle Alec et Gérard Pelletier de Sutton
Info et billetterie : www.salleagpelletier.com