Joanne Ouellette et Frey Guevara invitent la population au spectacle Origines. Ils sont ici accompagnés de Judy Ferland, directrice service aux membres chez Desjardins.

Spectacle interculturel de SERY: pour se rapprocher

Pour faire tomber les barrières et célébrer la diversité, l’organisme Solidarité ethnique régionale de la Yamaska tiendra, encore cette année, un grand spectacle interculturel. En l’intitulant Origines, SERY veut rappeler « qu’on a tous un peu d’immigration dans notre arbre généalogique ».

Présenté depuis 2004, avec un petit détour vers l’humour en 2016, l’événement devrait à nouveau mettre la fête dans le Palace de Granby, le 21 octobre prochain à 15 h. « On est revenu à la formule initiale. Cette année, la plupart des artistes sont issus de l’immigration, affirme le directeur général adjoint de l’organisme, Frey Guevara. Plusieurs sont des artistes réputés qui commencent à être connus au Québec. »

Fort de ses contacts, M. Guevara a réussi à regrouper sur scène plusieurs invités qui offriront au public une riche variété. Le coup d’envoi sera donné par le danseur traditionnel algonquin Jerry Hunter. La rencontre entre l’Occident et l’Afrique sera également célébrée par la formation Balafola et Mamadou Koita. Une belle occasion pour les curieux de découvrir des instruments de musique exotiques méconnus.

La fête ne serait pas complète sans une touche latino, cette fois en compagnie du chanteur d’origine colombienne Ramon Chicharron.

Habitué des spectacles de SERY, l’orchestre Trait d’union viendra ajouter ses rythmes multiethniques à la soirée, en invitant quelques artistes locaux à le rejoindre sur scène.

À ce mélange de couleurs et de sons, viendront se greffer les danses d’inspiration européenne de l’Ensemble folklorique Les Mariniers, ainsi que le trad du trio Caribou.

En finale, on promet un « feu d’artifice » musical avec le groupe Gypsy Kumbia Orchestra.

En comparant le spectacle à un voyage, la directrice générale de SERY, Joanne Ouellette, rappelle qu’il ne s’agit pas là d’une activité de financement pour l’organisme. C’en est plutôt une de sensibilisation et de rapprochement interculturel.

Rêver d’un festival

Soutenues par de fidèles commanditaires, dont Desjardins qui s’engage pour trois ans, Mme Ouellette et son équipe rêvent d’ailleurs de pousser le concept encore plus loin. Pourquoi ne pas en faire un festival sous le thème du monde, un peu à l’image de ce qui se fait à Sherbrooke et Drummondville, se disent-ils ? « Avec 121 nationalités, Granby est l’une des 14 villes d’accueil pour l’immigration », fait-elle remarquer.

Des démarches seront entreprises pour mettre le projet en marche, et ce nouveau festival pourrait naître rapidement. « Si ce n’est pas l’an prochain, ce sera l’année d’après », assure la DG. En plus de l’incontournable volet musical, SERY songe déjà à des kiosques de vêtements et d’arts traditionnels, à des démonstrations d’instruments de musique des quatre coins du monde et bien sûr à une foire alimentaire pour faire goûter les saveurs d’ailleurs.

« On a ici une richesse dont on ne s’aperçoit pas toujours. »

Les billets pour le spectacle Origines sont disponibles au coût de 10 $ au bureau de SERY, 369, St-Jacques à Granby.

« J'AI HÂTE DE RENCONTRER LE NOUVEAU MINISTRE DE L'IMMIGRATION »

À peine quelques heures après la victoire de la Coalition avenir Québec, Johanne Ouellette trépignait déjà d’impatience de rencontrer le ou la futur (e) ministre de l’Immigration. La demande a déjà été faite auprès du député réélu, François Bonnardel. 

Car contrairement à ce qu’on pourrait croire, la patronne de SERY ne voit pas d’un mauvais œil l’accession au pouvoir de la CAQ. Elle a bon espoir que les choses iront bien. 

Une saine immigration doit se faire dans les règles de l’art, croit-elle, en soulignant qu’il ne sert à rien « de faire venir 100 000 personnes » si elles ne se trouvent pas de travail au Québec.

La dame doute par ailleurs que la CAQ retourne dans leur pays les nouveaux arrivants qui n’auront pas réussi un test de français et « des valeurs ». 

Ce qu’elle souhaite assurément, c’est une meilleure écoute, non seulement des élus, mais aussi des hauts fonctionnaires du gouvernement québécois. « Ce que je veux, c’est qu’ils débarquent de leur piédestal et qu’ils viennent voir ce qu’on fait avant de prendre des décisions. Ils ne savent pas ce qu’on fait ici. On est un modèle au Québec et personne ne vient nous voir ! »

Avec son franc-parler, Mme Ouellette promet de partir en croisade pour cet organisme pour lequel elle travaille depuis plus de 20 ans. Et ce, même si sa retraite est prévue pour le printemps prochain... « J’ai toujours des gants de boxe, mais ils sont blancs pour la paix. Si on ne se bat pas, on n’a rien. »

Avec un budget avoisinant les 740 000 $ par année, Solidarité ethnique régionale de la Yamaska aurait besoin de 300 000 $ supplémentaires, selon elle, pour pousser plus à l’avant ses projets. 

« On a plein d’idées, mais ça prend des sous pour les développer », lance-t-elle en parlant notamment de la francisation, le nerf de la guerre en matière d’intégration. « Si on améliore le système de francisation, les gens vont parler français. »