C’est un Palace rempli qui a accueilli la cinquantaine de musiciens de l’OSM, la vingtaine de choristes de l’École de chant Cantabilé et les sept solistes invitées, toutes passées par le FICG il y a peu ou bien longtemps.
C’est un Palace rempli qui a accueilli la cinquantaine de musiciens de l’OSM, la vingtaine de choristes de l’École de chant Cantabilé et les sept solistes invitées, toutes passées par le FICG il y a peu ou bien longtemps.

Spectacle de l'OSM à Granby: de frissons et d’émotions

Marie-Ève Lambert
Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est
Le spectacle de l’Orchestre symphonique de Montréal et des grandes interprètes du Festival international de la chanson de Granby promettait d’être unique. Majestueux. Grandiose. Somptueux. C’est tout ça qu’il a été, jeudi soir. Et s’il y avait un reproche à faire, c’est qu’il n’ait pas été assez long, peut-être.

C’est un Palace rempli qui a accueilli la cinquantaine de musiciens de l’OSM, la vingtaine de choristes de l’école de chant granbyenne Cantabilé et les sept solistes invitées, toutes passées par le FICG il y a peu ou bien longtemps.

Changement de direction de dernière minute, c’est finalement la chef Dina Gilbert qui a mené de main de maître tout ce beau monde, plutôt que Simon Leclerc.

Durant un peu moins de deux heures qui ont filé à la vitesse de l’éclair, les 80 artistes ont revisité un répertoire de chansons francophones étalé sur 50 ans.

La soirée a débuté en douceur, presque timidement avec Safia Nolin, demi-finaliste en 2012, qui est venue nous interpréter sa chanson Igloo, récipiendaire du Prix de la chanson SOCAN. Derrière, l’orchestre murmurait presque.

Finaliste dans la catégorie interprète en 1982, Marie-Denise Pelletier est ensuite montée sur scène pour nous servir Que m’importe, de Claude Léveillée, suivie de Isabelle Boulay, lauréate en 1991, avec Le retour de Don Quichote, de Michel Rivard.

Jusqu’à présent, on se disait qu’on était un peu loin des grands succès, mais il fallait juste être patients.

Étonnamment, c’est Joanie Roussel qui nous a donné le premier grand frisson de la soirée. En entonnant Un peu plus haut, un peu plus loin, de Jean-Pierre Ferland, la finaliste de 2015 nous a servi un numéro grandiose, appuyé d’une voix époustouflante. Pas étonnant que le public l’ait chaudement applaudie et que quelques personnes de l’assistance se soient même levées. Pour tout dire, c’est à ce moment qu’on a eu l’impression que le spectacle commençait vraiment.

La jeune interprète a poursuivi en duo avec Émie Champagne sur L’Hymne à la beauté du monde, de toute beauté également.

La demi-finaliste de 2016 a ensuite poursuivi en solo sur Deux par deux rassemblés, de Pierre Lapointe avant que Safia Nolin ne revienne avec Entre l’ombre et la lumière, de Marie Carmen.

Grands classiques
Les trois grandes dames — Marie-Denise Pelletier, Luce Dufault et Isabelle Boulay — sont ensuite tour à tour revenues sur scène le temps de deux chansons chacune, un de leurs propres succès et un grand classique emprunté.

C’est ainsi que Marie-Denise Pelletier nous a interprété un senti Tous les cris les SOS suivi de Le plus beau des voyages, de Claude Gauthier, cette dernière se méritant une ovation debout. Il faut dire que sa qualité d’interprétation était ex-cep-tion-nel-le (oui, avec des tirets!). À nous émouvoir, nous émerveiller, nous faire pleurer voire nous faire enrager. René Lévesque, à qui elle a dédié la chanson, s’est retourné dans sa tombe (on a vérifié!).

Plus en retenue, Luce Dufault y est allée de Des milliards de choses, puis de l’incontournable Quand les hommes vivront d’amour, de Raymond Lévesque, tandis qu’Isabelle Boulay s’est payé son Saule inconsolable ainsi que Aimons-nous quand même, d’Yvon Deschamps.

Fabienne Thibeault attendue
Il a fallu attendre à la toute fin du spectacle pour voir Fabienne Thibeault débarquer sur scène. La finaliste catégorie interprète de la mouture 1972 du Festival et lauréate en 1974 nous a d’abord fait remonter loin dans le temps avec sa chanson Ma mère chantait toujours avant de terminer l’hommage à Starmania, débuté par Luce Dufault (Les uns contre les autres), Marie-Denise Pelletier (Les adieux d’un sex-symbol) et Isabelle Boulay (Monopolis).

Le titre qu’elle a chanté ? Le monde est stone, vous l’aurez deviné. Donné avec générosité au public avec l’énergie du désespoir. Il faut se le dire, la dame n’a plus la voix qu’elle avait, mais à 66 ans, elle était extrêmement touchante à voir. C’est d’abord pour elle que le public s’est levé d’un seul élan une fois les dernières notes entendues, avant que cette ovation d’affection se transforme, fin du concert aidant, en chauds applaudissements qui ont réclamé, pendant de longues minutes et en vain, un rappel.