Jean-Philippe Perras

Série policière La Faille: meurtres, intrigues et gros hiver

Marc Messier et Jean-Philippe Perras vous le diront, le tournage de la nouvelle série policière La Faille s’est déroulé dans des conditions franchement hors de l’ordinaire. Températures arctiques, puissantes bourrasques, paysages uniques... Les deux Granbyens d’origine jouent le père et le fils dans cette production encensée par la critique.

L’intrigue se déroule dans la ville minière de Fermont, reconnue pour son immense mur-écran. La découverte d’un cadavre à l’intérieur du mur amène l’enquêtrice Céline Trudeau (Isabel Richer) dans cette lointaine région en plein coeur de l’hiver. Une fois sur place, elle tombe nez à nez avec sa fille Sophie (Marie-Pier Morin) qu’elle n’a pas vue depuis des années. Jean-Philippe Perras interprète le conjoint de Sophie, mais également le fils du principal actionnaire de la mine de Fermont (Marc Messier) et de la mairesse de la municipalité (Élise Guilbault).

« Il s’appelle Louis-Philippe Ricard, il est né dans la ouate et dans le pouvoir dû au statut de ses parents, explique le comédien au sujet de son personnage. Il en a peut-être un peu profité. Il s’est toujours vu comme la relève de son père à la mine, qui n’a pourtant pas tellement confiance en lui. Il y voit là une occasion de se prouver à lui-même et aux autres par des méthodes pas toujours heureuses. C’est quelqu’un de socialement très habile, qui peut être manipulateur. »

« J’ai eu énormément de plaisir à jouer ce gars-là, qui est très différent de ce que j’avais fait avant. Tu sais, une espèce de visage à deux faces avec une élégance sociale... », ajoute-t-il.

C’est la première fois que Jean-Philippe partageait un plateau de tournage avec Marc Messier. « C’est sûrement l’un des plus grands clowns de la Terre », s’exclame-t-il. « Entre deux prises, il fait des niaiseries sur tout. Il est tout le temps en train de blaguer ! » dit-il. Avoir côtoyé des acteurs de l’envergure de Marc Messier, Isabel Richer ou Élise Guilbault était bien sûr intimidant, mais il en a profité pour peaufiner son art. « Ils sont tellement gentils que jamais ils ne m’ont fait sentir comme le plus jeune. L’ambiance sur le plateau était exceptionnelle », dit-il. 

Sur sa dizaine de jours de tournage, l’hiver dernier, Jean-Philippe en a passé près de la moitié à Fermont. Avec un mercure avoisinant les -40°C, l’équipe devait travailler sous de multiples couches de vêtements et avec des lunettes de ski. « Une fois à l’intérieur, on ne reconnaissait pas les techniciens ! »

Le trentenaire n’a visionné que deux épisodes de La Faille, mais il se promet bien de consommer le reste durant les Fêtes. « Mais j’ai adoré ce que j’ai vu. Malgré le grand air, on est dans un huis clos. C’est vraiment bien fait et ce sont des paysages qu’on ne voit jamais. Visuellement et sur le plan du contenu, on a une série audacieuse et captivante qui n’a pas du tout à être intimidée face aux Crave et Netflix de ce monde. »

Une deuxième saison de La Faille a été confirmée, mais impossible de savoir si le jeune homme sera de la distribution... Chose certaine, la nouvelle enquête se déroulera ailleurs, loin de Fermont et de ses résidants. 

Marc Messier

« UN TRÈS BON POLAR »

Après avoir vu la série en entier, le vétéran Marc Messier décrit pour sa part La Faille comme un « très bon polar nordique à la Henning Mankell ». « C’est un bon suspense qui se déroule dans une société où il se passe toutes sortes d’affaires. Il y a un côté un peu étouffant ; tout le monde se connaît, tout le monde se soupçonne », résume celui qui tient le rôle du patron de la mine au bord de la faillite. « C’est quelqu’un de très anxieux. »

Tout le contraire de lui, on dirait. Le plus grand clown de la Terre, Marc Messier ? « Ça m’arrive de faire des blagues, mais j’essaie de ne pas trop faire le clown... Disons que j’ai beaucoup d’humour et que je ne me prends pas au sérieux. On a eu beaucoup de plaisir. »

Malgré la rudesse du climat, Marc Messier a en effet adoré son passage de quelques jours à Fermont. La mine impressionnante, la nature spectaculaire, l’accueil des Fermontois... tout lui a plu. « La neige et le froid sont omniprésents dans la série. C’est du gros hiver et c’est magnifiquement tourné ! »

Bien qu’il confirme qu’on ne le reverra pas dans la seconde mouture annoncée, le comédien demeure bien présent dans l’oeil du public. Il partira notamment en tournée au printemps avec la pièce Neuf. Il attend par ailleurs la confirmation d’une sixième saison de Boomerang. « J’ai aussi d’autres projets... Je suis toujours bien actif ; j’adore travailler », indique celui qui a passé toute sa jeunesse à Granby et qui possède une résidence dans la région. 

Jean-Philippe Perras, lui, jouera dans la pièce Nos coeurs remplis d’uréthane à Sherbrooke cet hiver. On le retrouvera également dans la 5e saison de L’Heure bleue. En avril, le comédien/musicien lancera aussi l’album de sa formation musicale Gustafson. 

La Faille est diffusée sur le Club illico. La série comporte huit épisodes d’une heure.