« La ligne directrice, c'est le groove. On a un bon son, on explore plein de choses. Ce n'est pas un album dansant, mais ce n'est pas déprimant. On a fait l'album qu'on voulait faire », affirme Samuele.

Samuele, la fille qui va où elle veut

Si la météo le permettait, et pour célébrer le printemps qu'elle aime tant, Samuele se promettait bien de se rendre au lancement montréalais de son premier album, cette semaine, sur la bicyclette turquoise qu'elle a rapportée du Festival international de la chanson de Granby il y a quelques mois.
« Ben oui, je l'ai appelée Bowie ! », lance-t-elle quand on lui demande si elle possède toujours ce vélo qui la transportait à travers Granby durant le Festival, en août dernier, et qu'elle a rapporté chez elle à Montréal. Cela et la pléthore de prix qui lui ont été décernés au terme de la compétition, dont la prestigieuse mention de lauréate 2016. 
À 30 ans, forte d'une expérience certaine dans le milieu de la musique - elle avait notamment un mini-album à son actif -, Samuele n'a jamais prétendu que le Festival allait changer sa vie. Avec le recul, elle n'a pas modifié son discours, même avec le titre de grande gagnante accrochée au cou. 
« J'étais déjà sur une lancée, alors ça m'a donné un petit boost. Ça a aussi rendu mon projet plus légitime. Il y a clairement un intérêt médiatique que je n'avais pas avant. Disons que ça facilite les choses. »
Les filles sages... 
Une partie des bourses du Festival lui a d'ailleurs permis de se rapprocher encore plus de son album Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent qu'elle avait entamé dans les mois précédant sa présence à Granby, grâce également à Musicaction et à la plateforme de sociofinancement Indiegogo.
Résultat : le CD a été officiel-lement présenté à la face du monde jeudi au Lion d'or, et offert en ligne et dans les magasins- le lendemain. 
Écrits entre 2012 et 2017, les 12 pistes de Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent reflètent le style singulier de Samuele, quelque part entre la chanson et le spoken word.
La sortie, une des trois pièces qu'elle avait proposées au Festival, fait notamment partie de sa nouvelle offrande.
« C'était très organique comme processus de création, sans thèmes particuliers. Il y est question de féminisme, de dépression, de suicide, de déceptions amoureuses... Les paroles ont beaucoup d'importance pour moi. Écrire, c'est la seule affaire que je fais toute seule. Pour la musique, c'est souvent avec mon band. »
Mais n'allez pas croire que le ton est déprimant pour autant, assure-t-elle. « La ligne directrice, c'est le groove. On a un bon son, on explore plein de choses. Ce n'est pas un album dansant, mais ce n'est pas déprimant. On a fait l'album qu'on voulait faire. »
Multi-instrumentiste, la jeune femme y joue de la guitare et du ukulele. Se joignent à elle ses complices à la batterie, aux percussions, à la contrebasse, aux cuivres et aux guitares. 
De son propre aveu, Samuele a consacré tellement de temps et d'énergie à ce projet de disque qu'elle peine aujourd'hui à l'écouter. « J'ai une oreille très critique, je manque de recul. Mais je commence à avoir des commentaires de personnes qui l'ont entendu et c'est positif », se réjouit-elle.
Aucune tournée officielle n'est envisagée pour le moment. Pour la bonne et unique raison que Samuele n'en a fait qu'à sa tête. « L'album était fini et j'étais pressée de le sortir au printemps. J'aime cette saison, c'est comme une renaissance. »
Le temps a donc manqué pour organiser une tournée en bonne et due forme. L'auteure-compositrice-interprète assure néanmoins qu'on la verra sur scène un peu partout cet été. Elle fera également un saut en Europe à l'automne.
Avis aux intéressés en terminant : Samuele s'est fait plaisir sur cet album. Ne cessez pas l'écoute trop rapidement, vous pourriez rater la surprise finale...