Samuele a causé la surprise en étant élue grande gagnante du 48e Festival international de la chanson de Granby, samedi soir au Palace.

Samuele cause la surprise

Samuele a causé la surprise en étant élue grande gagnante du 48e Festival international de la chanson de Granby, vendredi soir au Palace.
<p>Samuele a serré son fils très fort dans ses bras après sa consécration.</p>
L'an dernier, notre coeur balançait particulièrement entre Caroline Savoie et Joey Robin Haché, mais il était somme toute prévisible que l'Acadienne l'emporterait sur son compatriote. Cette année, il était impossible de deviner le choix du jury au terme des quatre performances. Même le directeur artistique du festival, Pierre Fortier, a affirmé qu'il s'agissait de l'une des cuvées les plus «serrées» qu'il ait connues à la barre du festival.
Cette finale de festival s'est ouverte sur Feu de paille de la grande gagnante, qui nous a offert une prestation plus intimiste que lors de sa demi-finale. Le discours engagé, lui, a suivi et ce n'était pas pour déplaire au public. On avait adoré le puissant plaidoyer féministe qu'elle nous avait balancé en plein visage mercredi dernier.
Et ses détracteurs n'ont pas été épargnés. «On m'a déjà dit que j'avais pas l'air d'une maman, mais de quoi c'est censé avoir l'air une maman?» a-t-elle demandé après sa première pièce, déclenchant une vague d'applaudissements.
Maman ou pas, Samuele est ce qu'elle est, et elle nous a bercés avec ses pièces accrocheuses. On a pris grand plaisir à renouer avec Le matin, morceau facile d'écoute qui nous avait déjà charmés par sa candeur et sa simplicité. La Montréalaise a terminé son numéro en force avec La Sortie.
Son prochain album s'appellera Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent. Victoire ou pas, Samuele a prouvé vendredi qu'elle était maître de sa prochaine destination.
De facto, la lauréate met également la main sur les prix Studio Jupiter, Nat Corbeil, Livetoune, RSB iMedia 45 tours et le Fonds d'aide au développement Rouge FM, se méritant notamment des bourses monétaires totalisant plusieurs dizaines de milliers de dollars, des sessions d'enregistrement totalisant 25 heures, la captation vidéo d'un de ses concerts, un service de pistage radio, de même que la fabrication et la promotion des 500 premiers exemplaires de son futur album.
Mais les trois autres finalistes n'ont pas été laissés en reste, puisque personne n'est reparti les mains vides. En tout, les bourses remises lors de cette soirée de finale ont totalisé 140 000$.
Énergique Fletcher
Le coup de coeur des représentants de la presse - y compris le nôtre - est allé à Étienne Fletcher. Le musicien de Regina, qui a confié plus tôt cette semaine ne pas avoir eu d'attentes en s'inscrivant au concours, a offert une prestation égale, sinon supérieure, à sa demi-finale. En pleine possession de ses moyens, l'auteur-compositeur-interprète y est allé de son énergique Chéri chérie lui ayant valu le prix SOCAN de la chanson primée au Chant'Ouest 2015.
Fletcher a ensuite troqué guitare pour clavier pour nous chanter les Petits plaisirs de l'amour, une pièce plus faible mais tout de même planante, avant de remercier l'équipe du festival pour cette «intense», mais ô combien enrichissante expérience. «L'important, c'est de trouver un équilibre dans la vie et faire ce qu'on aime», a-t-il lancé en introduction à sa grandiose, Loin d'ici. Chanson intemporelle de la trempe de Dégénération de Mes Aïeux, rien de moins.
Trésor «caché» de la Saskatchewan notre Étienne? Plus maintenant qu'on l'a découvert. Note à l'animateur Matthieu Girard: il faudra désormais trouver une nouvelle manière de le présenter sur scène.
Inégale Képinski
La Montréalaise Lydia Képinski, qui nous avait épatés lors de sa demi-finale, a moins bien fait avec son interprétation de Toronto (J'ai saboté les freins de ton auto), qui s'est polarisée entre mollesse et trop de raideur, selon les segments de la chanson, où sa jolie voix nous a semblé parfois criarde. C'est à croire que la nervosité a eu le meilleur sur elle.
Les choses se sont un peu améliorées avec Le Morse. Idem pour Apprendre à mentir, une excellente chanson qu'elle avait toutefois mieux réussie la semaine dernière.
L'auteure-compositrice-interprète de 23 ans a tout de même de quoi célébrer, elle qui avait échoué aux auditions l'année dernière, mais qui s'est vue remettre plusieurs bourses (voir encadré), en plus du Prix du public et du Prix de la chanson primée SOCAN pour sa pièce Apprendre à mentir, samedi dernier. Le morceau sera d'ailleurs disponible sur iTunes dès mardi, prélude à un mini-album. La chanteuse blonde a l'air d'avoir déjà une grosse machine promotionnelle derrière elle: on a entendu et lu son nom partout, partout, au cours des derniers jours.
Dagenais, force tranquille
Toute petite parmi les grands, la douce Catherine Dagenais nous a séduits à nouveau, tant avec sa musique qu'avec son charisme.
Elle a, une fois de plus, réussi à nous faire sourire en nous chantant quelque chose d'aussi dramatique que le cancer sur Entre les pinces du crabe, à la sonorité rappelant parfois Beau Dommage. Sa voix, elle, a parfois une ressemblance avec celle de Diane Tell dans les notes plus aigües.
La benjamine du quatuor (22 ans) a été à peine moins solide avec Échapper au hasard, mais s'est reprise avec La grande histoire. On ne cachera pas qu'on avait eu un (gros) faible pour la jeune Lavalloise lors des demi-finales. Nul doute que la diplômée en chant populaire et en chant jazz a gagné de nombreux admirateurs vendredi soir.
En attendant...
Son talent n'était plus à prouver. En attendant de connaître le gagnant, la finaliste de l'an dernier, Joanie Roussel, a interprété avec brio la chanson rédigée pour Céline Dion, À la plus haute branche.
Vingt-cinq ans après avoir remporté le Festival international de la chanson, Isabelle Boulay est remontée sur les planches du Palace. L'interprète s'est montrée très généreuse, et sa reddition du classique Amsterdam était d'une puissance inouïe.
Surveillez notre édition de lundi pour une entrevue avec la lauréate et un bilan du directeur général du festival, Pierre Fortier.
<p>Les quatre finalistes: Lydia Képinski, Étienne Fletcher, Catherine Dagenais et la grande gagnante, Samuele.</p>
Liste des prix remis aux participants
Prix Rouge FM: Samuele
Fonds d'aide au développement Rouge FM: Samuele
Prix RSB iMedia 45 tours:Samuele
Prix livetoune: Samuele
Prix Nat Corbeil: Samuele
Prix Studio Jupiter: Samuele
Prix tournée des Grands Centres: Chloé Lacan
Prix de la chanson populaire Tim Hortons: Thomas Hodgson, 23 km
Prix du public Yves-Gagnon: Lydia Képinski
Prix de la chanson primée SOCAN: Lydia Képinski, Apprendre à mentir
Prix Artisti:Lydia Képinski
Prix de la presse Jacques-Cossette:Étienne Fletcher
Prix Francofolies de Montréal:Lydia Képinski
Prix coup de coeur du Festival de la chanson de Tadoussac:Samuele
Prix coup de coeur Franco-Fête de Toronto:Étienne Fletcher
Prix Festival d'Été de Québec: Samuele
Prix Étoile Stingray:Catherine Dagenais
Prix coup de coeur Radarts:Catherine Dagenais
Prix Réseau Ontario: Lydia Képinski
Prix du Réseau Centre:Samuele
Prix Tournée de concerts intimes : Lydia Képinski
Prix Alliance française de Toronto : Lydia Képinski
Prix Accès culture : Samuele
Prix de la relève maison Félix-Leclerc de Vaudreuil : Catherine Dagenais
Prix Meilleure présence sur scène : Mehdi Cayenne
Prix ROSEQ : Samuele
Prix Edmonton Chante : Catherine Dagenais
Prix LOJIQ - Voix du sud : Jean-François Janvier
Prix de la nuit émergente Sudbury : Lydia Képinski