Sous ses dehors angéliques, Rosalie Vaillancourt cache une véritable démone, qui ne ménage ni les joyeux malaises ni les gags salés.

Rosalie Vaillancourt, une démone aux dehors angéliques

Avec un père juge et une mère vétérinaire pathologiste, Rosalie Vaillancourt avoue que ses parents auraient facilement pu se faire un sang d’encre à l’idée de voir leur fille choisir la jungle de l’humour plutôt que le chemin des études. Or, tout est allé tellement vite pour elle qu’ils n’ont même pas eu le temps de s’inquiéter. Rencontrez la comète Rosalie.

Pour son premier spectacle solo, Enfant roi, qu’elle présentera officiellement en novembre prochain, la jeune femme multiplie les prestations. Depuis des mois — et pour ceux qui viennent —, son horaire est drôlement rempli.

« J’ai fait vraiment beaucoup de télévision, alors j’essaie de faire plus de scène parce que j’ai moins d’expérience que certains de mes amis qui ont passé trois ans à faire quatre bars par semaine... Je veux que mon show soit le meilleur possible », dit-elle de sa voix enfantine.

Ce timbre particulier, c’est un peu sa marque de commerce. Ça et son allure de jeune ingénue, dépourvue de toute inhibition. Rosalie Vaillancourt, c’est la candeur dans toute sa splendeur.

Mais sous ses dehors angéliques se cache une véritable démone, qui ne ménage ni les malaises ni les gags salés. Sur sa page Facebook, une photo représente parfaitement l’essence de son humour. On voit la blonde demoiselle sourire doucereusement en tenant un couteau de boucherie...

Pourtant, le mot malaise la fait tiquer. « Je ne veux pas créer de malaise; je veux qu’on en rie tous ensemble. Contrairement à certains humoristes, je ne cherche pas à choquer. Je n’ai pas de méchanceté. Je préfère que les gens disent “Ah mon Dieu, elle est folle!”. »

Pour son premier spectacle solo, Enfant roi, que Rosalie Vaillancourt présentera officiellement en novembre prochain, la jeune femme multiplie les prestations par les temps qui courent.

Le titre du spectacle lui est venu sans trop d’effort, semble-t-il. « Ça s’appelle Enfant roi parce que j’ai l’air d’une enfant et parce que j’ai l’impression d’avoir été couvée. Au début, mes parents voulaient même faire la tournée avec moi! Les gens de ma génération restent des enfants vraiment plus longtemps, je trouve », fait remarquer celle qui a pourtant 26 ans bien sonnés.

Et la petite Rosalie, elle était comment? « J’étais une enfant dans la lune, vraiment bizarre, j’avais une collection de crânes... J’ai été gâtée, bien sûr, mais pas comme une enfant de riches », tient-elle à préciser. On apprend dans le spectacle qu’elle n’est pas non plus enfant unique; ses deux soeurs lui servent de matière à rigolade.

Émule de La Poune

Qui dit premier show, dit nouveaux numéros. Elle profite donc de cette tournée de rodage pour ajouter et retirer du matériel allègrement. « Je suis partie de zéro et le contenu a pas mal bougé. C’est important pour moi d’aller un peu partout. C’est un spectacle un peu théâtral dans lequel j’ajoute de nouveaux éléments à chaque show, alors j’ai vraiment besoin de le roder. »

Ce sont plusieurs pans de sa vie qui y passent. « Pour un premier spectacle, c’est normal de se présenter aux gens d’abord. Mais ça va dans plein de directions. Je parle de voyages, de messages que les gens m’envoient sur Internet. Ce sont des choses que j’ai vécues, mais avec une pointe d’absurde. Les gens se demandent si c’est vrai ou non, mais c’est tout le temps vrai! »

Bête de scène, Rosalie Vaillancourt ? « Je pense que oui. J’aime tellement ça. En spectacle, j’ai l’impression d’être devant mes amis », dit-elle, en avouant son amour pour le style « cabaret » et la belle époque de Dominique Michel et de La Poune.

Et c’est dans cet esprit de « conversation avec le public » qu’elle écrit la majorité de ses textes. Pour le reste, elle peut compter sur son grand ami, Charles-Alex Durand, qu’elle a rencontré à son premier jour à l’École nationale de l’humour. « C’est ma muse. Il est comme moi en gars... mais en plus bizarre. »

Un beau complément

Visiblement, l’humoriste est à un beau carrefour de sa vie. Elle se donne néanmoins le droit de rêver. « Des choses me tentent, mais plus dans deux ou trois ans. J’aime tellement ce que je fais en ce moment que j’ai un peu de misère à m’imaginer faire autre chose. Ce qui est sûr, c’est l’importance pour moi d’avoir une vie sociale. L’humour me rend vraiment heureuse, mais je vois ça comme un complément à ma vie. J’ai le goût de rénover mon appart, d’avoir des enfants... Je m’inspire de ma vie, alors si je ne vis rien, je vais devoir parler de mes parents toute ma carrière! »

Chose certaine, le style Rosalie devrait être là pour rester. « C’est moi, alors j’aurais beau essayer, je ne peux pas me changer! »

Envie d’y aller ?

Quand : le samedi 23 février à 19 h 30

Où : foyer du Palace de Granby

Billets : www.ovation.qc.ca

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Quand : le mardi 26 février à 20 h

Où : Théâtre Lac-Brome

Billets : lepointdevente.com

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Quand : Le 18 mars, 20 h (complet) et le 23 novembre (supplémentaire)

Où : Foyer de la Maison de la culture de Gatineau

Billets : 819-243-2525 ; salleodyssee.ca ; ovation.qc.ca