Si la saison 2020 prend son envol, la Dame de coeur présentera, comme prévu, le succès de l’an dernier, <em>Le Grand Bric-à-Brac</em>.
Si la saison 2020 prend son envol, la Dame de coeur présentera, comme prévu, le succès de l’an dernier, <em>Le Grand Bric-à-Brac</em>.

Rien n’est encore joué pour le Théâtre de la Dame de coeur

Comme tous les établissements culturels, le Théâtre de la Dame de coeur croise les doigts pour que l’ensemble de sa saison estivale ne tombe pas à l’eau. La bonne nouvelle cependant, c’est que pour 2020, on prévoyait déjà reprendre la pièce Le Grand Bric-à-Brac. L’équipe a donc le loisir de respirer un peu. «C’est une chance pour nous, en effet», affirme le directeur du théâtre d’Upton, Richard Blackburn.

Car dans les circonstances actuelles, mettre sur pied une nouvelle création aurait été quasiment impossible. L’ampleur des productions de la Dame de coeur exige une telle préparation que la fabrication des marionnettes géantes et du décor, la scénarisation, les répétitions et tout le reste auraient représenté un véritable casse-tête pour la direction et les employés.

La reprise du Grand Bric-à-brac, qui avait connu un beau succès l’été dernier, viendra assurément faciliter les choses si le théâtre obtient le feu vert pour ouvrir ses portes au cours des prochains mois.

«Le conseil d’administration, voyant comment les choses évoluent chaque jour, attend à la fin mai pour prendre une décision finale. On peut se permettre d’attendre aussi tard, car c’est vraiment plus simple avec une pièce existante. Si c’était une nouvelle création, on aurait déjà annulé au moment où on se parle.»

Financièrement, ce dernier assure que le théâtre s’en sort bien pour le moment. «Mais on a très hâte de voir comment vont se préciser les règles concernant les fonds annoncés par Ottawa. Comme tout le milieu culturel québécois, on profite actuellement des mêmes soutiens auxquels ont droit les entreprises et les travailleurs», indique M. Blackburn.

Au noyau d’une quinzaine de salariés se joignent des pigistes qui, à partir de leur domicile, se réunissent par vidéoconférence pour des réunions de création et de conception. «On continue à besogner assez intensément pour le présent et pour le futur.»

Un projet international était prévu avant la pandémie, mais les choses sont maintenant en suspens, glisse Richard Blackburn sans trop s’avancer. L’équipe a quand même de quoi s’occuper, elle qui se penche déjà sur la production estivale qui succédera éventuellement au Grand Bric-à-Brac.

«Ça prend deux ou trois ans pour sortir du néant une nouvelle histoire. C’est un long travail», précise-t-il.

Scénarios

Dans l’attente de nouvelles consignes gouvernementales, divers scénarios sont évoqués, mais rien n’est certain.

«Avec les consignes de distanciation physique, est-ce qu’on pourrait faire une demi-saison? Dans une demi-salle? En ayant une salle extérieure avec des sièges pivotants, la distance est déjà plus grande dans les rangées. On verra bien.»

«On danse la même valse-hésitation que tout le monde. C’est planétairement très singulier comme situation. Le monde entier cherche des médicaments et un vaccin, alors on peut se permettre d’espérer.»

Si une annulation s’avère inévitable, le Théâtre offrira cependant aux détenteurs de billets achetés en prévente un remboursement ou, idéalement, un report pour la saison 2021, toujours pour Le Grand Bric-à-Brac.

Sa longue expérience du milieu culturel lui fait dire que les gens auront envie de sortir et de revivre après la crise. «Mais à la condition que le gouvernement l’autorise, que les normes de distanciation soient respectées et surtout — surtout — que le public se sente en sécurité. Si ce n’est pas clair, si c’est inquiétant pour les gens, on va laisser tomber, tout simplement.»