Régis Labeaume a certainement livré un des segments les plus divertissants de cette dernière de la saison de Tout le monde en parle, dimanche.

Un tramway nommé Régis

CHRONIQUE / Toujours franc, parfois bourru, mais aussi rieur et lançant des formules efficaces, Régis Labeaume a certainement livré un des segments les plus divertissants de cette dernière de la saison de «Tout le monde en parle», dimanche. Je lui accorde mon étoile du match. L'autre politicien, Andrew Scheer, n'a peut-être pas fait le plein d'électeurs, s'en sortant tout de même honorablement.

«On était rendu là», affirme le maire Labeaume à propos du système de transport structurant. Il balaie du revers de la main les accusations de l'opposition d'avoir caché ce projet aux électeurs durant la campagne, et rappelle que «70% des gens ont voté pour le transport structurant». «L'opposition fait ça à l'américaine: nier l'évidence», tranche-t-il. Au sujet du troisième lien, le maire de Québec a répété qu'il faudrait qu'on lui prouve que c'est bon pour sa ville. À ceux qui trouvent que c'est long de passer d'une rive à l'autre, il a eu ce message: «Faudrait qu'ils viennent à Montréal. Tout à l'heure, ça m'a pris deux heures Québec-Montréal, pis deux heures Montréal-Montréal!»

«On a fait 1,2 million l'an passé», a rappelé le maire au sujet du Centre Vidéotron, rentable pour la ville mais pas pour Québecor. «Ça chie pas de partout, on a fait un bon deal», se réjouit le maire, malgré le fait que sa ville n'a toujours pas les Nordiques. «On peut vous vendre les Canadiens si vous voulez», lui a lancé Dany Turcotte. La meilleure réponse du maire: «On a déjà un club junior, ça va aller.»

Malgré la tuerie de la Grande Mosquée, il ne veut pas de centre de prévention de la radicalisation à Québec. «Pas sûr que c'est efficace. [...] Faut pas créer quelque chose qui n'existe pas», dit-il au sujet de la radicalisation. À propos des possibles motivations d'Alexandre Bissonnette, l'auteur de la tuerie qui a plaidé coupable: «On fait face à un problème de santé mentale. Ça fait qu'on ne comprendra jamais ce qui s'est passé dans la tête de ce gars-là», dit-il, appuyé par Denys Arcand. Le cinéaste s'indigne qu'on puisse qualifier les gens de Québec d'«anti-musulmans» et prévient de ne pas faire de «lecture sociologique de quelqu'un qui saute une coche». La présence d'armes a fait la différence. D'ailleurs, M. Labeaume ne s'explique pas que Bissonnette ait pu en avoir trois en sa possession. «On doit questionner la disponibilité des armes», croit-il. La carte du fou du roi: «Il me semble qu'après tous ces efforts, la moindre des choses serait que vous ayez enfin un tramway nommé Régis.»

Premier chef conservateur à se présenter sur le plateau de Tout le monde en parle, Andrew Scheer s'est est sorti vivant sans jamais perdre son sourire. Guy A. Lepage a rappelé d'emblée que M. Scheer avait voté contre l'avortement et le mariage de personnes de même sexe, mais le chef a répété qu'il ne rouvrirait pas ces débats s'il était élu. «Je suis concentré sur les enjeux qui nous rassemblent», a dit M. Scheer, en tournée de consultation au Québec, en vue de sa nouvelle plateforme électorale.

Il nie la rumeur qu'il possède une grande collection d'armes. Oui, il chasse le canard parce qu'il vit en Saskatchewan, rien de plus. Il reconnaît avoir déjà fumé du pot. Voudrait-il recriminaliser le cannabis s'il était élu? Il attend de voir les résultats de la loi avant de décider. De la même façon, il n'a pas voulu se prononcer clairement sur une éventuelle taxe Netflix. Maxime Bernier l'a accusé d'avoir enrôlé de faux conservateurs chez les producteurs laitiers pour gagner la course à la chefferie. «Je peux vous assurer que Maxime ne serait jamais mon ministre de l'Agriculture», a blagué le chef. Dany Turcotte en a profité pour inviter officiellement Andrew Scheer au prochain défilé de la Fierté à Montréal en août, ce qui serait aussi une première.

L'idée que tout ce qui régit le cinéma se compte en chiffres rend Denys Arcand malade. On parle des films en fonction de leur box-office, pas de leurs qualités, déplore le réalisateur. «Ça pourrit toute notre vie. C'est la même chose pour les livres, c'est la même chose pour tout.» Son nouveau film, La chute de l'empire américain, illustre que les valeurs économiques ont remplacé les judéo-chrétiennes. «Tu crèves l'écran», a dit Guy A. à Maripier Morin, qui fait ses débuts au cinéma dans le rôle de «l'escorte la plus dispendieuse de Montréal». «Cette fille-là, au cinéma, ça serait écoeurant», s'est dit Denys Arcand en la voyant la première fois, en marge d'un tournoi de tennis.

Arcand assume son côté «casseux de party» depuis Le confort et l'indifférence, dans lequel il avait prédit que la souveraineté ne se ferait jamais. «Vaut mieux savoir les malheurs qui s'en viennent plutôt que de rêver», plaide-t-il. Le cinéaste n'a pas vu l'adaptation théâtrale du Déclin de l'empire américain parce qu'il craignait de ne pas aimer ça, et de devoir s'expliquer.

Aucune once d'arrogance chez la boxeuse Marie-Eve Dicaire, qui a remporté sa ceinture de la North American Boxing Federation (NABF) au terme du combat le plus difficile de sa carrière, et le plus sanglant. Sa mère venait d'apprendre qu'elle souffrait d'un cancer peu de temps avant son combat, une mauvaise nouvelle qui l'a stimulée à se battre pour elle. Sa mère a recouvré la santé depuis. C'est parce qu'elle était fan des Tortues ninja qu'elle s'est d'abord intéressée au karaté. La discipline n'étant pas inscrite aux Jeux olympiques, elle a changé pour la boxe, dans l'espoir de s'y rendre. Une blessure l'en a empêchée, elle a plutôt fait le saut chez les professionnels, avec le succès qu'on connaît.

«Ça va pas vendre, y'a pas assez de sexe», a dit Eric Molson à sa belle-fille Helen Antoniou, qui signe la biographie Le retour à la bière…et au hockey – L’histoire d’Eric Molson.» L'épouse d'Andrew Molson a eu l'idée de lancer cette bio pour distraire son beau-père, et démontrer qu'on peut réussir tout en restant intègre. Ce chimiste de métier avait à l'origine créé la Brador, la «plus que bière». Anglophone francophile, il avait quitté Toronto pour revenir à Montréal avec sa famille après l'élection du Parti québécois en 1976, alors que les anglophones faisaient le chemin inverse. En 2009, Eric Molson était contre l'idée de racheter le Canadien de Montréal pour une quatrième fois, jugeant que la rentabilité d'une telle décision allait au gré des coupes Stanley.

Maripier Morin a redescendu l'escalier, vêtu d'une nouvelle robe, pour accompagner son coanimateur du 33e Gala Artis, Jean-Philippe Dion. Celui-ci compte sur la première pour défaire un peu son image d'animateur parfait. «Ma relation avec le public n'a pas été simple», affirme l'ancienne «bitch» d'Occupation double, aujourd'hui deux fois nommée au prochain gala. Au sujet de son jeu Face au mur, Maripier Morin affirme que TVA a le désir de ramener l'émission, mais ignore dans quelle formule. Selon elle, le jeu a réussi sa mission d'inspirer les gens à faire du bien autour d'eux.

«On va battre Bobino!» s'est exclamé Dany Turcotte, pour souligner la longévité de Tout le monde en parle. La grand-messe sera de retour pour une 15e saison le 23 septembre prochain sur ICI Radio-Canada Télé.

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