Lors de son passage à «Tout le monde en parle», la chanteuse Laurence Nerbonne a fait remarquer que seulement 20 femmes apparaissent dans le top 100 des chansons les plus jouées au Québec.

TLMEP: éloquente Laurence Nerbonne

CHRONIQUE / Laurence Nerbonne a certainement offert la meilleure entrevue de la soirée, dimanche à «Tout le monde en parle». Je lui décerne mon étoile du match. Pertinente, éloquente, elle montre son côté «dure à cuire» sur son deuxième album très entraînant, intitulé «Feu». La chanteuse s'étonne que le hip-hop soit si peu exploité au Québec et croit que, pour intéresser les jeunes générations, «va falloir offrir plus de diversité, des choses plus ouvertes sur le monde».

«Appelez dans les radios pour dire ce que vous voulez entendre», affirme celle qui remarque que seulement 20 femmes apparaissent dans le top 100 des chansons les plus jouées au Québec. Lorsqu'il a été question de la déclaration controversée de Louis-Jean Cormier sur la parité dans la programmation des festivals dans La Presse, l'entrevue a dévié sur la question des quotas, «un passage obligé», selon Julie Le Breton. Laurence Nerbonne, qui admet s'être «déjà fait pogner les fesses par un technicien», s'est inspiré d'expériences de son entourage pour écrire la percutante #METOO. «J'ai jamais fait d'argent de mes disques de toute ma vie», a déclaré l'artiste, qui porte un regard très lucide sur son industrie.

Martin Petit trouve indéfendable la position de Gad Elmaleh, qui a plagié de nombreux humoristes, dont lui. «Tu rentres dans une banque, tu voles de l'argent, c'est pas un hommage au système monétaire», a-t-il blagué, parlant de «la pire affaire qu'un humoriste peut faire». À la suite des pressions du ComediHa! Fest, son Grand Montréal Comédie Fest a changé de nom pour le Grand Montréal Comique. À sa deuxième édition, le festival proposera la Coupe du monde du stand-up, à laquelle ne participe qu'un seul pays. «Vous avez pas de règlements?» s'est étonné un Guy A. hilare. Son nouveau spectacle s'intitule «Martin Petit à 107 000 km/h», faisant référence à la vitesse à laquelle la Terre tourne, «une information relaxante» qui nous fait relativiser selon lui. Petit a lu la carte de Dany en feignant le haut-le-coeur: «Si jamais le Grand Montréal Comique se cherche un directeur général, y a un certain Gilbert Rozon qui le ferait bénévolement.»

Entrevue décousue avec Valentine Thomas, qui a abandonné le droit, un travail à Londres et même son conjoint pour partir vivre sa passion pour la pêche en apnée, avec ses deux chiens saucisses. L'influenceuse sur Instagram, qui a une préférence pour les Bahamas et qui n'a pas peur d'affronter les requins, a réussi à rester sous l'eau sans respirer jusqu'à 5 minutes 45 secondes. L'état des océans «est très moche», affirme celle qui voit régulièrement des ballons, des sacs de plastique, des gobelets en styromousse, et même un frigo et des pneus en pleine mer.

«À choisir, j'aime mieux un auteur mort, Racine, Corneille, parce que je décide de tout», affirme Serge Denoncourt, qui vit pourtant une relation professionnelle ouverte mais étroite avec le dramaturge Michel Marc Bouchard, pour une huitième production. Dans La nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé, au TNM, Julie Le Breton jouera une thanatologue connue mondialement, qui revient dans sa ville natale pour embaumer sa mère. «Tu t'es calmé avec les années», a lancé la comédienne au metteur en scène, admettant que la création d'une pièce de théâtre comporte ses moments de tension. «Il n'est pas du tout dans la mesquinerie, dans la méchanceté.»

Denoncourt croit totalement son ami Wade Robson, qui a témoigné des abus sexuels dont il a été victime de la part de Michael Jackson dans un documentaire, et qui a reçu des menaces de mort depuis. Doit-on bannir l'oeuvre de Jackson? Annuler le spectacle du Cirque du Soleil? «Présentement, il m'écoeure, j'ai pas envie», répond Denoncourt, qui admet redécouvrir Claude Jutra, malgré tout. «J'ai vu «Mon oncle Antoine» récemment et j'ai trouvé ça bon.» Il se porte à la défense des Petits Chanteurs du Mont-Royal, à qui la Commission scolaire de Montréal ne permettra plus de fréquenter le Collège Notre-Dame. «Comme toujours, c'est pas les petits garçons riches qui vont en souffrir, c'est les petits garçons pauvres», dénonce-t-il.

L'entrevue avec les chauffeurs de taxi traduisait bien la détresse humaine vécue dans ce domaine avec le projet de loi 17 du gouvernement de la CAQ. Max-Louis Rosalbert, patriarche des chauffeurs de taxi haïtiens, et Abdallah Homsy, porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec, considèrent largement insuffisante la compensation globale de 500 millions de dollars et parlent d'«expropriation». M. Homsy craint qu'Uber baisse ses prix et finisse par étrangler les chauffeurs de taxi. Serge Denoncourt remarque par ailleurs que l'industrie du taxi a beaucoup amélioré son service à la clientèle depuis l'arrivée d'Uber, dont il n'utilise pas les services. «Est-ce qu'on mérite d'être effacés si on s'est améliorés?» demande Abdallah Homsy. «Nous avons une cause juste», déclare Max-Louis Rosalbert, espérant sensibiliser la population, malgré les manifestations qui ont ralenti la circulation en ville.

L'Impact de Montréal, qui remportait son match d'ouverture à domicile samedi, a fait l'objet du dernier segment de l'émission. Le président de l'équipe, Kevin Gilmore, considère que l'Impact doit se comporter comme un club de ligue majeure dans un grand marché, et demande aux joueurs de se montrer davantage au public, comme c'était le cas du milieu défensif Samuel Piette, sur le plateau. L'entraîneur-chef Rémi Garde, qui ne manque pas de vocabulaire, est resté très concis au sujet de son avenir avec l'équipe, dont il discutera prochainement avec la direction. Kevin Gilmore n'a pas voulu se prononcer sur le conflit opposant Bell à TVA Sports, télédiffuseur officiel des matchs de l'équipe. «Ce qu'on voit présentement, c'est commun aux États-Unis», a-t-il tout de même dit.

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