«Tchernobyl», série hautement radioactive

CHRONIQUE / Il y a de cette télé tout aussi utile que déstabilisante. Vous risquez de sortir ébranlé de la minisérie «Tchernobyl», version française de «Chernobyl», qui fait jaser partout sur le globe, sauf peut-être en Corée du Nord. Un produit HBO de grande qualité, déjà vu par plusieurs critiques comme la meilleure série de 2019. Chez nous, l’œuvre a démarré jeudi à 22h à Super Écran, et se poursuivra jusqu’au 4 juillet. La série est aussi disponible sur Super Écran sur demande et Super Écran Go, pour une période d’un an.

Oui, la série de cinq épisodes est techniquement impressionnante et sa reconstitution de la pire catastrophe nucléaire de l’histoire glace le sang. Mais Tchernobyl est d’abord et avant tout une série sur l’aveuglement volontaire et la rapidité des gens d’autorité à vouloir sauver leurs fesses avant tout le reste. Chaque personne qui lève la main pour insinuer que le cœur de la centrale a explosé doit se taire la seconde suivante. Tel l’insubmersible Titanic, le cœur d’une centrale ne peut pas exploser. C’est impossible.

C’était le 26 avril 1986, et nous étions encore dans l’ancienne Union soviétique, un aspect très important de la série. Dès les premières minutes, vous sentirez cet étouffement, ce silence qu’on impose à tout le monde. Même lorsqu’un incendie se déclare à la centrale nucléaire de Pripiat en République socialiste soviétique d’Ukraine, et que les employés sonnent l’alarme, on les sent hésitants. Le chef en place minimise la situation, affirme que ça aurait pu être plus grave, et somme ses hommes de risquer leur peau en se rendant plus près de l’explosion.

Le Britannique Jared Harris, que je connaissais de la série Mad Men, porte une partie de la série sur ses épaules dans le rôle du professeur Legasov, qui ose interrompre une réunion au sommet et soulever l’importance de la catastrophe. On le sent transi par ce silence qu’on impose à tous, y compris les éminents scientifiques. Il tremble lorsque vient le temps de sensibiliser Gorbatchev, alors secrétaire général du Parti communiste, à l’urgence de la situation. Et pourtant, ça presse.

Emily Watson, qui arrive au second épisode, joue quant à elle une scientifique plus autoritaire, fictive bien qu’inspirée de la réalité, qui détecte très rapidement la gravité de l’explosion et l’imminence d’une seconde catastrophe encore plus grave. Alors qu’on avait déjà perdu de précieuses minutes et heures, il fallait du courage et de la détermination pour nager à contre-courant et convaincre des gens qui vous croient folle. Mais c’est l’avenir de toute l’Europe qui en dépendait. Le régime en place ne devrait plus compter, mais les vies humaines.

Tchernobyl est un concentré de ce qui peut se passer quand on ne prend pas les scientifiques au sérieux et qu’on veut les faire taire. Encore de nos jours, il arrive que nos décideurs choisissent de couper les vivres aux scientifiques, disent que ce qu’ils racontent n’existe pas. Chaque fois, on devrait s’en inquiéter.

Le succès de Tchernobyl est compréhensible. Ce que je comprends moins bien, c’est la relance du tourisme sur les lieux depuis la diffusion de la série. Les visites ont bondi de 40 %. La dernière chose dont j’aurais envie, ce serait de me précipiter là-bas, même si on assure que c’est 100 % sûr. Par contre, précipitez-vous sur cette série.

L'automne des grands réseaux

Les différents réseaux ont présenté leurs grilles d’automne à leurs annonceurs. C’est ainsi qu’on apprend qu’à ICI Radio-Canada Télé, Ici Laflaque laissera sa case horaire du dimanche à 19h30 à l’émission Le gros laboratoire de Jean-René Dufort et Marie-Pier Élie, diffusée une première fois sur ICI Explora. Contre Révolution, on se serait attendu à une primeur, mais voyons voir si les folles expériences de ce duo sauront captiver un nouveau public. Si vous n’avez pas vu Le monstre et Plan B sur l’Extra d’ICI Tou.tv, les deux miniséries seront diffusées à la suite dans la case du mercredi à 21h. Le jeu 100 génies avec Pierre-Yves Lord est prévu pour le jeudi à 20h et Faites-moi rire avec Pénélope McQuade, le vendredi à la même heure. Ah oui, le nouveau magazine de Sébastien Diaz, qui prend la relève d’Entrée principale, aura pour titre On va se le dire, en semaine à 16h, en reprise en fin de soirée et en matinée.

À TVA, on loge contre Ruptures la nouvelle série Alerte Amber le lundi à 21h, qu’occupait Le jeu l’automne dernier. Vincent Leclerc et Madeleine Péloquin y jouent des parents dont l’enfant disparaît. Pour sa deuxième et dernière demi-saison, Les invisibles quitte sa case du lundi pour prendre celle du mercredi à 21h, contre Le monstre et Plan B. Ce sera dur pour l’adaptation d’Appelez mon agent, qui n’a pas du tout marché l’hiver dernier. Chose certaine, TVA ne veut plus perdre contre L'épicerie – c'était le cas de XOXO, rappelez-vous – le mercredi à 19h30, où sera logée Léo, la comédie de Fabien Cloutier. Intrigant : deux cases sont encore vacantes, celles de 20h les mardis et mercredis.

À V, la nouvelle quotidienne À table avec mon ex sera diffusée contre District 31, du lundi au jeudi à 19h, tout de suite après Occupation double Afrique du Sud, logée à 18h30. OD sera rediffusée à 21h30, repoussant les séries américaines à 22h, puis le lendemain à midi. La chaîne a acheté Agent Whiskey Cavalier, diffusée sur ABC cet hiver, sur un agent du FBI joué par Scott Foley. Pour l’instant, elle apparaît à la grille le lundi à 22h. Enfin, Télé-Québec déplace Zone franche le lundi à 21h et prévoit un nouveau magazine de cuisine le mardi à 19h30. Sachez qu’il ne s’agit que de grilles de travail et que tout pourrait changer d’ici septembre.