Richard Therrien
«Il faudra que les acteurs se sentent en sécurité, ce sont eux qui auront le dernier mot. Tout dépend du degré de risque qu'une personne soit prête à prendre», affirme Fabienne Larouche.
«Il faudra que les acteurs se sentent en sécurité, ce sont eux qui auront le dernier mot. Tout dépend du degré de risque qu'une personne soit prête à prendre», affirme Fabienne Larouche.

Pas de District 31, à moins que...

CHRONIQUE / Lueur d'espoir pour les fans de District 31 et des séries de fiction, qui ne devront peut-être pas attendre un an avant de retrouver leurs personnages préférés. Il faudra alors que toutes les conditions soient réunies afin de ne mettre en danger la santé de personne.

En entrevue au Téléjournal mercredi, Fabienne Larouche évoquait la possibilité de devoir attendre une année complète avant la reprise. Au Soleil, elle précise qu'il s'agit du pire des scénarios, «à moins qu'on trouve un vaccin, un médicament ou que le coronavirus s'affaiblisse». La condition sine qua non pour que les tournages reprennent: «il faudra que les acteurs se sentent en sécurité, ce sont eux qui auront le dernier mot. Tout dépend du degré de risque qu'une personne soit prête à prendre», affirme la productrice de District 31, Toute la vie et de la nouvelle comédie Sans rendez-vous, mettant en vedette Magalie Lépine-Blondeau.

Aetios Productions, la boîte de Fabienne Larouche et Michel Trudeau, étudie plusieurs scénarios. Dans l'éventualité où les tournages reprendraient, il serait impératif d'isoler en trois différents silos les acteurs, l'équipe technique et les employés de bureau, de façon à réduire au minimum les risques de propagation. «Il faudra tourner chaque scène comme lorsqu'on tourne une scène de nudité et ne garder sur le plateau que les personnes essentielles», explique Fabienne Larouche. Aussi, les acteurs devraient porter un masque durant les répétitions, et il n'y aurait aucune retouche de coiffure et de maquillage entre les prises.

De plus, il y a moyen d'exiger des techniciens qu'ils portent des masques et des visières. Testés régulièrement, les acteurs devraient concéder à prêter leur visage à des maquilleuses portant une visière. Toutes ces précautions pourraient être considérées par les compagnies d'assurances, qui n'accepteront pas autrement d'offrir quelque dédommagement que ce soit.

La productrice précise tout de même qu'il y a des limites à ce qu'on peut faire pour organiser un plateau en conséquence, sans que le produit fini ne soit appauvri. «On ne peut pas revenir au temps de Marilyn, avec un seul lieu et trois personnages. Les téléspectateurs vont s'en rendre compte. On ne peut pas dénaturer ou travestir l'oeuvre d'un auteur», explique-t-elle. D'autre part, cela implique des coûts supplémentaires et peut-être moins d'épisodes. District 31 contient des arrestations musclées, des batailles, et occasionnellement des scènes d'amour, qui pourraient difficilement être biffées du scénario. La productrice ne voit pas comment on pourrait exiger des acteurs qu'ils se tiennent à deux mètres de distance. Il n'est pas question non plus d'inclure la pandémie aux scénarios, pour justifier leur éloignement.

Là où les choses se compliquent, c'est qu'une reprise des tournages pourrait impliquer que les acteurs se mettent en quarantaine deux semaines avant un tournage, puis durant les enregistrements, ce qui est pratiquement impossible à envisager. Autrement, si l'un d'eux devait contracter la COVID-19, il faudrait alors interrompre le tournage pour une période de 14 jours, ce qui entraînerait des retards et des coûts supplémentaires. À la limite, on peut modifier un scénario, mais on ne peut pas remplacer un acteur vedette quand bon nous semble. Tourner dans le désordre devient alors hasardeux, s'il fallait tout arrêter.

Le milieu de la production télévisuelle observe entre autres les options envisagées aux États-Unis, où on évoque l'utilisation de panneaux de plexiglas pour isoler les acteurs, qu'on retirerait au montage. Mais le Québec a-t-il les moyens financiers pour se permettre un tel procédé? Fabienne Larouche en doute fortement.

Comme dans toute la profession, la productrice observe chaque jour l'évolution de la situation, et se donne jusqu'au 15 juin pour décider d'une reprise des tournages en juillet ou août. «Mais quand on va avoir le go, on va être prêts à commencer», promet-elle. Dans le meilleur des scénarios, Aetios pourrait tourner toute la première saison de Sans rendez-vous en 25 jours, un premier bloc d'épisodes de District 31 de juillet à octobre, ce qui comblerait les fans jusqu'à Noël, de même que les 12 prochains épisodes de Toute la vie. Croisons-nous les doigts... sans trop gonfler nos attentes!

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.