Netflix rencontrera les producteurs québécois

CHRONIQUE / Les producteurs québécois auront enfin l’occasion de vendre leur salade à Netflix. Dans les prochaines semaines, le géant américain déléguera plusieurs de ses directeurs à les rencontrer à Montréal pour discuter d’éventuels partenariats, a annoncé la directrice des productions originales jeunesse chez Netflix, Dominique Bazay.

L’ancienne directrice de la programmation de VRAK, qui a quitté le Québec pour œuvrer chez Netflix en Californie il y a bientôt trois ans, a procédé à cette annonce mercredi, durant une conférence du congrès de l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM) à Gatineau, devant un parterre de producteurs attentifs. Il s’agissait probablement de la conférence la plus attendue de ce congrès, où le nom de Netflix est sur toutes les lèvres. «On veut créer de bonnes relations avec vous. Le secret du succès d’une bonne série, c’est la qualité de nos relations», affirme Mme Bazay, consciente que la présence et le succès de Netflix ont pu créer des frustrations parmi le milieu de la télévision au Québec. Interrogés par l’ancienne patronne chez Astral, Judith Brosseau, qui animait la conversation, Mme Bazay et son collègue aux productions originales internationales, Felipe Tewes, n’étaient pas là pour aborder la question politique d’une éventuelle taxe imposée à Netflix, mais bien pour répondre aux interrogations des producteurs et de gens de l’industrie, qui souhaitent voir leurs émissions et leurs films atterrir sur ce service de vidéo en ligne.

Tout le monde était resté sceptique quand la ministre Mélanie Joly avoir conclu une entente l’automne dernier pour que Netflix s’engage à investir 500 millions $ sur cinq ans dans la production originale au Canada. Plusieurs s’étaient alors demandé quelle serait la part réservée au contenu francophone. Dominique Bazay ne voit pas pourquoi le Québec ne serait pas considéré à sa juste valeur lors de l’attribution de ces investissements au pays. «Nous avons un écosystème qui a créé des visionnaires, des passionnés de bonnes histoires, et c’est exactement ce que cherche Netflix», dit-elle. Sans pouvoir confirmer que cette somme sera entièrement consacrée à du contenu original, elle affirme que le nombre de 500 millions $ n’est qu’un minimum à ce que Netflix compte investir chez nous en production. On verra toutefois si ces rencontres seront fructueuses et se concrétiseront par de réels partenariats entre Netflix et les producteurs francophones du Québec, mais aussi de tout le pays.

Mais comment charmer l’empire avec nos humbles moyens? Felipe Tewes suggère aux producteurs de ne pas essayer de tenter d’universaliser leurs histoires, de se fondre à la masse, mais au contraire de rester authentiques, voire même d’aborder des enjeux très locaux. Dominique Bazay a cité le film Les affamés, de Robin Aubert, dont Netflix vient d’acquérir les droits internationaux, mais aussi la série documentaire Making A Murderer, un succès mondial qui a charmé ses adeptes par petits groupes au début.

LEGAULT AU CLUB ILLICO

Claude Legault sera la vedette d’Appelle-moi si tu meurs, une série produite par Zone3 pour le Club illico, qu’il cosignera avec son complice de Minuit le soir et de Dans une galaxie près de chez vous, Pierre-Yves Bernard. La présidente et chef de la direction de Groupe TVA et chef du contenu de Québecor Contenu, et la présidente et chef de la direction de Vidéotron, Manon Brouillette, ont profité du congrès pour dévoiler cette annonce, ainsi qu’un accroissement des investissements en production originale au Club illico. D’une seule série québécoise à sa création il y a cinq ans, la plateforme est passée à cinq par année. Aucun détail sur l’histoire de cette nouveauté n’a été révélé.

Fortes du succès de leurs grandes séries Blue Moon et Victor Lessard, et de leur contenu original jeunesse et documentaire, Mmes Lauzière et Brouillette ont aussi annoncé que le Club illico investirait désormais dans la production de longs métrages québécois, dont au minimum trois seulement cette année. Prête à recevoir les projets et surtout à la recherche de fictions, l’entreprise a déjà analysé certaines propositions. Ces films seront disponibles sur toutes les plateformes du groupe, en primeur sur le Club illico.