L’auteur et acteur de «C’est comme ça que je t’aime», François Létourneau, en compagnie des principaux membres de la distribution de cette nouvelle série, à savoir Marilyn Castonguay, Patrice Robitaille, Karine Gonthier-Hyndman et Sophie Desmarais.

Les tueurs de Sainte-Foy

CHRONIQUE / Vous avez aimé «Les invincibles» et «Série noire»? On annonce «C’est comme ça que je t’aime», du duo Létourneau-Rivard, comme un genre hybride entre les deux séries, combinant les affres de la vie de couple à la criminalité. Une fausse histoire vraie, qui se passe à Sainte-Foy en 1974.

Transportons-nous chez les Delisle et les Paquette, deux familles de banlieue conservatrices, de classe moyenne. «C’était des années où tout était possible, mais où les carcans sociaux étaient encore très forts», souligne l’auteur François Létourneau, lui-même natif de Sainte-Foy. Après avoir reconduit leurs enfants au camp de vacances, les parents décident de devenir les criminels les plus meurtriers de l’histoire de la région de Québec. Une prémisse aussi tordue qu’intrigante, et surtout, l’annonce d’un condensé d’humour noir, à l’image de ce duo de grand talent.

En plus d’écrire, François Létourneau joue un des rôles principaux, Gaétan, dans cette comédie de 10 épisodes, qui sera disponible sur l’Extra d’ICI Tou.tv à l’hiver 2020. Alors que Micheline (Karine Gonthier-Hyndman), épouse de Serge (Patrice Robitaille), est chargée de cours à l’Université Laval, Huguette (Marilyn Castonguay), la femme de Gaétan, enceinte, est femme au foyer, mais insatisfaite de son sort. «C’est son malheur qui sert de bougie d’allumage à l’histoire. Elle se découvre une fibre criminelle qu’elle ne soupçonnait pas», raconte l’auteur. Sophie Desmarais servira de cinquième roue au carrosse dans un rôle plutôt énigmatique.

C’est comme ça que je t’aime est aussi le titre d’un succès de l’été 74, du chanteur Mike Brant, qui s’est suicidé l’année suivante. François Létourneau écrit cette fois seul le scénario, alors que Jean-François Rivard conserve le titre de réalisateur. Nouveau papa, celui-ci a préféré se consacrer à sa fille plutôt que de mettre tout son temps à l’écriture d’une série. On retrouvera néanmoins le style qui a tant fait plaisir aux fans dans leurs deux premières œuvres.

L’année 1974, c’est aussi la Superfrancofête, le p’tit Simard (qu’on verra de dos), les grands travaux de la Baie James, la loi 22 sur la langue officielle, et Robert Bourassa, premier ministre de l’époque, dont Gaétan est un des lointains conseillers, un poste qui ne le satisfait guère. Jean-François Rivard insiste : C’est comme ça que je t’aime n’est pas une fresque historique qui déborde de détails sur les années 70. Bien sûr, on le verra dans les coiffures et les habits, et il se peut que vous aperceviez un sac de Steinberg, mais c’est d’abord et avant tout une série sur la difficulté d’être en couple.

Hélas, comme plusieurs séries situées dans la région de Québec — c’est le cas de La maison bleue notamment —, la majorité du tournage aura lieu en périphérie de Montréal, notamment à Boucherville, qui se compare à Sainte-Foy selon le réalisateur. On passera néanmoins au maximum trois jours dans la capitale. La pyramide ayant été construite en 1974, le réalisateur pourrait y tourner au moins une scène.

À quelques semaines du tournage, François Létourneau arbore déjà la moustache. L’idée de la série lui est venue en allant mener son propre fils au camp de vacances. Pour la première fois, son couple se retrouvait seul sans enfant. La scène lui a rappelé sa propre enfance, alors que ses parents avaient annoncé leur séparation à son retour de camp de vacances, un événement qui a bien sûr marqué l’enfant qu’il était. Là s’arrêtent les liens avec la réalité, puisque les parents de François n’ont jamais tué personne, on s’en doute bien.

Avec cette série, François Létourneau souhaitait donner plus d’importance aux personnages féminins. En tournant Série noire, il s’était senti mal en remarquant qu’Édith Cochrane se limitait souvent à poser la question : «Mais qu’est-ce qui se passe?» Son personnage jouait les faire-valoir plus qu’autre chose, ce qu’il voulait éviter cette fois, de là l’importance majeure des trois rôles de femmes.

La série nous permettra aussi de revoir René Richard Cyr dans le rôle d’un caïd de petite envergure et Chantal Fontaine, dans celui de son épouse, chargée de la comptabilité. François Létourneau et Patrice Robitaille retrouvent également leurs compères des Invincibles, Rémi-Pierre Paquin et Patrick Drolet, ce dernier dans le rôle du curé. Gaston Lepage, Jean-François Provençal et Mani Soleymanlou font aussi partie de la distribution.

Du monde à messe

La première de la saison de Y’a du monde à messe a rallié 168 000 téléspectateurs, vendredi à Télé-Québec. Comme vous avez été plusieurs à me le demander, l’émission à laquelle a participé Lucien Bouchard sera diffusée le vendredi 28 juin à 21h. Elle réunit également Pénélope McQuade, Marie-Ève Dicaire, Luc Vincent et Émile Bilodeau.