Oneika Raymond juge que la diffusion de vidéos en direct ajoute de l'authenticité à ses récits et lui permet d'interagir avec ceux qui la suivent dans ses périples.

Réseaux sociaux: la diffusion en direct poursuivra sur sa lancée

Oneika Raymond documente ses voyages autour du monde depuis plusieurs années, mais la blogueuse et globe-trotteuse canadienne affirme que la diffusion en direct sur les réseaux sociaux a révolutionné sa manière de raconter ses aventures.
Née à Toronto mais établie à New York, Raymond a parcouru plus de 90 pays en publiant des photos et en rédigeant des articles pour que ses lecteurs l'accompagnent vers chaque destination.
Or, elle peut maintenant, en quelques clics sur son téléphone intelligent, ouvrir une fenêtre sur ses excursions pour ses quelque 28 000 abonnés Facebook. Elle juge que la diffusion de vidéos en direct ajoute de l'authenticité à ses récits et lui permet d'interagir avec ceux qui la suivent dans ses périples.
En 2016, les réseaux sociaux Facebook et Instagram ont rejoint Twitter sur la vague de la diffusion en direct.
À son lancement, en avril, la fonction Facebook Live a été décrite comme le fait d'avoir « une caméra de télévision dans sa poche ».
Quelques mois plus tard, Philando Castile était abattu par un policier au Minnesota, devant la caméra de sa petite amie, Diamond Reynolds, qui a transmis les images de la tragédie en direct.
« Je pense que ça témoigne de l'impact que la technologie peut avoir sur la conscience du public, et comment, jusqu'à un certain point, elle peut être utilisée à bon escient parce que ça fait en sorte que les gens prennent connaissance des enjeux et des problèmes systémiques », avance Patrick O'Rourke, du site de technologie MobileSyrup.
En plus d'incarner une plateforme pour les journalistes, politiciens et militants, la diffusion immédiate peut permettre le partage de vidéos plus badines.
« On a seulement besoin d'un téléphone et d'une application, et on peut diffuser en direct immédiatement. Ce n'était pas le cas il y a seulement quelques années », souligne M. O'Rourke.
Selon Facebook, l'équivalent de onze ans de vidéo en direct est visionné quotidiennement au Canada.
Le directeur de produit de Facebook, Daniel Danker, indique que la diffusion en direct continuera d'évoluer en 2017. Ses utilisateurs peuvent maintenant ajouter leurs « amis » pendant une diffusion et partager des vidéos « immersives » de 360 degrés capturant un large éventail d'angles.
Impact sur la vie privée
Selon le professeur de droit à l'Université d'Ottawa Michael Geist, la popularité de cet outil numérique n'a rien d'étonnant, mais a déjà un impact significatif sur la protection de la vie privée.
« Honnêtement, nous avons atteint depuis longtemps le stade où les caméras sont toujours en marche », souligne M. Geist, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit d'internet et du commerce électronique.
« Je crois qu'à ce stade-ci, nous nous attendons à ce que quelqu'un ait enregistré quelque chose, peu importe l'événement ou le lieu, poursuit-il. Les impressions de "Big Brother" que les gens avaient souvent imaginé avec le gouvernement en tant qu'entité omniprésente... Finalement, nous faisons le travail du gouvernement pour lui. »
Un sondage mené au mois d'août par le Solutions Research Group indique que 59 pour cent des adolescents et 55 pour cent des jeunes de la génération du millénaire avaient utilisé la vidéo en direct au cours du dernier mois.
Le président de la firme torontoise, Kaan Yigit, prédit que d'ici six à huit mois, chaque média social sera doté d'un outil de diffusion vidéo en direct.