Mélanie-Karine Dubé présente sa toute première exposition, <em>Recycl’Arbre</em>, au nouveau café des artistes Le Très-Art de Farnham jusqu’au 29 août.
Mélanie-Karine Dubé présente sa toute première exposition, <em>Recycl’Arbre</em>, au nouveau café des artistes Le Très-Art de Farnham jusqu’au 29 août.

Recycl’Arbre: une forêt de chiffons

Marie-Ève Lambert
Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est
Donnez à Mélanie-Karine Dubé un vieux cadre chiné dans une vente de garage, un drap élimé, un restant de peinture quelconque et beaucoup de colle, et elle fera pousser un arbre. Puis un autre. Et encore un autre.

En fait, c’est toute une forêt qu’elle nous présentera à compter du 6 août lors de sa toute première exposition intitulée Recycl’Arbre. Trente-quatre tableaux en tout, en trois dimensions, accrochés sur les murs du nouveau café des artistes Le Très-Art, installé depuis une semaine au 350-B rue Principale Est à Farnham.

Il y en a de toutes les sortes. Des feuillus, des conifères. Des petits, des grands. Des arbres en fleurs, d’autres dépourvus de feuilles. Un saule pleureur, des bouleaux, un pommier... «L’arbre, c’est le symbole de soi, de l’autre, de la famille, de la vie elle-même. Il s’enracine dans son environnement et évolue au gré du temps qui passe», expose l’artiste en guise de métaphore.

Séduite par le textile

L’art a toujours été présent dans la vie de cette enseignante de français à l’école secondaire J.-H.-Leclerc. Après avoir exploré différents médiums, c’est le textile qui l’a interpellée.

«Je savais déjà le manier, ayant un passé de conception de costumes. J’aime le tissu. J’aime le toucher. Je suis fascinée par son mouvement, il est à la fois influencé par mes gestes et par sa propre fibre», explique-t-elle.

Après cinq ans de travail, grâce à la pression de certains proches et une heureuse rencontre, Mélanie-Karine Dubé est maintenant prête à exposer ses oeuvres au grand public.

À partir d’un vieux drap ou d’une vieille nappe, elle sculpte racines, branches, tronc et tout ce qui compose le tableau avant d’imbiber son oeuvre de plusieurs couches de colle — jusqu’à huit! — pour solidifier le tout. Elle peint ensuite sa création grâce à «n’importe quel restant de peinture qu’on me donne», et y ajoute parfois quelques accessoires — des morceaux de moustiquaires pour les feuilles, des perles de colliers pour les pommes, de minuscules bouts de bois pour former une échelle, etc.

«Tout est fait à partir de matières recyclées. Je fais de l’art écoresponsable», indique-t-elle.

Ses premières créations possédaient toutes un fond. «Les toiles avec fond sont des tableaux réalisés à partir d’une seule pièce de tissu que je façonne pour former un arbre. C’est la contrainte que je me donne parce que la contrainte crée l’imaginaire. Je suis obligée de composer avec les limites du tissu qui me révèle alors toutes ses possibilités», laisse-t-elle savoir.

Tranquillement, de fil en aiguille, son style a toutefois quelque peu évolué, de sorte qu’aujourd’hui, elle crée surtout des tableaux sans fond et des arbres qui sortent du cadre.

«Les toiles sans fond sont des cadres auxquels des arbres s’accrochent. Il fut un temps où les cadres étaient importants dans ma perception du monde. Aujourd’hui, mes branches sont beaucoup plus libres. Elles débordent souvent du cadre et elles font ce qu’elles veulent parce que l’art, c’est la liberté», dit-elle.

Première exposition

Après cinq ans de travail dans son sous-sol, grâce à la pression de certains proches et une heureuse rencontre, Mélanie-Karine Dubé est maintenant prête à exposer ses oeuvres au grand public. Elle procédera au vernissage de sa toute première exposition le 8 août, de 13h à 16h.

Recycl’arbre sera accrochée au Très-Art du 6 au 29 août, et il sera possible de rencontrer l’artiste sur place durant cette période les jeudis, vendredis et samedis de 16h à 19h.