La peintre Rébecca Brilvicas

Rébecca Brilvicas: Japon mon amour

Le Japon exerce une véritable fascination sur la peintre Rébecca Brilvicas, qui aura tout le loisir d’en profiter, elle qui passera prochainement 51 jours au pays du Soleil levant.

La jeune femme vivra cette singulière aventure à la faveur d’une résidence artistique dans la ville de Komoro, située à environ deux heures de route de Tokyo. « C’est un endroit pas très touristique où je m’installerai du 20 janvier au 20 février prochain. Je vais vivre dans une auberge avec d’autres artistes », explique Rébecca, dont le pied-à-terre est à Bromont, mais qui réside actuellement à Sutton.

À 28 ans, elle vivra sa toute première expérience du genre. « Il faut travailler fort pour être acceptée dans une résidence artistique. J’ai ciblé le Japon, car j’ai l’impression que ça peut me permettre de créer un dialogue intéressant avec d’autres artistes venus d’ailleurs. Et surtout parce que je veux en apprendre plus sur l’art de style zen », ajoute-t-elle.

Les Baleines, l'une des oeuvres de Rébecca Brilvicas

C’est cette approche que la peintre explore, à travers l’abstraction. Ses œuvres en noir et blanc sont réalisées à l’encre de Chine sur du papier de riz cousu à la main sur du jute. « Je veux, à travers la méditation, faire ressortir l’essence du moment présent. Je voulais voir ce qui sortait de mon imaginaire, sans filtre, et de la façon la plus pure possible. Ça donne des tableaux très contrastés. »

Dans ces taches d’encre abstraites, « les gens peuvent y voir ce qu’ils veulent », fait remarquer Rébecca.

Amour de jeunesse

Sa passion pour le Japon n’est pas banale. Elle date en fait de sa jeunesse, à l’époque où son père s’y rendait souvent par affaires.

« J’ai déjà visité le pays et je suis présentement des cours de japonais pour mieux communiquer avec les locaux. J’aime l’Asie, mais j’ai une attirance particulière pour le Japon. C’est un endroit intense, à la fois très avancé et très ancré dans ses traditions. »

Au-delà de sa démarche personnelle de création, elle compte donc profiter de son séjour pour aller à la rencontre du peuple. Comment ? Le projet n’est pas encore défini, mais il pourrait prendre la forme d’un événement parmi la communauté de Komoro. La peintre esquisse un début d’idée. « Il y a une grande tradition de calligraphie au Japon. J’aimerais inviter les gens à vivre une nouvelle expérience avec moi, à expérimenter la calligraphie de manière plus instinctive, en déliant le côté préconçu de cet art ancien, en leur permettant de trouver leur propre gestuelle. »

Bref, Rébecca Brilvicas attend 2020 avec impatience. À son mois de résidence officielle, elle ajoutera plusieurs jours d’immersion qui, croit-elle, devraient nécessiter un budget total estimé entre 3500 $ et 4600 $. Pour alléger la facture, elle a notamment fait une demande d’aide financière à la Ville de Bromont.

« J’espère revenir de là-bas en ayant vécu une expérience enrichissante, à la fois pour ma carrière artistique et pour moi-même. J’aimerais que ça m’aide à consolider ma pratique », confie l’artiste multidisciplinaire, en disant espérer que cette première résidence ne soit pas la dernière.

Une des oeuvres de l'artiste