Raymond Cloutier en pleine séance de narration chez lui.
Raymond Cloutier en pleine séance de narration chez lui.

Raymond Cloutier, la «voix» de Louise Penny

Lorsque son fils Jules était enfant, Raymond Cloutier lui faisait la lecture avant le dodo... en plongeant longuement avec lui dans les Harry Potter et en poursuivant parfois l’histoire même si le petit était endormi! Imaginez le plaisir qu’il a aujourd’hui à faire la narration des romans policiers de Louise Penny.

Depuis novembre dernier, le comédien à la voix d’or s’amuse comme un fou en racontant les histoires traduites en français de la romancière de Lac-Brome, même s’il admet qu’il ne connaissait «pas beaucoup» son oeuvre avant de s’y lancer.

«J’avais lu quelques livres d’elle en anglais. Je n’avais pas tout lu. Mais j’ai tout de suite senti quelque chose en me mettant à la narration.»

Raymond Cloutier n’était pourtant pas très familier avec le rôle de narrateur; il n’avait enregistré que le roman Les yeux tristes de mon camion de Serge Bouchard.

Invité en audition pour devenir la «voix» francophone de Louise Penny, l’homme de théâtre n’a pas choisi la facilité. L’extrait qu’il a lu mettait notamment en scène un canard, qu’il n’a pas hésité à imiter! Il semble que la démonstration ait plu à la principale intéressée. «C’est Louise Penny elle-même qui m’a choisi. J’ai trouvé cela très flatteur», dit-il.

«J’adore faire ça. J’ai toujours aimé la partie verbale du jeu d’acteur, j’ai fait beaucoup de radio, alors j’ai vraiment du plaisir en ce moment. D’autant plus que ses histoires sont amusantes à raconter.»

«Il y a beaucoup d’humour dans les livres de Louise, ajoute-t-il. Certaines choses me font penser à l’auteure Donna Leon, dont les histoires se passent toutes à Venise. Ce sont deux femmes très gourmandes, qui intègrent dans leurs livres de la bouffe et des recettes.»

Quant aux paysages et aux lieux des romans de Louise Penny, le Suttonais d’adoption croit les connaître par coeur. Le village imaginaire de Three Pines et ses alentours, de fait notoire, sont inspirés de la grande région de Lac-Brome et des Cantons-de-l’Est.

«Je me suis marié au Manoir Hovey, alors quand elle décrit cet endroit, notamment, j’ai l’impression d’y retourner.»

Studio maison

À ce jour, Raymond Cloutier a prêté sa voix à quatre des livres de la romancière, au rythme d’environ un par mois. Il se penche actuellement sur le cinquième. Il est d’ailleurs fort probable qu’on l’entende sur toutes les traductions françaises.

Mais après quelques mois de travail dans les studios d’Audio Z à Montréal, il a bien fallu que Raymond Cloutier retourne dans ses terres. Pandémie oblige, c’est maintenant de sa résidence qu’il met en paroles les textes de Louise Penny.

«Ils ont installé tout l’équipement nécessaire pour me permettre de continuer à enregistrer à la maison. Finis les allers-retours Sutton-Montréal!»

Entre 7h et midi, «parce que la voix est meilleure le matin», il se met à la tâche. «Je découvre l’histoire à mesure que je la lis. Et j’ai toujours hâte de me lever pour connaître la suite», lance-t-il en riant.

Aussi agréable soit-elle, la narration littéraire demande néanmoins une concentration de tous les instants. Maintenir le ton juste, interpréter différents personnages, varier les voix, ne pas s’enfarger dans les mots... Raymond Cloutier avoue que oui, il lui arrive de se tromper et de devoir recommencer.

«Les traductions nous surprennent parfois... Mais il faut que tout soit impeccable», glisse-t-il, en précisant que seul le son de sa voix occupe l’espace. Aucun bruit ambiant ne vient enrober le récit.

«Car il faut laisser à ‘‘l’écouteur’’ le plaisir d’imaginer, de réaliser ses propres images.»

Ces livres audio sont disponibles sur le site Audible.ca