À Lac-Brome, Lulu Hughes montera sur scène avec cinq musiciens. Ensemble, ils joueront l’album Pearl intégralement. « On se permet aussi d’autres chansons de Janis et des pièces qu’elle aimait », dit-elle, en précisant qu’elle ne cherche pas à « l’incarner ».

Quand Lulu rencontre Janis

Quand Lulu Hughes chante la légendaire Janis Joplin, elle « retrouve ses amours d’adolescence ». « Quand j’étais jeune, que je n’avais peur de rien, ni du diable, ni du Bon Dieu et qu’il n’y avait rien à mon épreuve. Cette fougue-là, je l’avais un peu perdue au cours des dernières années. Alors, quand je fais ce spectacle, je me sens comme je me sentais quand j’étais jeune. Ça me ramène à cette époque », confie l’artiste.

C’est donc une Lulu Hughes vibrante et en pleine possession de ses moyens qui se présentera sur la scène du Théâtre Lac-Brome vendredi dans le cadre du nouveau festival Nos weekends Knowlton. Son spectacle Lulu Hughes chante Janis Joplin témoigne de l’admiration sans bornes qu’elle voue à cette icône des années 60.

« J’ai fait beaucoup de recherche sur Janis. Elle n’est pas juste la fuckée morte d’une overdose. C’était une femme de lettres extrêmement brillante, première de classe, politisée... »

Cette connexion avec Janis, elle la ressent depuis l’enfance. L’album Pearl, raconte-t-elle, est sorti en 1971, l’année même où Lulu perdait son père. « Il s’appelait Bobby, comme dans la chanson Me and Bobby McGee. Ma mère faisait jouer cette chanson en boucle, en chantant à s’arracher les poumons et en pleurant. J’ai un gros lien avec cette chanson ; je l’ai vite apprise. Pour moi, Janis, c’était LA chanteuse. »

Le lien, cependant, s’arrête là. « La différence, c’est que je n’ai jamais été fuckée ! Je suis aussi une écorchée vive, mais je l’ai géré différemment. Je n’ai jamais tripé sur la drogue, j’ai toujours aimé être lucide et en contrôle. »

À Lac-Brome, elle montera sur scène avec cinq musiciens. Ensemble, ils joueront l’album Pearl intégralement. « On se permet aussi d’autres chansons de Janis et des pièces qu’elle aimait », dit-elle, en précisant qu’elle ne cherche pas à « l’incarner ».

Ce rendez-vous, ajoute Lulu, s’adresse autant aux inconditionnels de Janis Joplin qu’à ceux qui la connaissent moins. « Les gens vont découvrir une belle et grande chanteuse. »

La vie après la maladie
Lulu Hughes ne l’a pas eu facile ces dernières années. Après avoir appris que sa mère était atteinte du cancer du sein, elle-même a dû affronter cette maladie. Sa mère est décédée l’an dernier, mais Lulu a réussi sa « traversée du désert ».

Normal qu’on prenne des nouvelles de sa santé. « Ça va super bien ! », assure celle qui a fêté son 51e anniversaire de naissance cette semaine.

En 2016 et 2017, elle a dû, par la force des choses, mettre un peu sa carrière en veilleuse. Quand on lui demande si elle a craint d’être oubliée du public, elle répond du tac au tac. « J’ai eu cette crainte bien avant ça ! Mais, au contraire, j’ai reçu beaucoup d’amour, d’appui. J’ai été choyée d’avoir autant de monde autour de moi », dit-elle. Ce qui n’est pas le cas de tous les patients, déplore Lulu.

Bien qu’elle ait toujours pris un soin jaloux de sa vie privée, elle a donc choisi de se dévoiler davantage. « J’ai décidé de parler de ma maladie. Je trouve important d’apporter de l’aide et de l’information aux gens qui n’en ont pas, qui ont peur ou qui sont seuls. Je veux leur montrer qu’on s’en sort quand on fait les bonnes choses et qu’on n’est pas ‘‘fini’’. Je veux montrer — aux femmes, entre autres — que la vie continue. »

Naturellement, la maladie — et la guérison — a remis certaines choses en perspective. « Dans mon cas, ça m’a aidée à régler plein de choses. La première affaire que j’ai faite, c’est d’accepter l’état des choses. Avant, je n’acceptais pas de me faire dire non. J’étais toujours en train de débattre mon point. Mais j’ai appris que la vie n’est pas un combat. Psychologiquement, émotivement, mieux vaut être dans une belle, belle place. »

Elle a aussi fait du ménage dans sa vie. « Je le dis à tout le monde. La première chose à faire, c’est une thérapie avec un bon psychologue. Ça fait partie du processus, ça fait du bien, ça libère pour laisser plus de place pour la lumière. »

Et sa voix là-dedans ? « Elle revient ! La radiothérapie a affaibli mon diaphragme et la chimiothérapie affectait les muqueuses. Ça rendait ma voix plus rauque. J’ai recommencé à suivre des cours de chant pour la rééduquer. »

On n’a pas à s’inquiéter outre mesure : dans le clip que Lulu Hughes a dévoilé en début d’année, On ne s’aime plus, tourné en toute simplicité en Écosse et en Irlande avec un ami, on constate que la dame est encore très en voix...

Des projets
D’ailleurs, Lulu Hughes chante Janis Joplin n’est pas le seul projet qui occupe l’artiste. Elle travaille présentement sur un spectacle rétrospectif intitulé Hughes Brothers and Sisters dans lequel elle partagera le micro avec ses frères Rick et Dan, notamment.

La chanteuse, qui possède une formation de comédienne, attend également des réponses pour un « gros projet de télévision ». « Ça a l’air bien parti ! », lance-t-elle en croisant les doigts.