L’artiste de Knowlton, Horta Van Hoye, utilise les restes de rouleaux de papier journal des presses de La Tribune et La Voix de l’Est pour confectionner ses oeuvres.

Quand la musique et le papier dialoguent

Du papier, un violoncelle et un tympanon, instrument typique des Andes… Il n’en faut pas plus à Horta Van Hoye pour se réinventer sur scène dans un spectacle unique, présenté en primeur et exclusivité à la salle Alec et Gérard Pelletier ce samedi 13 avril.

L’artiste résidant à Knowlton crée d’immenses sculptures de papier depuis une trentaine d’années. Elle se produit ici comme à l’étranger – en Europe, en Australie, en Amérique du Sud – et est déjà passée par la petite salle de la rue Maple à deux reprises.

Mais c’est la toute première fois qu’elle expérimentera la création en direct aux côtés de deux musiciens. « C’est à la fois un beau défi et une belle joie », dit-elle au bout du fil dans un français impeccable, mais teinté d’un fort accent charmant comme tout.

Ce spectacle qu’elle viendra présenter à Sutton samedi est en fait une adaptation de ce qu’elle prépare dans le cadre de sa résidence à la Chapelle historique du Bon Pasteur, à Montréal.

Pour ce faire, la Flamande de Belgique a invité deux amis suisses, Barbara Schirmer et Carlo Niederhauser, à dialoguer artistiquement avec elle.

« On s’accompagne mutuellement. Ils ont leur répertoire de musiques, j’ai mon répertoire de sculptures, expose-t-elle. Et à partir de ça, on crée un dialogue, une interaction qui est tantôt placée, tantôt expérimentale et improvisée. »

« C’est une rencontre des mondes », résume-t-elle.

Musique et écologie

Chacun des membres du trio fera donc vibrer l’auditoire à sa façon, avec son instrument. « Le papier, c’est mon instrument à moi, fait valoir la sculptrice, qui a choisi ce médium après en avoir expérimenté des plus traditionnels, dont la terre glaise, le béton et le bois.

Et dans ses mains, la matière devient réellement un instrument, précise-t-elle, car elle s’en sert non seulement pour façonner ses immenses personnages, mais également des sons, qui s’harmonisent à ceux du violoncelle et du tympanon.

Le seul nom de ce dernier suffit à piquer la curiosité. Instrument à cordes de la famille des cithares, il a connu une très courte heure de gloire, aux XVIIe et XVIIIe siècles. On y frappe ses cordes à l’aide de marteaux plutôt que de les pincer. Il est en quelque sorte l’ancêtre du clavecin et du piano. «Celui que Barbara utilise pour le spectacle est une variation de l’instrument original», indique Mme Van Hoye.

Cette dernière fait par ailleurs valoir que ses œuvres ont quelque chose d’écologique puisqu’elle se sert des restants des rouleaux de papier journal des presses de La Tribune et La Voix de l’Est pour créer ses œuvres.

«Il reste toujours environ un pouce (d’épaisseur) de papier sur chaque rouleau qui est inutilisable pour eux. On me les réserve, et c’est à partir d’eux que je fabrique mes personnages.»