Maggy Flynn devant le résultat final de son projet
Maggy Flynn devant le résultat final de son projet

Punch ta pause: l’artiste Maggy Flynn valorise l’humain derrière la machine

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
Cette semaine, l’artiste Maggy Flynn revenait à Granby pour réaliser l’étape finale de son projet Punch ta pause, amorcé il y a deux ans. Après trois séjours de résidence artistique dans le parc industriel, la jeune femme mettait la touche finale, jeudi, à son installation-photo sur un mur extérieur de l’usine Coroplast.

Le visiteur ne risque pas de la manquer. Sur l’immense bâtiment blanc, tout un angle est consacré à l’exposition de 16 photographies de grand format montrant autant de travailleurs croqués dans leur position de travail. Mais sans les machines qui les accompagnent généralement.


« Je veux rendre hommage à ces gens qui subviennent aux besoins de leurs familles. Ce sont eux qui font rouler l’économie. On ne voit jamais ces travailleurs, même s’ils sont à la base de ce que nous consommons. »
Maggy Flynn

Un homme en équilibre sur ses jambes pliées pour mimer son emploi de camionneur, un autre les bras tendus vers le ciel comme s’il tenait une feuille de Coroplast... Même le patron de l’usine a joué le jeu. Sa position : les bras grand ouverts avec l’air de dire « Je fais tout ici! » Et sous chacun de ses sujets, elle a pris soin d’indiquer l’heure où ce geste a été immortalisé.

Dans ce brouhaha quotidien, réglé au quart de tour, pas facile d’attirer leur attention. Mais postées près de l’usine sur leur amusant camion/atelier, l’artiste et sa fille Mila ont réussi à piquer la curiosité des ouvriers. Un lien s’est créé. Et Maggy en a convaincu plusieurs de prendre quelques minutes de leur pause pour prendre la pose.

«C’est une exposition humaine. Je montre les travailleurs de l’ombre au grand jour, explique Mme Flynn, encore surprise du manque de vie qu’elle a observé dans les rues du parc industriel durant ses visites. À part des voitures et des camions qui vont et qui viennent, les êtres humains n’y sont pas très visibles», déplore-t-elle.

«Je veux rendre hommage à ces gens qui subviennent aux besoins de leurs familles. Ce sont eux qui font rouler l’économie. On ne voit jamais ces travailleurs, même s’ils sont à la base ce que nous consommons.»

Piquer la curiosité

Dans ce brouhaha quotidien, réglé au quart de tour, pas facile d’attirer leur attention. Mais postées près de l’usine sur leur amusant camion/atelier, l’artiste et sa fille Mila ont réussi à piquer la curiosité des ouvriers. Un lien s’est créé. Et Maggy en a convaincu plusieurs de prendre quelques minutes de leur pause pour prendre la pose.

« J’aurais pu en photographier bien plus, car il y a trois quarts de travail dans cette usine. Mais je devais respecter mon échéancier. À la dernière minute, j’ai quand même réussi à imprimer quatre nouvelles photos pour le dévoilement!»

Maggy Flynn est heureuse du résultat. Elle est encore plus fière du contact qu’elle a eu avec ces inconnus qui ne le sont plus. «Un tel projet les sort de leur lieu de travail, ça crée des échanges entre eux, ça brise la routine. J’ai l’impression d’apporter l’art là où ils sont!»

La fresque a été dévoilée vendredi midi lors d’un pique-nique privé près des installations. Le public peut toutefois y jeter un coup d’œil jusqu’au 15 octobre en se rendant sur place, près de l’intersection des rues Moeller et Vadnais.