Il s’agit pour le Bedfordois Francis Coupal d’une toute première vitrine en galerie avec ce qui a commencé par n’être qu’un simple projet de vacances de Noël…

Projet ludique, instruments uniques

Un ukulélé, à la base, est un instrument à caractère ludique. Ceux de Francis Coupal le sont encore plus puisqu’il les fabrique avec toutes sortes de contenants en métal, des boîtes à biscuits fleuries — ou en forme de Darth Vador ! — aux anciennes bouilloires en passant par de vieilles boîtes à lunch ou un bidon de sirop d’érable.

Mais ses créations au look vintage ne sont pas qu’agréables à regarder, elles le sont également à entendre. Car plus que des œuvres d’art, ce sont de véritables instruments. Une fois accordés, ils sonnent comme n’importe quel ukulélé.

Vingt de ses plus récentes réalisations sont présentement exposées au Centre d’art de Frelighsburg dans son exposition Ukulélé Bling Bling – qui est aussi le nom de son entreprise. Il s’agit pour le Bedfordois d’une toute première vitrine en galerie avec ce qui a commencé par n’être qu’un simple projet de vacances de Noël…

Du verre à la musique
Francis Coupal est diplômé de l’Espace Verre, la seule école d’arts verriers du Québec. Pendant près de vingt ans, il s’est fait un nom comme souffleur de verre. Grâce à ses billes, la production en série, il connaît.

Mais il s’est essoufflé — sans mauvais jeu de mots — d’enligner les Salons des métiers d’art et sentait qu’il avait besoin de sortir de sa zone de confort. « De me mettre en danger, comme artiste, de découvrir d’autres trucs. »

En « 2011 ou 2012 », il a voulu apprendre le ukulélé. Au moment d’acheter son instrument, toutefois, il a vécu une expérience client exécrable, dit-il, si bien qu’il s’est tourné vers le web pour assouvir son désir. « Je suis tombé par hasard sur des sites qui montraient comment fabriquer son propre instrument, raconte-t-il. Je me suis dit que j’allais essayer. Ça allait pour le manche, mais le hic, c’est que la caisse en bois était extrêmement complexe à faire. Comme j’avais une boîte en métal chez nous, je me suis patenté quelque chose avec ça, et ça a fonctionné. Je l’ai encore, d’ailleurs. »

Il a confectionné un deuxième instrument pour sa mère, puis quelques autres pour des amis. De fil en aiguille, il a multiplié les créations, a participé à quelques salons et vendu plusieurs réalisations, si bien qu’il compte maintenant 85 ukulélés à son actif.

Chaque instrument est unique, tout comme le son qu’il émet, tout dépendant du contenant utilisé — de sa grosseur, de sa forme, de l’épaisseur du métal... D’ailleurs, Francis Coupal affirme que ses ukulélés trouvent la plupart du temps preneur à la suite d’un coup de foudre. « Certains doivent toutefois faire un compromis entre le son qui leur plait et le look qu’ils désirent », glisse-t-il sourire en coin.

« Luthier sauvage »
L’artisan de 47 ans ignore s’il reviendra au verre dans le futur. Tout comme il affirme ne pas savoir s’il se dédiera un jour à 100 % à ses ukulélés. Mais une chose est sûre : il ne déteste pas voir sa réputation de « luthier sauvage » grandir avec, dans son sillon, le même aspect ludique que les billes qui ont fait sa renommée. « Ce que je fais, je le fais toujours avec sérieux, dit-il, mais je ne me prends jamais au sérieux. »

ENVIE D'Y ALLER ?

Quoi : l’exposition Ukulélé Bling Bling

Où : au Centre d’art de Frelighsburg

Quand : jusqu’au 5 août

C’est gratuit !