Michaël Trahan

Prix des libraires du Québec: un auteur valois finaliste en poésie

Acton Vale — À 34 ans, Michaël Trahan peut déjà se targuer d’avoir reçu plus de prix littéraires qu’il ne possède d’écrits à son actif. Et il pourrait bien en ajouter un autre puisqu’il est finaliste aux Prix des libraires du Québec dans la catégorie Poésie, a-t-on été annoncé tard jeudi soir.

« On souhaite toujours que ce qu’on fait soit apprécié, mais on ne s’attend jamais vraiment à être retenu. Mais ce prix est assez particulier dans le sens que son choix repose sur l’écosystème du livre, sur la reconnaissance de ceux qui aident à la distribution de notre œuvre. C’est assez flatteur », réagissait le principal intéressé au lendemain du dévoilement des finalistes.

C’est pour son deuxième recueil, La raison des fleurs, paru en octobre 2017 aux Éditions Le Quartanier, que le Valois d’origine se retrouve parmi les quatre auteurs nommés dans la catégorie Poésie québécoise aux côtés de Marie-Hélène Voyer (Expo Habitat), Alain Larose (La chanson de ma mère) et Joséphine Bacon (Uiesh Quelque Part). Ce même livre lui avait valu, l’automne dernier, le prestigieux Prix littéraire du Gouverneur général en poésie.

Sa précédente et première œuvre, Nœud coulant (2013), s’était déjà fort bien illustrée en se méritant trois honneurs, dont le Prix Émile-Nelligan.

Si ce dernier livre était « assez noir », de l’avis même de son auteur, La raison des fleurs se veut beaucoup plus lumineux. Construit « comme un triptyque », il débute et se termine par une dizaine de poèmes, entre lesquels sont insérés quelque « 200 fragments plus concrets comme des extraits littéraires, des passages de mon journal et même la révélation d’un biscuit chinois », explique Michaël Trahan.

« C’est une œuvre assez hybride qui flirte parfois avec l’essai, ajoute-t-il. Pour faire court, je dirais que c’est un livre de littérature avant tout. »

Mémoire et rapport au temps

Pendant l’écriture de La raison des fleurs, celui qui est également directeur littéraire de la revue Estuaire est tombé sur cette histoire vraie de photos faites dans les années 50 ou 60 dont on a perdu les négatifs avant même qu’elles ne soient développées. Ceux-ci ont été retrouvés en 2010 dans une brocante. Parmi eux se retrouve notamment l’image qui figure en couverture du recueil de Michaël Trahan, sur laquelle on aperçoit une femme, debout sur la plage à l’heure du crépuscule, la mer roulant à ses pieds pendant qu’elle regarde au loin.

« Je trouvais cette histoire très porteuse de la mémoire et du rapport au temps, thématique que j’essaie de développer, dit l’auteur. Ce qu’on n’arrive pas à abandonner, qui nous hante, année après année. »

Les deux recueils de Michaël Trahan parus jusqu’à présent s’inscrivent dans son projet d’écriture en trois livres qu’il a commencé il y a une dizaine d’années. Il est présentement en train d’en peaufiner le dernier « tome », précisant au passage que l’ensemble ne forme pas une suite, plutôt un triptyque dont les trois parties peuvent vivre séparément. « On peut très bien en lire un sans avoir lu les autres, mais quand on regarde l’ensemble, on y voit une autre portée », indique-t-il.

Les gagnants des Prix des libraires du Québec seront annoncés le 16 mai prochain. Le lauréat dans la catégorie Poésie recevra une bourse de 3000 $ du Festival de la poésie de Montréal.