En deuxième moitié, la Rimouskoise Véronique Bilodeau a élevé la qualité déjà bonne de la soirée d’un cran avec sa pop-folk rafraîchissante. La jeune femme a un bel aplomb, une belle énergie et une belle voix.

Première demi-finale du FICG: de belles performances

C’est à une première soirée de demi-finales correcte qu’on a eu droit, mercredi. Chacun dans son style, les six premiers candidats à monter sur scène ont offert de belles performances, mais aucun n’a réussi à provoquer de wow.

C’est Laura Lefebvre, de Québec, qui a donné le coup d’envoi à cette 50e édition avec son folk « voyageur ». Accompagnée de ses quatre musiciens, elle nous a raconté sa vision de « l’agissement humain et ses diverses anomalies » à travers Émile, Corridor et La bête.

Sa proposition n’était pas vilaine, mais la personnalité de l’ensemble restait floue et gagnerait certainement à être mieux définie. D’autant plus qu’elle a une jolie voix.

Joe Robichaud est ensuite venu contraster solidement avec son « crassique folk ». Avec sa poésie engagée et ironique, l’auteur-compositeur-interprète de Sainte-Louise a tour à tour chanté les misères de la trentaine (La trentaine t’rentre dedans), de l’hiver québécois (Hiverno-maso, qu’on a beaucoup aimée) et des échecs (Se planter).

Dans un bar, il doit faire un tabac. Mais c’est justement ce qui pourrait lui nuire à long terme, son style se rapprochant peut-être un peu trop à celui des chansonniers. Ça reste plaisant à entendre. Et le gars est divertissant.

Alpha Toshineza, de Winnipeg, a ensuite rappé de bien belle façon. Soulignons d’emblée la maîtrise de son style et sa présence scénique tout aussi impeccable que son vocable.

Récipiendaire du prix SOCAN lors du dernier gala Chant’Ouest, il nous a présenté trois chansons tirées de son dernier album, Jazz Inuit, qui lui a valu une nomination au Western Canadian Music Awards comme artiste francophone de l’année 2017. Dans le style, le gars est certainement à surveiller.

De la pop, svp
En deuxième moitié, la Rimouskoise Véronique Bilodeau a élevé la qualité déjà bonne de la soirée d’un cran avec sa pop-folk rafraîchissante. La jeune femme a un bel aplomb, une belle énergie et une belle voix. On se trompe peut-être, mais elle est celle qui a reçu l’accueil le plus chaleureux de la soirée.

Michel Cormier s’est pour sa part mérité son laissez-passer pour Granby grâce au Gala de la chanson de Caraquet, où il a remporté le prix coup de cœur. Encore là, le Néo-Brunswickois s’est montré solide, bien que son style n’avait rien d’exceptionnel.

C’est sans doute de Charlène Blanchette, la dernière à monter sur scène, que le public présent mercredi se souviendra le plus. La finissante de l’École nationale de la chanson a sans doute la proposition la plus originale et la personnalité la plus assumée de la soirée. La Maskoutaine fait dans la « pop à paillettes », et aborde, taquine, des sujets telles la séduction, la femme, les relations en général.

On aurait toutefois peut-être aimé qu’elle s’éclate un peu plus sur scène, qu’elle habite davantage son personnage flamboyant et lumineux.

Soulignons par ailleurs la « performance » de Mathieu Lippé à l’animation, qui nous a rappelé à maintes reprises son immense talent à manier les mots, celui-là même qui avait séduit le jury, en 2011, année où il avait été sacré lauréat du Festival international de la chanson de Granby.