Pour immortaliser son confinement, cette famille a choisi de jouer le jeu.
Pour immortaliser son confinement, cette famille a choisi de jouer le jeu.

«Portraits sur le perron» à Bromont: le confinement en une pose

La pandémie a mis notre quotidien sens dessus dessous ? Raison de plus pour en rire et s’en souvenir ! Inspirée du mouvement international Front Porch, l’artiste photographe Johanne Goulet propose aux citoyens de Bromont d’immortaliser ce confinement historique. En prenant la pose sur leur balcon.

Déjà présente aux États-Unis et au Canada, cette initiative photographique se veut à la fois simple et sympathique. « Ça s’est répandu comme une traînée de poudre sur la côte ouest notamment. Quand j’ai vu passer le sujet à la télévision, j’ai fait mes recherches et j’ai trouvé des photographes qui le faisaient. Le thème était : de quelle façon on passait notre confinement », raconte Mme Goulet.

Il ne lui en fallait pas plus pour se lancer. Le 24 avril, elle invitait les Bromontois à s’inscrire à son projet Portraits sur le perron. Dès le lendemain, elle avait des gens intéressés à y prendre part.

« J’ai le temps et l’envie de le faire. C’est tellement plaisant ! », dit-elle. Sa démarche est tout à fait gratuite. Mais pour faire d’une pierre deux coups, elle invite les participants à faire un don au Centre de dépannage Marguerite-Dubois de Bromont. Au moment de l’entrevue, mercredi, plus de 4150 $ avaient été amassés.

La photographe Johanne Goulet croquée avant une séance extérieure.

« En temps normal, le Centre aide une trentaine de familles par semaine. En raison de la pandémie, c’est maintenant plus de 80 familles qui demandent de l’aide chaque semaine. Les besoins sont grands et les rentrées d’argent sont moindres... », laisse entendre la photographe, elle-même résidente de Bromont.

Dûment autorisée par la municipalité, Johanne Goulet sillonne donc le territoire, s’arrêtant partout où on l’invite. Sur les 86 demandes reçues, elle avait réalisé 77 séances photo mercredi. « Et ça continue ! »

À bonne distance, elle prend une dizaine de clichés pour ne conserver que le meilleur. Quelques minutes suffisent à immortaliser le moment, de façon naturelle, sans artifice. Les couples et les familles prennent la pose à l’extérieur de leur résidence, le plus souvent sur leur perron. Et libre à eux de se mettre en scène à leur guise. « Ce sont les gens qui déterminent ce qu’ils veulent. »

Si la plupart ont opté pour une photo traditionnelle, d’autres ont joué le jeu, à en juger par les œuvres publiées sur le site et la page Facebook de Johanne Goulet.

Comme cette famille où la maman tient son portable, le papa revêt l’attirail du parfait cuisinier (bouteille de vin incluse), fiston affiche son amour du soccer, pendant que mademoiselle fait le grand écart sur le palier. « Eux, ils ont fait ma journée ! », rigole la photographe.

Vélos, tasses à café, guitares, verres de vin, appareils électroniques, instruments de jardinage, boîtes de déménagement, animaux de compagnie, bébés... Chaque photo recèle sa petite histoire.

Quand on lui demande ce qu’elle a ressenti en côtoyant, même rapidement, tous ces confinés, Mme Goulet retient le plaisir et les sourires. « Je n’ai pas senti de découragement. »

Pour participer au projet — qui comporte aussi un volet pour les entreprises —, on visite le site www.johannegoulet.com et on remplit le formulaire d’inscription.