La sculpture est composée de deux pièces assemblées côte à côte. Sur celles-ci, on peut admirer quatre profils d’inspiration humaine, entourée de feuilles géantes.

Place aux Chicots totémiques au CINLB

Le sculpteur Daniel Haché a mis la touche finale, vendredi, à son œuvre Les Chicots totémiques, qui prend maintenant place dans le premier stationnement du Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin.

Façonnée à partir d’un unique tronc d’arbre (un pin « loyaliste » abattu à Lac-Brome, dans le district Foster, parce qu’il penchait dangereusement), la sculpture est composée de deux pièces assemblées côte à côte. Sur celles-ci, on peut admirer quatre profils d’inspiration humaine, entourée de feuilles géantes. « J’ai suivi le modèle du totem, mais au lieu de les juxtaposer à la verticale, j’ai préféré jouer avec la circonférence », explique-t-il.

Bien qu’il ait suivi sa maquette à la lettre, il s’est toutefois permis de modifier un peu ses personnages initiaux, qui avaient un air un peu trop « inquiétant » à son goût. « Pour les rendre plus sympathiques, je me suis inspiré de l’Homme vert — l’Homme feuillu, qui est plus accessible. »

L’artiste a amorcé la réalisation de la sculpture en août dernier dans son atelier de Bolton-Est. Il s’y était consacré à temps plein depuis. Après l’avoir imaginée, puis sculptée à la scie à chaîne, Daniel Haché a utilisé une technique ancestrale japonaise, qui consiste à carboniser sa surface pour lui donner une patine particulière et la préserver des intempéries.

« Maintenant, le temps va continuer à sculpter mon œuvre, à modifier sa patine. Et elle prendra lentement une teinte grisée », dit-il.

Rencontré sur place alors qu’il s’affairait à souder les totems sur leur socle, l’artiste semblait prendre toute la mesure de son œuvre. « Elle est couchée depuis un mois pour l’étape de la torréfaction. Ça fait du bien de la voir debout ! »

Le sculpteur Daniel Haché en pleine action, vendredi matin.

Valoriser les arbres morts 

D’une hauteur de près de douze pieds, Les Chicots totémiques veulent rappeler la grande valeur des arbres morts dans la chaîne naturelle.

Sur la plaque métallique qui présente l’œuvre, on apprend que des dizaines d’espèces d’oiseaux, de mammifères, de reptiles et d’amphibiens s’y réfugient, s’y reproduisent et s’y nourrissent.

« Quand on trouve un arbre mort, il faut le conserver, car il a une utilité », rappelle Daniel Haché, qui a conçu cette sculpture pour le compte de la Ville de Granby, au montant de 15 000 $.

L’emplacement choisi par la municipalité pour exposer la sculpture n’est d’ailleurs pas étranger à ce message de valorisation. Celle-ci repose désormais au centre d’un grand cercle de verdure entouré de pierres de rivière, dans lequel on trouve également des « chicots et de futurs chicots ».