Huit marionnettistes virtuoses donneront vie aux personnages de la pièce.

Place au Grand Bric-à-Brac au Théâtre de la Dame de coeur

La production Les Géants de l’étang était encore diffusée que l’équipe du Théâtre de la Dame de coeur planchait déjà sur sa nouvelle création. Il aura fallu trois ans pour mettre au monde Le Grand Bric-à-Brac, qui s’installera à Upton pour les deux prochains étés, sinon plus. Et de ce qu’on en sait, les spectateurs en auront plein la vue.

«Il y aura encore du gros stock cette année. On est vraiment dans la surdimension», lance le patron du TDC, Richard Blackburn, sourire en coin. 

Le créateur a l’air fier de son coup. Le Grand Bric-à-Brac est, dit-il, une très grosse production nécessitant beaucoup de matériel. «C’est très éclaté, tant visuellement que sur le plan du récit. L’histoire se déroule au-dessus, autour et à travers le public. C’est extrêmement énergique.»

L’idée, poursuit-il, étant de mettre en valeur cet amphithéâtre unique et d’immerger les spectateurs en plein coeur d’un univers de marionnettes géantes hors de l’ordinaire. 

Imaginez des objets domestiques et des jouets qui se retrouvent soudainement en bordure de la rue dans une vente-débarras. Ébaubi, chacun a sa petite théorie. Jusqu’à ce que le groupe réalise que ceux qui n’auront pas trouvé preneur avant 17h se retrouveront à la poubelle!

Si cela vous rappelle vaguement quelque chose, sachez que oui, le film Toy Story a eu une certaine influence sur les idéateurs du Grand Bric-à-Brac. «On ne se le cachera pas, car ce film est un vrai chef-d’oeuvre. Mais notre histoire est très différente. La situation que vivent les personnages est à la fois drôle et inquiétante», fait remarquer M. Blackburn. «Tu fais quoi face à un changement de règne, tu fais quoi quand tu te retrouves à la rue? On est beaucoup dans l’émotion. Il n’y a pas de morale à la fin, juste de l’émotion.» 

N’empêche, l’idée de donner vie à des objets a quelque chose de charmant. «Sur le plan marionnettique, le casting était intéressant», ajoute-t-il en estimant à une trentaine le nombre de marionnettes qui partageront la scène. Bonjour le vieil aspirateur, la lampe démodée et la scie rouillée!

Pour les faire vivre, huit marionnettistes virtuoses, comme les surnomme M. Blackburn, seront chaque soir mis à contribution. En tout, c’est plus de 50 artisans qui auront contribué à «sortir Le Grand Bric-à-Brac du néant».   

Le patron du TDC, Richard Blackburn

Cher et complexe

Estimée à près de 500 000 $, cette nouvelle production est en effet le fruit d’un long et complexe processus. Après l’étape du «scène-à-scène» sur papier, puis la simulation sur maquette miniature et la conception d’un fichier numérique, le travail a été remis à l’auteure Marylin Perreault, une collaboratrice de longue date du TDC. C’est elle qui a eu pour mission de mettre en mots l’histoire imaginée par l’équipe. 

L’oeuvre a même été soumise à une lecture publique. «Il faut se laisser une bonne dose d’allégorie et de métaphores. On a une histoire simple, claire, mais aussi métaphorique. Les enfants ne manqueront rien des enjeux», assure Richard Blackburn. 

Version après version, Le Grand Bric-à-Brac a pris forme. Ce que le public verra cet été est, semble-t-il, la septième version de l’histoire!       

L’équipe de la Dame de coeur a choisi de prendre son temps pour développer cette nouvelle mouture, pendant qu’elle optimisait les retombées des Géants de l’étang. «On a accueilli 55 000 spectateurs ces trois dernières années. C’était une production qui demandait beaucoup d’argent et d’énergie, alors on aurait été fous de ne pas continuer avec les Géants. Mais trois ans, c’est le maximum qu’on peut faire avec un spectacle», explique M. Blackburn. 

Cette attente a d’ailleurs l’avantage de créer une demande pour la nouveauté. Les amateurs ont visiblement hâte de découvrir Le Grand Bric-à-Brac. «Ça entraîne un embouteillage aux guichets. La prévente est plus que forte!», soutient le directeur.

Le spectacle sera présenté du 26 juin au 17 août. Les billets sont en vente au 450 549-5828 ou au www.damedecoeur.com

PRÉSENT AILLEURS 

Il n’y a pas qu’à Upton que la Dame de coeur se déploie. Si son rayonnement international est un peu moins actif ces temps-ci, un sérieux démarchage se poursuit en Asie, assure Richard Blackburn. «C’est un dossier à suivre...», glisse-t-il, sibyllin.

Un autre projet est aussi dans l’air, cette fois au Québec, où le Théâtre présentera une nouvelle production originale sur mesure. Mais motus et bouche cousue dans ce cas aussi. 

On verra cependant les grandes marionnettes du Théâtre «à droite et à gauche» cet été dans la province, dont à Saint-Hyacinthe et à Brossard, où l’oiseau géant de la pièce Les Géants de l’étang refera notamment surface. 

VERS LA RESTAURATION DU SITE 

Avec la signature, en novembre dernier, d’un nouveau bail emphytéotique de 50 ans avec la municipalité d’Upton, le Théâtre de la Dame de coeur poursuit sa démarche de restauration du site. Neuf bâtiments du vaste terrain sont visés par le plan de mise aux normes déposé au ministère de la Culture et des Communications du Québec. «Si on veut que le théâtre vive encore 40, 50 ans, il faut le faire», insiste Richard Blackburn. 

L’amphithéâtre, les résidences des artistes, le manoir patrimonial, le moulin, les toilettes publiques... tout doit être restauré pour améliorer la qualité du site et l’expérience des clients. «On attend l’accord de principe avec le Ministère. Il nous reste à finir nos devoirs.»

La demande adressée au gouvernement s’élève à près de 8 millions $, indique-t-il.