Angélique Duruisseau

Perpétuer la voix de Piaf

Édith Piaf a beau être disparue depuis plus de 50 ans, sa musique et sa mémoire ne sont pas près de s’éteindre. Surtout quand des interprètes comme Angélique Duruisseau se donnent pour mission de perpétuer sa voix.

C’est ce que la chanteuse fera ce dimanche à Bromont, avec la passion qu’on lui connaît. Et malgré le fait qu’elle propose cette formule depuis bien des années, elle ne s’en lasse pas.

« Ce sont de belles chansons qui font bien à ma voix. C’est facile pour moi de les chanter et ça émeut toujours les gens. Personne ne sort de ce spectacle sans être un peu troublé. Alors, je n’ai pas de raison d’arrêter ! », lance la jeune femme qui a passé toute son adolescence à Acton Vale.

Si certaines intonations et certains grasseyements ramènent immanquablement au style de Piaf, Angélique Duruisseau se défend d’offrir un pastiche. « Ce n’est pas trafiqué, c’est juste que ma voix est assez semblable à la sienne. Pour les chansons très connues, ça va de soi, mais pour les pièces moins connues, je me permets beaucoup plus de liberté, avec ma voix plus jazzée. Ça dépend beaucoup des chansons. Mais c’est important pour moi que ce ne soit pas une imitation. Je veux plutôt revoir son répertoire pour que tout le monde y trouve son compte. »

Avec le temps, une soixantaine de chansons sont venues meubler ce répertoire, ce qui lui permet de varier les prestations et d’aller au-delà des grands succès de la Française. Dans Piaf, un second souffle, Angélique Duruisseau se plaît d’ailleurs à faire découvrir au public des perles moins connues. « Et même quelques chansons signées de la main de Piaf. »

Accompagnée au piano par son complice Marc-André Cuierrier, l’artiste promet donc une vingtaine de chansons aux amateurs qui se rendront au Centre culturel St-John, une salle dont elle se souvient.

« La dernière fois, j’avais remarqué le beau piano à queue et je leur avais dit que ce serait parfait pour Piaf ! », raconte en riant celle qui a été lauréate de la catégorie Interprètes du Festival international de la chanson de Granby en 2005. Depuis ce temps, elle a publié quatre albums, dont deux consacrés à Piaf.

Bien qu’elle l’ait découverte un peu « par la bande » en jouant dans une comédie musicale, Angélique Duruisseau a d’ailleurs développé une réelle passion pour la Môme Piaf, devenant une experte de son répertoire, dit-elle. « Mon pianiste Marc-André était un grand fan d’elle, alors il m’a aussi fait découvrir le personnage. J’apprécie sa fougue, son intensité. C’était une grande amoureuse aussi », ajoute l’artiste en avouant certaines similitudes de caractère.

Plume aussi

Bien avant Piaf, cependant, il y a eu Plume Latraverse, à qui elle rend aussi hommage depuis quelques mois. « Je trouvais qu’il avait de très beaux textes, de super belles mélodies, mais que l’exécution pouvait rebuter certaines personnes. En lisant sur Plume, je me suis dit que cela pourrait lui plaire d’entendre une interprète mettre en lumière ses chansons. Pendant deux ou trois ans, j’ai écouté tout son répertoire pour sélectionner les meilleures. J’ai écrémé jusqu’à retenir 35 chansons et mes fans ont voté pour leurs 15 préférées », dit-elle. L’album Poids Plume est déjà en ligne, mais sera disponible en magasin en mars prochain.

Ce projet fait d’ailleurs l’objet d’un spectacle qu’Angélique promène au Québec et qu’elle a bien l’intention de venir présenter dans la région.

On pourrait croire qu’elle est uniquement interprète ; mais ce serait sous-estimer son talent. Elle est aussi auteure-compositrice. « En fait, je suis souvent à cheval sur les deux », fait-elle remarquer. Or, l’écriture prend de plus en plus de place dans sa vie. Ce qu’elle préfère ? « Je suis une artiste, j’ai étudié en théâtre, alors je me considère vraiment comme une créatrice. J’ai du mal avec l’idée d’avoir à choisir ! »

ENVIE D’Y ALLER ?

Quand : le dimanche 24 février à 11 h 30

 : Centre culturel St-John de Bromont

Billets : www.centreculturelstjohn.com