Patrice Michaud s’est notamment illustré dans les catégories « Interprète masculin de l’année » et « Chanson de l’année », où l’on retrouvait également le Granbyen Alex Nevsky.

Patrice Michaud et Safia Nolin couronnés au Gala de l’ADISQ

Alex Nevsky n’aura pas répété son tour du chapeau de 2014. Il est reparti les mains vides, dimanche soir, du 39e Gala de l’ADISQ.

L’auteur-compositeur-interprète granbyen était en nomination dans les trois mêmes catégories qu’il y a trois ans, soit Album pop de l’année pour Nos Eldorados, Chanson de l’année avec Polaroid, et Interprète­ masculin.

Il s’est fait ravir ces deux dernières statuettes par un certain Patrice Michaud, qui avait participé — et gagné ! — au Festival de la chanson de Granby en 2009... la même année que Nevsky, dont le parcours­ s’était arrêté en demi-finales. 

Quant au trophée de l’Album pop de l’année, il a été remis à Daniel Bélanger pour son disque Paloma. Une grosse pointure, quand même.

Marie-Ève Janvier et Jean-François­ Breau cumulent pour leur part les nominations dans la catégorie Groupe ou duo de l’année, tout en ne parvenant pas à mettre la main sur la statuette convoitée. Encore une fois, le Félix a échappé au couple granbyen, cette fois au profit des Sœurs Boulay.

Une variété de prix

En fait, le public et l’ADISQ ont choisi cette année de récompenser une variété d’artistes, dont Patrice Michaud, Safia Nolin et Daniel Bélanger.

Patrice Michaud semblait particulièrement fier d’avoir remporté le prix de l’interprète de l’année. Il venait tout juste de monter sur scène pour accepter le Félix de la chanson de l’année pour Kamikaze.

« C’est un moment surréaliste et j’y goûte pleinement. Et je suis fier de moi », a-t-il déclaré sur scène.

Safia Nolin, qui avait remporté le prix de révélation de l’année l’an dernier, a reçu le prix le plus prestigieux­ cette année.

La chanteuse, qui avait gagné un prix pour son album de réinterprétation au premier gala, est restée brève dans ses remerciements, saluant les victimes de harcèlement et d’agression sexuels qui ont pris la parole récemment.

« Les gens à la maison, calmez-­vous s’il-vous-plaît », a-t-elle ajouté. L’année dernière, Safia Nolin s’était fait reprocher son style vestimentaire­ par plusieurs internautes.

Daniel Bélanger, qui était en tête des nominations, a remporté deux prix, celui de l’album pop de l’année pour Paloma et celui du spectacle de l’année pour un auteur-compositeur-interprète.

En entrevue, Daniel Bélanger s’est dit honoré de ne pas être considéré comme « off » et de ne pas être « laissé de côté » par ses pairs malgré sa longue carrière.

« L’idée, c’est que l’âge ne nous rende pas amer, puis d’essayer de trouver des influences chez Peter Peter, chez Klô Pelgag, chez Ariane (Moffat) », a-t-il soutenu.

Le Félix de l’auteur ou compositeur de l’année lui a échappé aux mains de Klô Pelgag, qui partait avec une longueur d’avance les deux trophées qu’elle avait remportés au premier gala de l’ADISQ plus tôt cette semaine.

La jeune auteure-compositrice-interprète s’est réjouie d’être la première femme à gagner ce prix depuis 24 ans — la dernière fois, c’était Francine Raymond en 1993.

« Je trouve ça incroyable que ça fasse si longtemps, puis en même temps je suis honorée que ce soit moi qui reprenne le flambeau. Je suis certaine que dans le futur il y va y en avoir plein. C’est vraiment émouvant, en fait », a-t-elle confié en entrevue après avoir reçu son prix.

Les deux premiers prix de la soirée ont été remis au groupe hip-hop Alaclair Ensemble et aux Sœurs Boulay, qui ont reçu respectivement les Félix de l’album hip-hop de l’année, pour Les Frères Cueilleurs, et celui du groupe de l’année.

Les Sœurs Boulay en ont profité pour passer un message aux politiciens qui étaient présents dans la salle.

« Ça nous prend des lois claires », a lancé Stéphanie Boulay, qui exhorte les gouvernements à mieux encadrer les redevances sur les créations pour favoriser les artistes qui perdent des revenus importants aux mains des grandes entreprises, comme Apple.

« C’est une injustice que des compagnies s’enrichissent sur le dos des créateurs, alors que les créateurs s’appauvrissent », a-t-elle expliqué en entrevue dans la salle de presse.

« La dernière loi qui est passée sur Netflix nous a inquiétées et déçues. C’est le moment d’enfoncer encore le clou dans le trou. Mélanie Joly (la ministre du Patrimoine canadien) elle est là, c’est rare qu’on a la chance de lui en parler », a ajouté Mélanie Boulay.

Une soirée humoristique et émouvante

Louis-José Houde avait ouvert le 39e gala de l’ADISQ avec un ton caustique, se payant la tête des artistes présents dans la salle, et faisant référence aux allégations d’inconduite sexuelle contre l’animateur­ Éric Salvail.

Comme il le fait chaque année, l’humoriste a adapté son numéro d’ouverture à l’actualité ; il a brièvement mentionné l’affaire Éric Salvail­, à la surprise du public.

« Quoi, ça va lui nuire ? », a-t-il répliqué.

Avant l’arrivée de l’humoriste, plusieurs artistes de différents horizons se sont produits sur scène, dont Alaclair Ensemble, Charlotte Cardin et Daniel Bélanger­, mariant différents styles de musique, dont le hip-hop et la pop.

Autre moment fort de la soirée : l’hommage à Leonard Cohen. Le défunt chanteur montréalais a été honoré avec une vidéo présentant des images d’archives recoupées d’extraits d’entrevues qu’il avait accordées en français.

Cet hommage s’est terminé par une interprétation a capella de sa célèbre chanson Hallelujah par le public, dirigée par la voix perçante­ de Richard Séguin.

C’est le fils de l’artiste, Adam Cohen, qui a accepté le prix en son nom.