«Je suis chanceux: en 31 ans de carrière, je n'ai chômé qu'un an. Je n'ai jamais eu de gros rôles marquants, mais j'ai toujours été là. C'est peut-être ce qui fait que je me sens encore 'vert', que je ne suis pas blasé, que j'ai encore beaucoup de choses à dire et à explorer», affirme Patrice Coquereau.

Patrice Coquereau: apprivoiser l'inconnu

En plus de 30 ans de métier, Patrice Coquereau a touché un peu à tout. Mais il y a une chose que le comédien, metteur en scène, auteur, conférencier et chroniqueur radio avait très peu faite, voire pas du tout, et c'était de l'animation. Jusqu'à ce qu'on lui propose, lundi, de remplacer au pied levé Léane Labrèche-Dor pour les demi-finales et la finale du Festival international de la chanson de Granby.
« Quand on m'a appelé, j'ai figé comme un chevreuil devant les phares d'une automobile », a imagé l'homme de 56 ans lors de la première soirée de demi-finales, mercredi.
« J'y ai réfléchi un peu, et j'y ai finalement vu une opportunité intéressante. Ça fait partie de ma philosophie de vie, maintenant, de dire oui à ce qui se présente », disait-il, plus posé, à La Voix de l'Est, quelques heures avant son baptême de l'animation.
Si l'ancien anxieux maladif qu'il était jadis a accepté ce « saut dans l'inconnu », c'est qu'il avait en quelque sorte bénéficié d'une « pratique » deux mois plus tôt en vainquant une de ses phobies. « Le 13 juin dernier, j'ai fait mon premier saut en parachute à 13 000 pieds d'altitude et on était 13 personnes dans l'avion. Si c'est pas affronter ses peurs ça... », raconte-t-il en riant.
Il a admet toutefois du même souffle avoir été pris d'un petit moment de panique la veille. « J'ai tout à coup, pendant 15 minutes, trouvé ce contrat d'animation plus épeurant que mon saut en parachute. »
Dans un cas comme dans l'autre, toutefois, il a réalisé qu'« il n'y a rien de pire que l'anticipation ». Oui, il avait le trac. « Mais ça n'a plus rien à voir avec ce que je pouvais vivre avant... Ça frôlait la psychose ! Une chance que je fais le métier que j'ai là sinon je serais resté cloîtré chez nous. »
Rappelons qu'en 2014, celui qu'on avait vu dans Rumeurs, Le coeur a ses raisons, 3600 secondes d'extase et Vrak la vie, notamment, sortait son livre Guérir à gorge déployée, dans lequel il racontait son parcours personnel et professionnel et comment des troubles anxieux avaient longtemps alourdi son quotidien. Avait suivi une série de conférences sur la thématique Face à face avec l'anxiété. Il souhaite d'ailleurs en proposer une nouvelle bientôt.
Bien des projets
Du reste, ce n'est pas les projets qui manquent à Patrice Coquereau. On l'a récemment vu au cinéma dans Votez Bougon et Père fils thérapie, il joue au théâtre dans L'Emmerdeur aux côtés de Normand D'Amour et Marcel Leboeuf, et a signé la mise en scène du spectacle Les Tannants, dont la dernière représentation a eu lieu à Bromont le week-end dernier.
Homme de théâtre avant tout - il a 70 productions à son actif -, c'est encore sur les planches que se profilent 2018 et même 2019, notamment avec Les Fourberies de Scapin, qui sera présenté au TNM.
« J'ai aussi mon show solo, mentionne-t-il. Ça fait cinq ans que j'en parle, je vais bien finir par le faire. Je crois d'ailleurs en avoir trouvé le cadre. Ce ne sera pas du stand-up, ce sera plutôt théâtral. J'y incarnerai plusieurs personnages dans un voyage dans l'inconscient. »
Né de parents français, l'artiste souhaite également développer sa carrière en Europe. « Peu importe l'avenue qui se présente, dit-il. Mais je ne veux pas arriver en quémandeur. Je veux débarquer avec des idées. »
Il compte notamment exporter Les loges, une websérie dans laquelle il incarne plusieurs personnages-, présentée sur vero.tv.
« Je suis chanceux : en 31 ans de carrière, je n'ai chômé qu'un an. Je n'ai jamais eu de gros rôles marquants, mais j'ai toujours été là. C'est peut-être ce qui fait que je me sens encore 'vert', que je ne suis pas blasé, que j'ai encore beaucoup de choses à dire et à explorer », termine-t-il.