La directrice générale du Palace de Granby, Christine Plante.
La directrice générale du Palace de Granby, Christine Plante.

«On sera les derniers à revenir à la normale», croit la DG du Palace de Granby

Certains lieux rouvrent lentement leurs portes, mais ce n’est pas demain la veille que le public retrouvera le plaisir d’assister à un spectacle en salle, coude à coude, comme «dans le temps». Pour les bains de foule, il faudra attendre encore longtemps.

«Avec ce que j’entends, je crois qu’on ne peut pas parler d’un retour à la normalité avant janvier 2021...», croit la nouvelle directrice générale du Palace de Granby, Christine Plante. D’ici là, la réflexion bat son plein et de nombreuses pistes de solution sont soupesées dans l’éventualité d’une ouverture réduite des salles de diffusion.

Bien que fort occupée à gérer les nombreux reports de spectacles, l’équipe du Palace pense déjà à la suite des choses, en s’appuyant sur l’Association professionnelle des diffuseurs de spectacles (RIDEAU), dont l’organisme est membre.

«Ils travaillent activement à mettre sur pied des politiques et des conseils que les salles pourront utiliser. Localement, c’est difficile, car on est dans le néant. On ne sait pas la date d’ouverture et on ne connaît pas les conditions», explique Mme Plante.

À titre d’exemple, les employés ont fait l’exercice de distanciation basée sur la règle du deux mètres devant entourer chaque spectateur. Dans la salle, le résultat a été pour le moins surprenant. Sur une capacité de 952, on arrivait à n’en faire asseoir que 152, dont seulement 36 au balcon. Dans de telles conditions, fait remarquer la directrice, le modèle d’affaires ne tient plus. «Ce n’est pas rentable.»

Et qu’en sera-t-il de l’ambiance dans une salle où le public sera si peu nombreux et aussi distancé, se demande-t-elle, en soulignant que des discussions sont néanmoins en cours avec des producteurs en vue d’offrir des spectacles adaptés à cette nouvelle possibilité.

«Certains artistes sont prêts à le faire, mais ils vont devoir repenser la configuration et le contenu de leur spectacle.»

Au plan technique, peu de problèmes sont à prévoir, même chose du côté des loges d’artistes. Le casse-tête touchera principalement l’accueil du public; du foyer aux toilettes, en passant par le bar et la salle, tout devra être revu. Tout cela fait dire à Christine Plante «qu’à cause de la proximité des gens, on sait qu’on sera les derniers à revenir à la normale».

Pour le moment, seulement trois spectacles ont dû être annulés au Palace, alors qu’une quarantaine seront remis à des dates ultérieures. «On est chanceux, car on a pu utiliser la clause de force majeure pour les contrats.»

Reste maintenant à insérer toutes ces nouvelles dates parmi celles déjà prévues dans le calendrier de la saison hiver/printemps 2021. «J’espère que les gens seront solidaires et qu’ils viendront nous voir!»

C’est d’ailleurs le plus grand souhait de Mme Plante. «Quand la Santé publique donnera le OK, je pense qu’on va devenir un service essentiel. Les gens auront besoin de sortir, de rire, de chanter et de se divertir», termine-t-elle en espérant que la peur des grandes foules ne les retiendra pas à la maison.