Natali Martin a utilisé une technique d’empâtement pour sa collection Porteurs d’ivoire, qui reçoit les éloges. Le sujet de ses toiles se définit selon le craquèlement de la pâte.

Natali Martin bientôt exposée en France

Une artiste multidisciplinaire de Bromont exposera en France et en Pologne. La collection «Porteurs d’ivoire» de Natali Martin a attiré l’attention du jury du concours gala 2017 du Cercle des artistes peintres et sculpteurs du Québec, ce qui lui a ouvert les portes de l’Europe.

Son travail a été remarqué lors d’un symposium, l’été dernier, par une dame faisant partie de l’organisation du Cercle des artistes peintres et sculpteurs du Québec, qui l’a invitée à en devenir membre. « En même temps, elle m’a envoyé une invitation pour participer à l’expo-concours annuelle en me disant que je n’avais même pas besoin de passer par le comité de sélection », raconte Mme Martin, rencontrée dans son atelier.

Elle a non seulement accepté l’invitation à joindre le cercle, mais elle a aussi présenté deux œuvres à l’expo-concours, l’automne dernier. Une heureuse décision puisque le jury lui a décerné l’un des 1er Grand Prix pour sa plus grande toile, Le rhinocéros.

« C’est le genre de choses qui donne des ailes! »

Le prix comprend la participation à la 47e exposition internationale de la CAPSQ, en France, tous frais payés pour les deux œuvres, une cimaise d’honneur au prochain concours et un espace pour exposer deux œuvres pendant cinq mois à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

La lauréate fait donc partie d’une cohorte d’artistes du cercle qui exposeront à l’Abbaye de Fondouce, un ancien monastère de 900 ans classé monument historique, du 30 avril au 11 mai.
« Envoyer les œuvres, c’est coûteux. C’est vraiment une ouverture pour moi parce que ce n’est pas accessible à tous les artistes. C’est souvent des artistes qui ont les reins solides qui sont capables de se développer à l’extérieur du Québec. »

Pour répondre aux besoins de l’exposition, elle a préparé deux nouvelles toiles de 24 po par 24 po, Laisser le destin tracer son chemin et Force tranquille, représentant toutes deux un éléphant à la peau craquelée.

«Laisser le destin tracer son chemin» est l’une des deux toiles de Nathali Martin qui seront exposées en France.

Peinture et empâtement
Sa technique, développée pour cette collection, plait particulièrement au public et aux comités de sélection de symposiums.

« Ce n’est pas de la peinture craquée, mais une pâte que j’applique, explique Mme Martin. Je fais une couleur de fond et j’applique ma pâte aléatoirement. J’ai pas d’idées au départ de ce que je vais faire parce que, de toute façon, le craquèlement de la pâte n’est pas contrôlable. Je peux pas savoir si ça va craquer petit ou gros. J’ai un petit contrôle au niveau de l’épaisseur, mais il faut que je la laisse travailler. »

Puis, le sujet de la toile se définit tranquillement. L’artiste peintre observe la toile jusqu’à ce qu’elle y trouve un élément autour duquel travailler, comme la forme d’un œil.

Dans le cas de sa toile Le rhinocéros, elle y a vu l’oreille et la ligne verticale de la défense. Elle travaille beaucoup avec ses doigts pour ne pas peindre les ouvertures et pour garder la couleur de fond, ce qui donne une profondeur et une définition intéressante.

Des mois remplis
Sa collection Porteurs d’ivoire est tellement populaire qu’elle a du mal à répondre à la demande. Nathali Martin réalise des commandes, mais elle vend aussi des œuvres dans les expositions, si bien que ses toiles toujours disponibles ne sont pas nombreuses.

L’artiste a été accepté au symposium de Cap-Rouge, mais on lui a demandé d’apporter cette collection, qu’elle tente tant bien que mal de renflouer. Bromont et la ville de Saguenay sont ses autres destinations.

Elle prépare également une exposition en duo avec Isabelle Côté Ziza, qui se tiendra du 4 au 12 mai au Studio SC à Varennes.

Elle prépare aussi une exposition collective avec le CAPSQ en Pologne, en septembre.

« Ça a été une bonne année pour moi », souligne-t-elle avec reconnaissance.