Le trio formé des frères Harris (Casey, qui chante et lève le genou aux claviers) et d’Adam Levin à la batterie était accompagné sur scène d’Emily Moore (chœurs, clavier, alouette) et de Russ Flynn à la guitare.

X Ambassadors au Festivent: entre l'énergie de VHS et la calme d'Orion

CRITIQUE / Sur fond de montgolfières et de manèges, le groupe américain X Ambassadors a livré une prestation énergique et bien rodée pour la deuxième soirée musicale du Festivent. Les spectateurs venus nombreux ont pu entendre «Renegades», «Jungle» et les pièces de leur album Orion, paru en juin.

Le spectacle du Festivent s’inscrit entre la sortie de l’album et la tournée qui fera voyager le groupe un peu partout aux États-Unis cet automne. 

Vêtu seulement d’une salopette et de ses tatouages, Sam Harris a entonné Hey Child sans préliminaires. Le chanteur a fait tout un workout, se déhanchant avec vigueur ou sautant les bras dans les airs pendant les chansons plus entraînantes, servies dès le début du parcours. Jungle, Boom, Quicksand et Loveless ont formé une courbe ascendante qui a transformé le devant de la scène en marée bondissante.

Le trio formé des frères Harris (Casey, qui chante et lève le genou aux claviers) et d’Adam Levin à la batterie était accompagné sur scène d’Emily Moore (chœurs, clavier, alouette) et de Russ Flynn à la guitare. Sam Harris a aussi attrapé sa guitare ou son saxophone selon les pièces.

Le groupe a un large spectre d’inspirations, allant du funk au pop en passant par le gospel (Low Life), mais en conservant toujours une ondulation groovy. Règle générale, en spectacle, Sam Harris a une voix moins saturée d’émotions que dans ses derniers vidéoclips — ce qui est plus agréable. On voit qu’il sait s’amuser avec différentes teintes vocales, comme lorsqu’il sort sa voix de tête pour le refrain de Don’t Stay et ses trémolos pour les chansons plus lancinantes.

Il a fait les yeux doux à la foule en assurant que les meilleures foules étaient à Québec (et par extension Lévis) et a présenté brièvement certaines chansons, mais c’est réellement la musique qui a pris toute la place.

Comme Orion est un album plus réflexif que le précédent (les quatre EP lancés en 2017 ne figuraient pas au plan de match), le spectacle a nécessairement pris une tangente plus douce dans sa deuxième moitié. History, en solo acoustique, était le moment tout indiqué pour enlacer sa voisine ou méditer sur sa solitude.

Le groupe a évidemment gardé ses plus gros canons pour la fin, avec Unsteady et Renagades, que Harris a chanté en courant au-devant de la foule et en se laissant surfer sur elle. Au rappel, I Don’t Know How to Pray et Joyful ont clos la prestation d’un peu plus d’une heure trente.

Rick Pagano

Un privilège inusité a été donné à quelques médias par Rick Pagano; celui de monter sur scène pendant sa prestation. Un changement de perspective bienvenu, qui permettait de constater de visu que l’énergie de la foule régulière (en liesse devant la scène) et celle de la zone VIP (plutôt passive) étaient très différentes. Quelle vue étrange pour les artistes sur scène…

Le jeune demi-finaliste de La voix, qui avait fait la première partie de Marie-Mai au Festivent en 2014 avec son groupe Final State, a (nécessairement) surtout joué des chansons de son album à paraître, en intégrant des reprises variées, allant des Eurythmics à The Weeknd. Il a terminé seul à la guitare avec Rêver mieux, de Daniel Bélanger.

Très à l’aise sur scène, sautant, s’approchant de la foule, interagissant avec ses quatre musiciens, Pagano a livré une performance sentie, où sa voix légèrement éraillée et maîtrisée l’a bien servi. Il a annoncé qu’il serait au Théâtre Petit Champlain le 14 décembre. Déjà, il ne restait qu’une poignée de billets disponibles jeudi soir.

Le Festivent se poursuit jusqu’à dimanche, avec entre autres des prestations de Weezer et des Cowboys Fringants. 

Info : festivent.ca