Benoît Pinette, alias Tire le Coyote, a vécu son premier spectacle au Festival d’été, en 2014, comme un accomplissement.

Tire le Coyote: la voie du dépouillement

Le Festival d’été a toujours occupé une place de choix dans le cœur de Benoît Pinette, alias Tire le Coyote. Résident de Limoilou depuis une vingtaine d’années, il a été souvent aux premières loges pour faire le plein de souvenirs mémorables. D’abord comme spectateur, à l’occasion de la venue de Wilco, de «la grande dame du country» Emmylou Harris, de Richard Desjardins, des Colocs et de Neil Young. Puis, à titre d’artiste invité, à deux reprises, en 2014 et 2016.

«Je me souviens de la première fois que j’ai été booké. Pour moi, c’était un accomplissement. Mais que j’y joue ou non, je participe au Festival, c’est certain. Je suis un habitué», mentionne-t-il à quelques jours de sa troisième participation à la grande fête musicale et estivale, sur la scène de place D’Youville, un endroit comme il les aime, puisque se prêtant mieux à son approche musicale intimiste.

Sa voix de falsetto souvent comparée à celle de Neil Young, l’auteur-compositeur-interprète de 37 ans n’aurait pas voulu rater pour rien au monde le spectacle du chanteur américain, l’an dernier, sur les Plaines. Ce soir-là, après un spectacle au FestiVoix de Trois-Rivières, il avait sauté dans sa voiture pour filer vers Québec.

«Je jouais à 19h et j’avais un set d’une heure et quart. Je suis monté dans mon char tout de suite en sortant de scène. J’ai laissé les gars ramasser le stock. J’ai été bien traité ce soir-là par Louis Bellavance (le directeur de la programmation du FEQ) qui m’a permis d’aller dans la zone VIP. Je rentrais sur les Plaines quand Young a commencé sa deuxième chanson, Cortez the Killer (sa préférée), avec son long solo de guitare. Avoir autant d’énergie et de passion à son âge, respect, c’est assez exceptionnel.»

Album acoustique

L’automne dernier, le musicien s’est retiré dans un chalet de Petite-Rivière-Saint-François pour enregistrer pendant trois jours son premier album acoustique, Section acoustique I. Même s’il ne s’agissait pas de nouveau matériel, l’auteur-compositeur-interprète éprouvait depuis un bon moment le besoin de prendre congé des orchestrations de ses précédentes chansons.

Benoît Pinette, alias Tire le Coyote, a vécu son premier spectacle au Festival d’été, en 2014, comme un accomplissement.

«Ça me trottait dans la tête depuis longtemps. Pour la première fois de ma vie, je n’ai ressenti aucun stress de performance. On s’est installés, on s’est assis et on a joué...»

Son été, plutôt chargé, se déroulera d’ailleurs sous le signe du dépouillement, en duo avec son guitariste Shampouing (Benoît Villeneuve), «dans la plus pure tradition du folk». En plus d’un passage au Festif de Baie-Saint-Saint-Paul, le 20 juillet, le chanteur prendra la route pour donner 18 shows à titre de porte-parole de ROSEQ (Réseau des organisateurs de spectacles de l’Est du Québec).

Chanter avec sa vraie voix

Le chanteur sait que son timbre de voix ne fait pas l’unanimité, mais il n’en a cure. «J’étais conscient dès le départ que ça allait plaire ou déplaire beaucoup. Les gens qui n’aiment pas ma voix, too bad. Ceux qui l’aiment, par contre, sont très attirés, ils la trouvent conséquente avec le type de textes que j’écris. Je préfère la voir comme un avantage. Plus le temps avance, plus je vois que ça surprend moins qu’au départ. C’est devenu partie intégrante de mon travail. Je suis plus connu, alors la surprise est moins grande.»

Parlant de voix atypique, c’est aussi ce qui l’a attiré chez Jean-Robert Drouillard, alias Juste Robert, un chanteur de Québec qu’il a présenté à sa gérante et aux dirigeants de sa compagnie de disques. L’artiste en arts visuels a recueilli d’excellentes critiques pour son premier album Mon mammifère préféré. «Je suis attiré par ce type de voix différente. J’ai flashé là-dessus en premier, mais aussi par son parcours de sculpteur qui, à 40 quelques années, décide de sortir ses chansons qui traînaient depuis longtemps dans ses tiroirs.»

Benoît Pinette pourrait-il un jour monter sur scène avec sa voix de tous les jours? «Je me suis déjà posé la question. Je ne me mets jamais de barrières, ça reste possible, mais je ne sais pas dans quel contexte ça pourrait se faire. Si je chantais en tant que Benoît Pinette, il faudrait que ce soit différent de Tire le Coyote. Ceci dit, je ne suis pas contre l’idée d’expérimenter autre chose. J’ai toujours été associé à cette voix atypique, mais je suis capable aussi de chanter dans un autre registre. À suivre, peut-être…»

QUEBEC - Tire le Coyote au Grand Theatre - 14/02/2018 - le 14 fevrier 2018 - Photo Le Soleil, Yan Doublet

Tire le Coyote sera en spectacle au Festival d’été le 5 juillet, à 21h10, à la scène de place D’Youville.