Le groupe californien The Offspring

The Offspring : déferlante punk-rock [VIDÉO]

L’année 2019 en aura été une d’anniversaires pour The Offspring : les 35 ans de la formation du groupe, les 30 ans de son premier album éponyme et les 25 ans de «Smash», qui l’a propulsé vers un succès commercial pratiquement sans précédent dans son créneau musical. Alors que les Californiens devraient lancer avant longtemps de la musique toute neuve (voir plus bas), retour avec le guitariste Kevin «Noodles» Wasserman sur une époque où la vague punk-rock a pris à peu près tout le monde par surprise.

En 1994, The Offspring existe depuis une décennie et a déjà deux albums derrière la cravate quand paraît Smash, qui deviendra mondialement connu pour ses hits Come Out and Play, Self Esteem et Gotta Get Away. Mais ça, les gars l’ignorent encore.

«L’album précédent, Ignition, est celui sur lequel nous sommes vraiment devenus The Offspring, précise Noodles. Get it Right demeure l’une de mes chansons préférées. Cet album nous a vraiment permis d’exprimer qui nous étions et quelles étaient nos sensibilités musicales. Je ne pense pas que nous nous en sommes trop éloignés depuis.»

Cette deuxième collection de chansons avait permis aux musiciens d’organiser une première grande tournée américaine, puis de vivre son baptême de la scène en Europe. Pas de quoi se prendre pour des dieux du rock pour ceux qui menaient de front la musique, le travail et les études pour certains (dont le chanteur Bryan «Dexter» Holland). Wasserman alternait de son côté entre la six cordes et la serpillière, lui qui occupait un emploi de concierge dans une école primaire.

«On ne croyait pas qu’il serait possible de vivre de la musique et de quitter nos emplois. Des punk-rockers sans une “job de jour”, ça ne s’était jamais vu. Et on ne s’attendait pas à ce que ça nous arrive non plus», raconte le sympathique guitariste.

Quand est venu le temps d’enregistrer Smash, l’objectif était simple : faire meilleur album punk-rock possible. «On se disait qu’on tournerait pendant un moment avant de revenir à nos occupations. Il n’était pas question de quitter nos emplois ou les études. Je ne crois pas que Dexter ni [le bassiste] Greg K. auraient abandonné l’université juste pour rouler dans une van pendant deux ans. Moi, j’étais concierge… J’aurais lâché ça sans hésiter!» rigole Noodles, qui, quand Smash a explosé, a quand même honoré la promesse faite à son patron de terminer l’année scolaire.

The Offspring en 1994

L’héritage de Nirvana

En avril 1994, The Offspring se trouve dans un festival en Alaska où il assure la première partie du spectacle de Pennywise. En parlant avec des copains de Californie, les musiciens se rendent compte que leurs chansons ont été adoptées par des radios locales qui les jouent abondamment. Puis leurs clips trouvent le chemin de la chaîne MTV. Et ç’a fait boule de neige.

«Les labels, les radios et même MTV, ils cherchaient tous quelque chose de nouveau. Le punk-rock a joué ce rôle, j’imagine», relate Noodles.

Ironiquement, les membres de The Offspring ont appris dans ce même festival en Alaska la triste nouvelle du décès du leader de Nirvana, Kurt Cobain. «On était dans un bar, complètement déprimés», se souvient Kevin «Noodles» Wasserman, reconnaissant sans hésiter que son groupe n’aurait sans doute jamais connu ce succès commercial si Nirvana n’avait pas enfoncé la porte de l’industrie avec l’album Nevermind.

«Lui et ce band ont changé le visage de la musique mainstream du jour au lendemain, observe-t-il. On est passé du hair metal au punk-rock grâce au grunge. Il n’y aurait pas de groupes comme nous, Green Day, Bad Religion ou NOFX s’il n’y avait pas eu Nirvana. Pas dans le mainstream, en tout cas. On serait sans doute quand même dans des groupes, mais on n’aurait certainement pas eu ce succès. On le doit vraiment à Nirvana.»

The Offspring se produira sur la scène des plaines d’Abraham le 14 juillet à 19h45. Neck Deep ouvrira la marche à 19h et Blink-182 sera de la partie dès 21h30. Laissez-passer du FEQ obligatoire.

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VERS UN NOUVEL ALBUM... OU DEUX

Mine de rien, ça fait depuis 2012 que The Offspring n’a pas lancé d’album complet. Si le groupe ne chôme pas et garde son agenda de concerts bien rempli — ajoutant même un volet acoustique à son offre scénique —, il s’est fait avare de nouveau matériel dans les dernières années… Mais devrait sous peu remédier à la situation. «On a un nouvel album, confirme le guitariste Kevin «Noodles» Wasserman. J’espère qu’on pourra le sortir à l’automne, mais je ne fais pas d’annonce. Ça fait deux ans que je fais des annonces et que ça n’arrive pas!»

Selon ce que laisse entendre le musicien, les fans pourraient même avoir deux albums distincts à se mettre dans les oreilles. «On aurait assez de chansons pour faire ça, précise-t-il. On se retrouve toujours avec des chansons un peu “champ gauche”. On essaie différents styles musicaux en y ajoutant notre style. On en avait trois ou quatre et on s’est demandé si ce n’était pas un peu trop. Ça fait longtemps qu’on n’a pas sorti d’album, c’est peut-être le temps de revenir un peu à nos sources. Donc on s’est remis à travailler sur des chansons plus rock ou punk-rock.»

Pour rajouter à l’embarras du choix, Wasserman raconte que ses complices et lui sont récemment retournés en studio et ont créé une poignée de pièces supplémentaires. «Il y en a plusieurs qui sont vraiment le fun. C’est du punk-rock très rapide avec de super riffs de guitare. C’est tout un dilemme : certaines de ces pièces ont cinq ou six ans. On les a entendues, mais pas les fans! Mais là, on en a de plus récentes qu’on aime beaucoup… Je ne sais pas trop ce qu’on va faire avec ça...»  Geneviève Bouchard

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POUR Y ALLER

Quand ? Vendredi 12 juillet, 19h30

Où ? Bluesfest

Renseignements : ottawabluesfest.ca