The Lost Fingers
The Lost Fingers

The Lost Fingers : Le combat des hits

Si vous regardiez la défunte chaîne MusiquePlus dans les années 90, vous gardez sans doute souvenir de l’émission Le combat des clips. Deux chansons dans l’arène, des téléspectateurs qui votent via une bonne vieille ligne 1-900… Question de rendre hommage au répertoire de l’époque, The Lost Fingers se sont aussi lancé dans les duels musicaux avec une nouvelle fournée de relectures jazzées intitulée VS. Êtes-vous plus dance ou rock?  Grunge ou pop? À vous de juger… et de vous prononcer.

Les hostilités (ou les festivités…) ont été lancées il y a quelques jours avec la mise en ligne du premier combat des hits : Even Flow de Pearl Jam contre I Like to Move It de Reel 2 Real. Pendant les six prochains mois, deux autres chansons s’affronteront dans cette guerre ludique, qui s’apparente davantage à un exercice de médiation musicale… Et une célébration d’un répertoire qui a fait vibrer l’adolescence de la majorité des membres des Lost Fingers.

«On a grandi dans les années 90. Ce sont les belles années de l’école secondaire, des danses… Ce sont les tounes qui ont formé les ados qu’on était avant de devenir de jeunes adultes. C’est quand même une époque importante. On a une connexion», explique Byron Mikaloff, chanteur et guitariste pour la formation reconnue pour ses réjouissantes expériences de reprises de chansons un brin décalées.

Nous mentionnions plus tôt «la majorité» des membres des Lost Fingers. Dans la jeune vingtaine, la nouvelle chanteuse de la formation, Rosalie Roberge, n’a pas vécu la vague grunge ou dansé dans le sous-sol familial au son de l’unique tube de Snow ou d’Haddaway.

«Soundgarden, elle ne connaissait pas pantoute ces chansons-là… Mais son père, oui! Il tripe là-dessus, il a pratiquement mon âge. Je pense qu’il a quatre ans de plus que moi. C’est ça qui est un peu épeurant avec Rosalie!» rigole Byron Mikaloff, heureux de voir la chimie qui s’est développée dans son groupe depuis l’arrivée de cette nouvelle joueuse.

«Elle amène une belle énergie et de bonnes idées, reprend-il. C’est le fun de travailler avec elle. Elle a fait ses études au Cégep Saint-Laurent à Montréal. C’est un programme quand même difficile qui pousse vraiment les élèves. Elle a un bon background musical et elle apporte beaucoup aux arrangements vocaux.»

Si on considère la contribution du musicien et réalisateur John Jorgenson, qui a notamment travaillé avec Elton John et qui est devenu un précieux collaborateur des Lost Fingers dans les dernières années, voilà qu’on ajoute une autre dimension à l’ensemble.

«Lui est dans la soixantaine. Et il y a Rosalie qui vient d’avoir 20 ans. Ça fait plusieurs générations dans le même band», observe Mikaloff.

«La production est plus intense sur cet album-là, ajoute-t-il. On est loin de faire juste des reprises en jazz manouche. On tombe dans un son qui mélange l’électro-swing et les musiques du monde, le jazz, le rock… Et il est plus axé sur le party, aussi. Ça bouge pas mal plus que d’autres albums des Lost Fingers.»

Nouvelle donne

Depuis une décennie, les Lost Fingers ont vu comme tout le monde dans l’industrie de la musique la donne changer. La tendance est aux plateformes d’écoute en continu, ce sont souvent les simples qui se démarquent davantage que les albums. De là l’idée de changer la stratégie de mise en marché en dévoilant leurs nouvelles chansons à la pièce, deux à la fois, pendant plusieurs mois.

«On sait que les gens écoutent vite, note Byron Mikaloff. Si tu donnes tout le gâteau tout de suite, ce n’est pas nécessairement une bonne chose, parce que les gens n’écoutent plus d’albums de toute façon. Surtout dans notre contexte, où c’est deux hits qui ont déjà fait leurs preuves partout dans le monde...»

L’idée de faire voter le public entre une proposition d’emblée plus pop et une autre plus rock s’inscrit dans un esprit ludique. «On voulait que les gens écoutent la musique et posent une action, avance le musicien. L’action d’acheter un CD, ça n’existe plus. Ils font juste cliquer. Là, c’est un clic de plus qui permet d’aller voir les photos et d’entrer dans le concept. Évidemment, on vise beaucoup les gens qui ont connu les années 90. Mais même ceux qui ne les connaissent pas vont être capables de voter quand même.»

Pour le moment, le grunge semble l’emporter sur la pop. Les prochains mois offriront d’autres champs de bataille musicaux et le projet se déploiera selon la réponse du public. «C’est une progression. Je vois vraiment ça comme un projet évolutif», confirme Byron Mikaloff.

À voir et à entendre sur le site des Lost Fingers