Devant un public de tous âges (même quatre gamins de moins de 10 ans, installés au balcon) qu’elle a mis dans sa petite poche d’en arrière, l’artiste bientôt quadragénaire a décliné sans temps mort, la plupart du temps derrière son clavier, la quasi-intégralité de sa dernière galette, Petites mains précieuses, sortie en octobre dernier.

Sous le charme d’Ariane Moffatt

CRITIQUE / Forte d’un sixième album qu’elle s’est fait un plaisir de chanter pour la première fois à Québec, Ariane Moffatt a littéralement conquis le public de L’Impérial, vendredi soir. L’auteure compositeure interprète a démontré la vaste étendue d’un talent qui prend de plus en plus de maturité dans sa quête de nouvelles avenues.

Devant un public de tous âges (même quatre gamins de moins de 10 ans, installés au balcon) qu’elle a mis dans sa petite poche d’en arrière, l’artiste bientôt quadragénaire a décliné sans temps mort, la plupart du temps derrière son clavier, la quasi-intégralité de sa dernière galette, Petites mains précieuses, sortie en octobre dernier.

C’est dans un dôme translucide que la chanteuse et ses quatre musiciens (Joseph Marchand, Philippe Brault, Maxime Bellavance et Mélissa Lavergne) ont donné le ton à la soirée avec la très belle mélodie Souffle pour deux. Vêtue d’un long chandail noir et vert fluo, l’artiste est sortie de sa chrysalide pour livrer Les apparences et La statue, une composition créée dans la foulée du mouvement #MoiAussi, en hommage aux femmes victimes d’agressions sexuelles.

Le très vibrant Pour toi a permis de mesurer encore une fois sa touche magique sur le clavier, qu’elle a délaissé en de rares occasions pour serrer la main d’une fan ou chanter sur le bord de la scène, entre deux gorgées d’eau et de gin tonic.

La foule a été mise à contribution pour Debout (tirée de l’album 22h22) et Cyborg, servie devant un parterre de cellulaires allumées.

La reprise du grand succès de 1985, The Sweetest Taboo, de Sade, n’a toutefois pas permis de faire oublier la version originale. Le spectacle s’est alors fait plus méditatif, avec l’enchaînement de Pneumatique noir, N’attends pas mon sourire et Viaduc.

In your body, «groovy» à souhait, a remis le spectacle sur les rails de la fête, avant que la chanteuse comble ses fans avec les incontournables Je veux tout et Réverbère.

Le programme officiel s’est terminé sous une note techno endiablée, qui a vu se fondre dans un bel enchaînement O.N.O et Miami, alors que la chanteuse a transformé L’Impérial en une immense piste de danse.

Un tonnerre d’applaudissements l’a ramenée en rappel, seule à son clavier, pour interpréter deux demandes spéciales, Imparfait et Terminus, accueillies dans un silence religieux.

Ariane Moffatt

Les louanges

Le party n’a pas tardé à reprendre ensuite, alors que Vincent Roberge, de son nom de scène Les Louanges, qui assurait la première partie, a fait équipe avec elle pour Point de mire. Un beau moment de complicité. Comme Marc Déry l’avait fait au début de sa carrière pour elle, Ariane a pris sous son aile le jeune chanteur de Lévis. «Il a une belle voix c’t’enfant-là», a-t-elle laissé tomber, sous le charme.

Roberge s’était acquitté de mettre la table de belle façon, en lever de rideau, flanqué de trois musiciens. Natif comme Ariane Moffatt de la Rive-Sud, l’artiste de 23 ans a livré, tuque orange vissée sur la tête, des morceaux de son premier album, le ludique La nuit est une panthère.

«C’est toujours le fun de revenir dans le 418», a-t-il lancé, rappelant que sa dernière prestation avait eu lieu au sous-sol du Cercle, à deux pas de L’Impérial. L’ancien musicien de rue a pris un plaisir évident à chiller pendant trois-quarts d’heure, dans un franglais assumé, clôturant son passage par la chanson Tercel, hommage à Lévis, sa ville natale.

La foule a été mise à contribution pour Debout (tirée de l’album 22h22) et Cyborg, servie devant un parterre de cellulaires allumées.