Le jeune Simon Kearney a lancé vendredi soir, à Québec, son deuxième album intitulé Maison ouverte.

Simon Kearney: les copains d'abord

Le rendez-vous avec Simon Kearney avait été fixé rue Saint-Anselme, dans le quartier Saint-Roch, à l’appartement de deux amis qui donnent le titre à son album Maison ouverte. L’endroit, où règne une ambiance de vivre et laisser vivre, a connu son lot de soirées festives. «C’est ici qu’on va faire l’after party du lancement», lance le chanteur de 22 ans.

Le lancement de cet album, réalisé par Marc Chartrain, un collaborateur de Daniel Bélanger et de Patrice Michaud, aura lieu samedi, à Québec, et lundi à Montréal, au Ministère. Parents et amis sont attendus pour entendre les nouvelles chansons du jeune auteur-compositeur-interprète originaire de L’Ancienne-Lorette. Cet effort, sortie quatre ans après La vie en mauve, fait la part belle à une sonorité «pop’n’roll» des années 80 et 90, avec ligne de basses audacieuses, guitares hautes en groove, appuyée par des textes à haute teneur en autodérision et en ironie. En font foi des titres comme Mes pants (avec une vidéo où il apparaît dans le plus simple appareil…) ou Mon chien est mort (prétexte à une réflexion sur son avenir).

Le gros rock, très peu pour lui. «Je ne suis pas un rocker, glisse le chanteur. C’est lourd. Je ne fitte pas dans ce genre-là.»

«J’aime à dire que Maison ouverte est mon premier album comme artiste», poursuit-il, assis au milieu du salon, où vont et viennent ses potes. «Pour La vie en mauve, j’étais dans ma crise d’adolescence. Je jouais de la grosse guitare et j’étais un p’tit peu plus enragé. À cet âge-là, tu ne comprends pas vraiment la game. Maintenant, je suis plus en contrôle de mes moyens. C’est un album où je me fais plaisir et où je voulais faire plaisir à mes chums.»

L’amour est un piège

La pochette illustre d’ailleurs bien l’importance qu’il accorde à l’amitié. Dans un stationnement d’un magasin à grande surface, à Trois-Rivières, Simon pousse un panier d’épicerie dans lequel prend place un de ses copains. S’il n’avait pas vu la symbolique au départ, elle lui apparaît plus clair aujourd’hui. «Je soutiens mon chum, je le pousse dans le panier. Ça pourrait aussi être moi dedans et c’est lui qui me pousserait.»

Le jeune musicien se plaît aussi à parler d’amour, celui qui fait mal, à travers l’envoûtante Câline : «L’amour est un piège, câline/ Câline qu’on est con/ Câline qu’on a raison d’aller jusqu’au bout». La chanson n’est pas loin d’être sa préférée de l’album. «C’est une bonne toune d’amour. Y’en a quelques-unes qui vont se reconnaître, même une en particulier...» lance le chanteur, suscitant l’hilarité autour de lui.

Le jeune artiste a attrapé très jeune la piqûre pour la musique. «Mes parents ne sont pas musiciens, mais ils ont vu que je tripais. Ils m’ont acheté un accordéon. J’étais full content. J’aimais les sons. À 3 ans, j’ai commencé le piano, à 5 ans, la guitare. Ils m’ont inscrit dans des clubs de sport, mais je ne voulais rien savoir. Au soccer, j’étais assis dans les buts et je jouais de l’air guitar...»

Après avoir accompagné Pascale Picard, Vincent Vallières et Patrice Michaud dans les dernières années, ce grand fan de Beck et Bruno Mars savoure la satisfaction d’avoir mené à bon port ce deuxiè­me CD fabriqué dans un esprit de liberté totale. Et pour lui, l’avenir c’est maintenant, c’est continuer à en avoir du plaisir, à faire sa musique avec et pour ses amis, en toute insouciance, entre la maison ouverte de la rue Saint-Anselme, son appartement à Montréal et son chalet de l’île d’Orléans, un autre haut lieu de festivités et d’inspiration.