L’Orchestre symphonique de Québec (OSQ) se produira mercredi soir pour la première fois en public depuis le début de la pandémie de COVID-19 sous la direction de Nicolas Ellis.
L’Orchestre symphonique de Québec (OSQ) se produira mercredi soir pour la première fois en public depuis le début de la pandémie de COVID-19 sous la direction de Nicolas Ellis.

OSQ: la musique d’abord

Emmanuel Bernier
Collaboration spéciale
L’Orchestre symphonique de Québec (OSQ) se produira mercredi soir pour la première fois en public depuis le début de la pandémie de COVID-19 sous la direction de Nicolas Ellis.

L’administration de l’orchestre n’attendait que le feu vert de la Santé publique pour se produire devant un public en chair et en os. «En passant à 250 personnes, précise la présidente-directrice générale de l’orchestre Astrid Chouinard, cela nous permet d’avoir 175 personnes dans la salle», puisqu’il faut inclure les musiciens et le personnel de la salle dans le total permis par les autorités. «C’est la première fois que le Grand Théâtre accueille du public à nouveau dans la salle Louis-Fréchette. C’est un événement important pour nous, mais également pour le milieu culturel de Québec. Nous sommes vraiment en mode “reprise”», ajoute-t-elle.

La réponse du public, qui aurait pu se montrer réticent à l’idée de retourner dans une salle de concert après des mois de pandémie, restait la grande inconnue pour l’équipe de l’OSQ, mais les billets ont trouvé preneurs en quelque 24 heures. Mme Chouinard estime «que c’est assez encourageant pour la suite des choses», notamment pour les prochains concerts qui seront dévoilés prochainement.

Programme dicté par le contexte

Quant aux choix du programme, il reste dicté par le contexte. Les symphonies de Mahler et Bruckner, dont la généreuse orchestration est difficilement compatible avec une distanciation de deux mètres entre les musiciens, vont probablement rester un certain temps dans les placards. Le répertoire choisi pour le concert de ce soir privilégie donc des œuvres plus chambristes comme l’Ouverture pour vents de Mendelssohn et la Sérénade pour orchestre à cordes de Tchaïkovski, qui permettront à tous les membres de l’ensemble d’être sur scène à un moment ou un autre de la soirée. La pdg considère qu’il y a également «un intérêt artistique» évident pour les musiciens à jouer ces partitions qui sont rarement au programme des sociétés de concert.

Astrid Chouinard s’estime «chanceuse» de pouvoir compter sur le talent du chef Nicolas Ellis pour ce concert. Après avoir travaillé quelques semaines dans des serres dans son Saguenay natal, le jeune musicien, qui a déjà été assistant du directeur sortant de l’orchestre Fabien Gabel, a ressorti sa baguette il y a quelques semaines pour diriger l’OSQ lors de deux rendez-vous diffusés en direct sur le Web, ainsi que son Orchestre de l’Agora, à Montréal, pour un concert en hommage au personnel du milieu de la santé.

Un choix bousculé

La pandémie a également bousculé le processus devant mener au choix du prochain directeur musical. Certains des chefs qui devaient venir diriger cet automne étaient des candidats pour la succession de Fabien Gabel, mais ne pourront finalement pas être entendus avant 2021… Mme Chouinard ne se décourage pas pour autant, car même en temps normal, «c’est vraiment un processus qui est long […] Ce n’est pas quelque chose qui se fait en six mois». M. Gabel, qui «reste très proche de l’orchestre», devrait en outre — si tout va bien — s’occuper de quatre programmes durant l’année. Et les circonstances ont également cela de bon qu’elles permettent de braquer encore plus les projecteurs sur les talents québécois et canadiens. «Nous sommes très choyés, se réjouit la directrice. Nous avons l’embarras du choix au Québec et au Canada! Ce n’est pas dramatique, parce que nous avons tellement d’artistes de calibre international. Cela ne nous empêche donc pas de faire une programmation de très grande qualité.»