Nathalie Simard s’est présentée sur la scène de la salle Albert-Rousseau avec l’air de celle qui a retrouvé la lumière après en avoir bavé.

Nathalie Simard: réconfort et nostalgie

CRITIQUE / Du réconfort. Voilà ce que Nathalie Simard semble vouloir offrir avec son spectacle retrouvailles «L’amour a pris son temps». À ses fans et aussi à elle-même... Une sorte de bouillon de poulet musical pour l’âme, en somme. Il faut certes aimer le bouillon de poulet pour y trouver son compte, mais ils étaient visiblement nombreux à en être friands, mardi, à la salle Albert-Rousseau.

Pas trop loin d’où elle est née, la blonde chanteuse s’est arrêtée dans la capitale avec un tour de chant varié et nostalgique, fait de ses vieux succès radio et de reprises puisées dans le répertoire de Boule Noire, Whitney Houston, Jacques Michel, Melissa Etheridge, Prince et on en passe, dont un medley de chansons françaises interprété en première partie et un autre de titres disco gardé pour repartir la machine après l’entracte. 

Nous avons été prévenus très tôt que La danse des canards ne figurait pas au programme. «On n’est pas dans un mariage, on est dans un party. Et vous le savez, les canards sont partis dans le Sud», a justifié Nathalie Simard, qui n’a quand même pas boudé ses hits pour les tout-petits en fin de parcours. «Avant d’aller faire dodo, on va dorloter notre cœur d’enfant», a-t-elle annoncé avant de rouvrir la boîte à souvenirs en projetant le générique d’ouverture du Village de Nathalie. Au cœur du pot-pourri figuraient entre autres les thèmes musicaux des dessins animés Goldorak et Maya l’abeille (qui a même fait une apparition sur scène). L’hymne de La guerre des tuques, L’amour a pris son temps, a bien sûr été gardé pour dessert. 

La revanche de Nathalie

À bien des égards, ce nouveau spectacle Nathalie Simard prend des allures de revanche. Si elle célèbre 40 ans de carrière, la chanteuse admet qu’elle s’est souvent tenue loin des projecteurs au fil de ces décennies. «Mais c’était pour mieux vous revenir», a souligné celle qui a fêté ses 50 ans cette année, en plus d’afficher fièrement une importante perte de poids. 

La chanteuse se présente sur scène avec l’air de celle qui a retrouvé la lumière après en avoir bavé. Et elle se paye la traite. Avec ses multiples changements de costumes; avec le solide groupe qui l’accompagne, sous la direction de Jean Fernand Girard; avec cette volonté de savourer ce retour sur les planches, de jouer les rock stars et de partager sa gratitude à profusion. Disons qu’il n’y a pas que l’amour qui a pris son temps, mardi soir...

On pourrait reprocher à Nathalie Simard de trop longues interventions qui ralentissent indûment la machine. On pourrait noter que la voix perd parfois quelques nuances. On peut interroger la pertinence de ces projections aux airs d’écrans de veille. Mais on peut aussi présumer que les fans présents dans la salle n’ont cure de ces considérations (ou du moins les pardonnent). 

Nathalie Simard a été accueillie dans une grosse dose d’amour par un public qui était là pour partager un moment avec elle. Des gens plus âgés qui l’ont vue grandir depuis ses publicités de p’tit poudings, d’autres qui ont poussé en regardant Le village de Nathalie ou écoutant en boucle le disque Mes amis les Câlinours. Elle le leur a rendu avec cœur. 

Même avant l’hommage en mode cantatrice qu’elle rend à ses parents ou l’arrivée sur scène de sa fille Ève — qui a chanté en duo avec sa mère en plus d’offrir Somewhere Over the Rainbow en solo —, il régnait déjà une ambiance familiale chez Nathalie Simard.