Directeur général de La Noce, Fred Poulin apprécie les échanges menés avec ses collègues depuis le début de la pandémie. Ces interactions ont mené à la création du Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants, un organisme aussi connu sous le nom de REFRAIN.
Directeur général de La Noce, Fred Poulin apprécie les échanges menés avec ses collègues depuis le début de la pandémie. Ces interactions ont mené à la création du Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants, un organisme aussi connu sous le nom de REFRAIN.

Les festivals indépendants se regroupent

Né dans la foulée de la pandémie, alors que tant d’organisations ont été plongées dans une crise existentielle, incapables de planifier au-delà du jour suivant, le Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN) ne sera pas que l’affaire d’une saison. Officialisée aujourd’hui, sa création fait miroiter trop d’avantages pour qu’il s’agisse d’une créature éphémère.

Directeur général de La Noce, un événement qui aurait dû être présenté pour une quatrième fois cet été au centre-ville de Chicoutimi, Fred Poulin n’a pas mis de temps à en percevoir les bienfaits. Dès les premiers échanges avec ses collègues oeuvrant dans 15 régions du Québec, il a constaté à quel point leurs réalités se recoupaient.

«C’est une belle affaire qui a vu le jour à cause de la COVID. Quand chaque festival s’est retrouvé seul face à ses enjeux, on a commencé à se parler. C’est parti d’un réflexe de camaraderie avant de monter à 45 membres. On trouvait qu’on n’était pas représentés et on s’est dit qu’en groupe, il y aurait plus de chances que le gouvernement réponde à nos questions», a raconté le promoteur au Quotidien.

Bien sûr, la pandémie demeure un sujet brûlant. Même au-delà du 31 août, personne ne sait quelles seront les règles du jeu. C’est pourquoi le REFRAIN constituera un précieux outil pour les organisations trop petites pour faire partie du Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI).

«On veut que les festivals indépendants soient pris en compte dans la relance. Ça va prendre de l’aide, par exemple si, en 2021, on ne peut opérer qu’à 75% de notre capacité. Nous défendrons nos intérêts comme le fait le RÉMI parce que nous aussi, on amène beaucoup de monde», fait valoir Fred Poulin.

Il y aura donc une forme de lobbying, mais il insiste sur l’autre dimension du REFRAIN. «L’idée, ce n’est pas de chialer. Nous voulons être présents afin d’apporter des idées nouvelles, faire avancer les choses, être constructifs, indique le promoteur. C’est ainsi que dans les derniers mois, j’ai aimé l’entraide, le partage, qui se sont manifestés au sein de nos organisations. Même si nous évoluons dans un contexte de compétition, ça nous a permis de gérer la crise.»

Pas de petits sujets
La pérennité évoquée plus haut s’appuiera sur cette complicité naissante. Les discussions menées sur fond de pandémie transcendent en effet les circonstances actuelles. Certains dossiers comme la billetterie, la sécurité et les assurances, voire la location de toilettes chimiques, ont donné lieu à des discussions éclairantes. Il n’y a pas de petits sujets, quand on opère avec des ressources limitées.

Même le calendrier des événements, une question majeure dans un pays où les belles fins de semaine sont plus rares que les jours de tempête, pourra figurer sur l’écran radar. C’est déjà le cas sur le territoire de la ville de Saguenay. «Nous allons aussi parler de programmation», laisse entrevoir Fred Poulin.

Précisons qu’au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le REFRAIN regroupe également le Festival jazz et blues de Saguenay. L’effort de recrutement n’est cependant pas terminé. Maintenant que l’organisme a officialisé son existence, une nouvelle phase s’ouvrira et, du point de vue du promoteur, ce sera tout un bénéfice pour les adhérents.

«Moi, si j’étais resté seul face aux annulations, j’aurais capoté. En revanche, parler aux autres, voir ce que chacun vit, ce que chacun fait pour s’en sortir, ça m’a aidé», rapporte Fred Poulin.