François Gagnon, Isabeau Valois et Luke Dawson, du groupe Les Chercheurs d’or, lancent leur album «Caballero» jeudi soir, à la chapelle des Jésuites, dans le Vieux-Québec.

Les chercheurs d’or: haro sur les dérives virtuelles

Ils se sont baptisés Les chercheurs d’or, mais ce n’est pas toujours sur les réseaux sociaux qu’ils découvrent des pépites. Exaspérés de cet univers virtuel «où tout le monde se fait bardasser», Isabeau Valois, François Gagnon et Luke Dawson tentent d’amener une autre vision des rapports humains, autrement plus civilisée, avec leur album concept «Caballero».

En langue espagnole, le caballero est un cavalier doublé d’un gentleman dans le sens le plus pur du mot. Pour le trio de musiciens originaires de Québec, ce personnage est utilisé comme symbole de la bienveillance comme rempart à l’intimidation et à la peur de l’autre.

«On ne veut pas dire au monde quoi penser et tomber dans le prêchi-prêcha. C’est davantage une critique sociale (du phénomène) avec toutes ces opinions écrites sur un coin de bureau et qu’on se permet de semer à tous vents», explique François Gagnon.

Les chercheurs d'or forment un groupe depuis 2004.

À ses côtés, dans le magnifique décor de la chapelle des Jésuites, à un jet de pierre de la Porte Kent, ses collègues opinent du bonnet. «La façon dont les gens se servent des médias sociaux, ça crée un malaise», lance Isabeau. «Ça change notre façon de communiquer avec l’autre, renchérit Luke. Tu peux maintenant aborder quelqu’un sans avoir appris à le connaître.»

Caballero pose un «regard personnel» sur l’état des lieux à l’ère du clavardage agressif et des trolls. À la façon d’un western, l’album décline un générique instrumental d’ouverture et de fin, entrecoupé de cinq chansons aux sonorités diverses. Du folk country au garage rock, en passant par la pop acoustique et le psyché-folk, le parcours du cavalier obscur évolue «entre pessimisme et espoir de changement». Au gré des chansons Voyous, Les chiens et Laissez faire, la formation dénonce la montée des «réactionnaires et des polémistes» et brosse «un portrait peu reluisant des affres de l’intimidation et de l’intolérance».

Approche intuitive

Les trois amis ont pris du bon temps à enregistrer l’album, au studio La Strip de Québec, dans une ambiance relax où chacun a pu donner libre cours à ses talents. François a joué de la basse pour la première fois depuis longtemps.

Les membres des Chercheurs d’or, photographiés dans le hall d'entrée de la chapelle des Jésuites.

«Notre album précédent (Apollo, 2017) était très électrique, confie-t-il. Celui-ci est davantage dans une formule psychédélique, moins pop facile.»

«On a chanté tous les trois en back vocals pour la première fois, ajoute Isabeau. Ça s’est fait de façon intuitive. On n’a rien forcé, c’est sorti comme ça. On a pris nos guitares et nos banjos et c’est ce que ça donne. On expérimente tout le temps»

Harmonie de base

François Gagnon et Isabeau Valois étaient déjà des compagnons de scène lorsque Luke Dawson s’est joint à eux, en 2004. À l’époque, le band comptait aussi Marie-Andrée Gaudet et Simon Pelletier-Gilbert dans ses rangs. «Notre bassiste s’était blessé. On a tout de suite pensé à Luke. Le groupe est vraiment devenu meilleur quand il est arrivé. Il a nous a donné l’harmonie de base qui nous manquait», note François. Depuis, le groupe a roulé sa bosse avec plus de 600 concerts au Québec, aux États-Unis et dans cinq pays européens.

François Gagnon, Isabeau Valois et Luke Dawson, de la formation Les Chercheurs d'or, originaire de Québec.

Parents d’une marmaille dont l’âge varie entre 3 et 17 ans, les trois musiciens se félicitent de pouvoir lancer leur album dans un lieu aussi inspirant que la chapelle des Jésuites. Ils ont même obtenu l’autorisation d’offrir de la bière de microbrasserie pour l’occasion. «On voulait aussi de la place pour que les enfants puissent courir...», termine Isabeau.

Le lancement de l’album Caballero a lieu jeudi, à 19h, à la chapelle des Jésuites (rue Dauphine). L’entrée est gratuite. Le groupe sera aussi en spectacle vendredi, à l’Auberge des Balcons de Baie-Saint-Paul.