LP a livré une prestation électrisante qui a mis en vitrine les différentes nuances de sa production musicale ainsi que sa polyvalence au micro : entre costaudes envolées et vocalises vertigineuses.

La tempête LP!

CRITIQUE / S’il y avait une tempête hivernale qui se dirigeait vers Québec mardi soir, les spectateurs réunis à l’Impérial n’en avaient cure. Nul besoin de se préoccuper de ce qui se passait dehors, nous avions notre propre force de la nature à notre disposition en la personne de LP. Un charisme du tonnerre, une voix qui décoiffe, une performeuse branchée sur le 220 : l’Américaine a fait déferler sur ses fans une réjouissante bordée de décibels. En bonus, rien à pelleter… Du moins, pour l’instant!

À entendre le public scander ses initiales, elle était attendue, Laura Pergolizzi. Le théâtre de la rue Saint-Joseph affichait d’ailleurs complet pour l’occasion. Pas trop bavarde, l’androgyne auteure-­compositrice-interprète n’a pas tenu sa foule pour acquise pour autant, prenant souvent la peine de serrer des mains en première rangée. Elle a livré une prestation électrisante qui a fait la part belle à son récent album Heart to Mouth, mais qui a surtout mis en vitrine les différentes nuances de sa production musicale ainsi que sa polyvalence au micro : entre costaudes envolées et vocalises vertigineuses. 

Au chapitre dansant, LP a notamment fait sautiller le parterre avec When We’re High en début de parcours, puis a bouclé la boucle avec de solides Shaken et Special balancées alors qu’on approchait dangereusement de la fin. Entre les deux, la chanteuse n’a jamais laissé le niveau d’énergie baisser. Vous voulez du rock? Elle en a offert un échantillon pas piqué des vers en enchaînant coup sur coup sa propre House on Fire à un hommage à Paint it Black des Rolling Stones. Et au chapitre de la ballade en mode puissance, difficile de trouver mieux que cette Dreamer qui ne tolère aucun compromis ou cette intense Recovery, reprise en chœur par la foule.

Alors qu’on aurait certainement aimé voir la soirée se prolonger — et comme toute bonne chose a une fin —, LP est revenue en rappel avec la très belle Tokyo Sunrise et, il fallait s’y attendre, le méga­succès Lost on You entonné en guise d’adieu, dans un bain de foule et ce qui ressemblait drôlement à une communion entre une artiste et ses fans. Pas de doute, la tempête LP a été belle. Restait à espérer que celle qui nous attendait dehors ne serait pas trop vilaine!

Lauren Ruth Ward

En début de soirée, on aurait pris davantage de la proposition racée de l’Américaine Lauren Ruth Ward. Une voix souple et forte, une présence magnétique et éminemment sympathique, la chanteuse originaire de Baltimore qui roule désormais sa bosse en Californie n’en est visiblement pas à ses premières planches. Seule avec son guitariste — et accessoirement percussionniste — elle était déjà bien en voie de mettre le public de l’Impérial dans sa poche lorsqu’elle a convié sur scène la vedette de la soirée. Dommage que le micro de LP n’ait pas permis d’apprécier pleinement le duo. C’est l’intention qui compte, dit-on. Et on ne perdait rien pour attendre de toute façon!