La petite affaire allait réunir des artistes comme les Cowboys Fringants avec un maximum de 50 spectateurs.
La petite affaire allait réunir des artistes comme les Cowboys Fringants avec un maximum de 50 spectateurs.

La série de spectacles du Festif! n’aura pas lieu

Le Festif! est forcé d’annuler la tenue de ses huit concerts intimistes baptisés La petite affaire, en raison de nouvelles consignes de la Santé publique. Devant se tenir du 24 au 25 juillet, le festival écope en raison de débordements et non-respect de directives sanitaires, notamment dans des bars, ailleurs au Québec.

Malgré un été pauvre en activités culturelles, le Festif! a tenté de renverser la vapeur en proposant une série de concerts intimistes, qui respectent les normes sanitaires. La petite affaire allait réunir des artistes comme les Cowboys Fringants, les Trois Accords ou encore Patrick Watson, avec un maximum de 50 spectateurs. Mais c’était sans compter le non-respect de consignes la semaine dernière dans des bars au Québec, qui a forcé la Santé publique à resserrer la vis sur les rassemblements et festivals. «Depuis, tout est sur le brake à bras», estime le porte-parole du Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN), Patrick Kearney.

Résultat, La petite affaire est annulée, au grand dam des admirateurs et des organisateurs. «Le spectacle des Cowboys Fringants devait se tenir autour d’un feu de camp et celui de Patrick Watson au fond d’un bois, dévoile Patrick Kearney. L’équipe du Festif! a été intelligente et a décidé de jouer le livre des règlements de la Santé publique dès le départ, mais ça a quand même été annulé.» 

«L’incohérence» de la Santé publique

Selon la Santé publique, La petite affaire est considérée comme un festival et c’est ce qui justifie son annulation, puisque les festivals sont interdits jusqu’au 31 août au Québec. Pourtant, l’équipe d’organisation a tenté de trouver des solutions alternatives, notamment en proposant des lieux différents pour chaque spectacle, sur deux jours et en petit comité.

Le REFRAIN dénonce la décision de la Santé publique, par l’entremise de son porte-parole. «Une municipalité pourrait organiser le même événement, mais qui ne serait pas considéré comme un festival, car il proviendrait de la municipalité, et donc le tenir, affirme Patrick Kearney. Quels sont exactement les critères ? C’est quoi un festival ?»

L’organisme, qui regroupe une cinquantaine de festivals, regrette «l’incohérence» de l’argumentaire du côté de la Santé publique et un manque de transparence.


« Tu peux être 150 dans un bar, mais pas 50 dans un festival. Il faut qu’il y ait un dialogue et qu’on écoute nos idées. On ne nie pas les enjeux, mais on veut trouver des solutions »
Patrick Kearney, porte-parole du REFRAIN

Selon lui, alors que le déconfinement s’opère dans de nombreux secteurs, celui des festivals est le dernier considéré. «On attendait patiemment sur le bout du banc, comme le dernier joueur qu’on choisit dans une équipe, puis c’est nous qui écopons», poursuit le porte-parole du REFRAIN.

Le Festif! part en vacances

Dans une publication Facebook, l’équipe du Festif! se dit «brûlée tight» et qu’elle mérite «de manger de la crème glacée les pieds dans l’eau pour quelque temps», autrement dit, de partir en vacances. L’organisation dit cependant accepter cette décision de la Santé publique.

Patrick Kearney, qui habite Sainte-Thérèse tout comme le Dr Horracio Arruda, souhaiterait le rencontrer. «Je l’attends pour jaser des festivals autour d’un café», indique-t-il.

Malgré cette annulation, le Festif! aura assuré plus d’une soixantaine de concerts aux portes des citoyens de Baie-Saint-Paul, une douzaine d’expériences d’écoute et une tournée musicale dans plusieurs CHSLD du Québec.