La formation AUTOMAT
La formation AUTOMAT

La crise vue par... la formation AUTOMAT

La pandémie de la COVID-19 a durement secoué la communauté artistique. Tout comme plein de leurs concitoyens, chanteurs, dramaturges, auteurs et compagnie ont vu leurs vies bouleversées. Les journalistes des six coopératives ont eu le goût de savoir ce que la situation changeait dans leur pratique, leur quotidien, mais aussi ce que la crise suscitait comme réflexion. Certains nous en ont parlé, d’autres ont pris la plume pour vous en faire part. Aujourd’hui, au tour de la formation de Québec AUTOMAT, dont les membres se sont prononcés par courriel.

Mathieu Bouchard, chanteur

«Je suis peut-être bizarre, mais j’essaie de voir cette situation de façon positive. J’ai l’impression que plus que jamais, les artistes ont une importance majeure dans la société. Présentement, nous avons besoin de chansons positives qui vont motiver les gens à passer au travers. C’est exactement ce que nous proposons comme style d’écriture.

Je ne suis pas naïf. Cette crise aura un impact important sur le monde et dans la vie de chaque individu. Comme tout le monde, je vais faire du mieux que je peux pour faire ma part et trouver des solutions pour qu’on en sorte gagnant collectivement. Heureusement, nous avons enregistré quelques chansons avant le confinement et elles devraient sortir dans les prochaines semaines. Elles pourront, je l’espère, apporter un peu de bonheur aux gens. Il ne faut pas lâcher!»

Samuel Paquin, guitariste

«De mon côté, le confinement se passe plutôt bien. J’ai la chance de pouvoir travailler de la maison à 100 %, donc heureusement, aucun impact financier. Par contre, socialement, je trouve ça difficile de ne pas pouvoir voir mon monde. Toutes ces libertés qu’on tenait pour acquises sont temporairement suspendues et ça remet les choses en perspective. Je crois que nous en sortirons tous plus forts et que nous apprécierons davantage les petits plaisirs de la vie une fois cette tempête terminée.»

Maxime Chouinard, bassiste

«Pendant mon confinement, une partie de Monopoly traîne en permanence sur la table. Les enfants et leur mère se sont mis à trois contre moi, pourtant je gagne quand même. Je chasse les repas avant de prendre le temps de leur cuisiner ce que nous dégustons devant le film de fin de soirée comme un pique-nique dans le salon. Nous avons réformé le cursus scolaire et les enfants ont droit à des cours de rythme, d’art dramatique et de photo artistique. Le temps ne manque plus. Les petites choses prennent tout leur sens.»

Dave Vézina, batteur

«Dave Vézina a plusieurs cordes à son arc, comme ses comparses d’ailleurs. Il est également DJ et animateur en plus de jouer au professeur en enseignant les bases du DJiing à quelques jeunes hommes, tout comme les rudiments de la batterie.

Pendant le confinement que la crise nous force tous à exécuter, le prof en herbe fait de petits suivis avec ses élèves, question qu’ils n’abandonnent pas la discipline de pratiquer les leçons qu’il leur a laissées aux derniers cours. Il reçoit même des vidéos envoyées par leurs parents démontrant de beaux progrès. Donc Dave ne fait que s’en réjouir!

Sinon il fait pareil avec ses élèves du côté DJ et Dave Vézina, alias DJ David Nuke, nous apprend que les DJ assidus à la recherche de nouveautés musicales peuvent télécharger jusqu’à une centaine de morceaux par mois. Cela force à avoir énormément de temps pour classer, mixer, rééditer, créer de nouvelles playlists, remanipuler, voire faire un ménage des chansons moins jouées. […] Ça occupe les journées amplement, mais il s’ennuie énormément des événements DJ du samedi soir. [...] Le contact humain lui manque beaucoup.

Heureusement, il détient un emploi plus stable dans le domaine de l’alimentation qui l’occupe tous les avant-midis. C’est bon pour son moral. En plus, ce travail lui permet de compenser ses pertes du côté DJ et de joindre les deux bouts en laissant aux autres les aides gouvernementales offertes et en lui donnant bonne conscience sociale.»