Jonathan Roy a souligné cette semaine qu’il dépassait le cap des 100 000 abonnés sur sa chaîne YouTube.
Jonathan Roy a souligné cette semaine qu’il dépassait le cap des 100 000 abonnés sur sa chaîne YouTube.

Jonathan Roy, de la musique et de la route

Léa Martin
Léa Martin
Le Soleil
Jonathan Roy a souligné cette semaine qu’il dépassait le cap des 100 000 abonnés sur sa chaîne YouTube. Pour l’occasion, il a reçu le «Trophée de créateur Argent». Le Soleil s’est entretenu avec lui sur cette distinction bien spéciale, mais aussi simplement pour prendre des nouvelles. 

«Je trouve ça un peu spécial, parce que c’est nouveau pour moi les réseaux sociaux», dit-il en parlant de cette plaque argentée qui lui a été envoyée par le géant américain d’hébergement de vidéos en ligne. «Voir que 100 000 personnes d’à travers le monde apprécient ma musique sur YouTube, ça me touche très fort», ajoute-t-il. 

Quand on va sur sa chaîne YouTube, on peut lire des centaines de commentaires de gens inspirés par sa musique. En particulier, la chanson Keeping Me Alive est venue toucher au cœur ses admirateurs, qui lui écrivent des messages touchants et parfois très personnels. «C’est la raison pour laquelle je fais de la musique : pour m’aider et pour aider les autres», confie-t-il. 

Le 27 août prochain, le musicien débutera un road trip de Montréal jusqu’à Vancouver : une retraite d’écriture pour finir son prochain album aux côtés du réalisateur Brian Howes (Mother Mother, Boys Like Girls). 

«J’ai fait pas mal tous les États-Unis et je n’avais jamais pris le temps de faire le Canada comme il faut», dit-il, malgré ses quelques tournées à travers le pays. Il part en véhicule récréatif (VR) avec sa femme et deux de ses amis. Tout au long de son périple, il compte offrir une performance musicale chaque soir sur ses réseaux sociaux. Une façon de faire profiter le public des paysages surprenants du Canada. 

Voler de ses propres ailes

Après sept ans de collaboration avec Corey Hart, Jonathan Roy a pris son envol. 

«J’ai eu une expérience incroyable. Il m’a vraiment pris sous son aile et m’a appris énormément. Je ne serais pas rendu où j’en suis aujourd’hui sans lui», indique-t-il. Si la séparation a été difficile, il ne lui souhaite que du bonheur et garde énormément d’admiration pour son mentor, qui l’a fait grandir comme artiste, mais aussi comme humain. «On a pris nos distances, c’est comme ça, note-t-il. On a eu de la peine les deux à travers tout ça. Ce n’est jamais facile de se séparer, mais je sais que l’on se souhaite le meilleur.» 

Jonathan Roy a donc décidé d’autoproduire ce prochain album avec plus de compositions originales que dans le passé. Très reconnaissant du succès que lui a procuré la chanson Daniella Denmark, écrite par Corey Hart (et qui approche 1,4 million de vues sur YouTube), il veut maintenant faire les choses de ses propres mains.

Le succès de Keeping Me Alive lui confirme que quand la musique vient de ses tripes, elle est honnête et ça touche encore plus les gens. «Maintenant, c’est le temps que je reprenne le contrôle de mes affaires et que je revienne à ce que je faisais dans le temps», ajoute-t-il. 

Moins nomade

Ce n’est pas la première fois que Jonathan Roy prend le large en VR. Il l’avait déjà fait une première fois en 2018 : il s’était rendu jusqu’à Los Angeles, où il a travaillé avec Brian Howes et Jay Van Poederooyen, des Canadiens installés là-bas. Un voyage qui lui a inspiré, entre autres, la chanson Lights of Los Angeles.

Cet amour de la vie nomade vient de sa grand-mère. «Un jour, elle m’avait dit : “on va faire le tour de la Gaspésie tout le monde ensemble en VR”», raconte-t-il en riant. Ces dernières années, il a découvert le monde seul ou avec sa femme, mais il compte encore faire ce voyage avec cette figure qui est si importante dans sa vie. 

S’il reprend la route dans quelques jours, Jonathan Roy a troqué la fourgonnette pour une maison dans les Laurentides depuis quelque temps. Au départ, c’est sa femme qui souhaitait avoir un pied-à-terre plus stable, mais au final, il s’est bien fait à la vie plus sédentaire.

C’est également sa grand-mère qui lui a donné la piqûre de la vie à la ferme. «J’avais envie d’avoir un chez-moi tranquille, dans le bois, avec mes chiens et la ferme», explique-t-il. Le matin, il se lève pour nourrir les poules, son cochon et ses chiens avant d’aller créer dans son petit cabanon dans la forêt. Quand il a le temps, il s’adonne aussi à l’escalade près de chez lui. 

Finalement, la pandémie n’aura pas trop chamboulé ses habitudes, mais il avoue que la scène lui manque beaucoup. «J’ai réalisé à quel point le monde est fragile et que ça peut déraper assez facilement, philosophe-t-il. Je pense que la connexion humaine est importante et j’ai hâte de retourner faire des spectacles. Ça me gruge.»

Après un bon moment sans s’être produit sur scène, il devait participer au Festival d’été de Québec et partir en tournée. Coincé à la maison, il s’est consacré à la rénovation de sa nouvelle demeure. «J’ai quand même hâte que tout revienne à la normale pour que je reparte sur la route pour faire de la musique.»

Cela fait maintenant plus de 10 ans que Jonathan Roy a quitté le monde du sport pour celui de la musique.

La vie après le hockey

Cela fait maintenant plus de 10 ans que Jonathan Roy a quitté le monde du sport pour celui de la musique. Fils de l’ancien gardien étoile de la Ligue nationale de hockey (LNH) Patrick Roy, il était gardien de but pour les Remparts de Québec. 

«Le hockey m’a appris à être confortable devant les gens, dit-il. À Québec, on jouait devant des milliers de personnes chaque soir. Ça m’a aussi rendu travaillant et ça m’a appris à ne rien tenir pour acquis.» 

En 2008, sa carrière sportive a pris un tout autre tournant alors que pendant une bagarre générale, il a traversé la patinoire pour rouer de coups le gardien de but des Saguenéens de Chicoutimi, Bobby Nadeau. Accusé de voies de fait simple, Jonathan Roy a plaidé coupable et s’est vu accorder une absolution inconditionnelle devant la Cour du Québec.

«Je vois ça comme un moment de ma vie qui a été difficile, mais qui m’a énormément fait grandir», reconnaît-il avec le recul. 

Aujourd’hui, l’homme de 31 ans s’est complètement trouvé dans la musique et s’est ouvert aux autres comme jamais. «Dans le temps, avec ce qu’on vivait avec le retour de mon père au Québec, on avait appris à ne pas en dire trop sur notre famille, sur notre vie, explique-t-il. Depuis deux ou trois ans, je suis devenu un livre ouvert. J’ai pas mal tout dit sur mes voyages, ma vie à la ferme.» 

Ah! Peut-être une chose que vous ne savez pas encore sur lui. Depuis son adolescence, Jonathan Roy se considère comme un gamer. Son nouveau passe-temps : les jeux en réalité virtuelle...